CYCLES

CYCLE LARRY COHEN - L’Ambulance (1990)

30 juin 2013 | Par : Damien Taymans

A l’occasion de la rétrospective que lui offre le festival de Neuchâtel, Cinemafantastique se replonge avec délectation dans la carrière de Larry Cohen...

Le corbillard garé sur le bas-côté (Ma Belle-mère est une sorcière), Larry Cohen s’installe, les mains gantées de frais, dans l’habitacle d’un autre véhicule pour une bande d’exploitation plus burnée et corrosive. L’Ambulance, sa dix-huitième réalisation, revient dans les plate-bandes préférées de son auteur et emprunte derechef un terrain moins chargé en ornières que sa précédente réalisation. L’idée naît, comme toujours chez Cohen, d’une étincelle, d’une impulsion, celle de ce traditionnel véhicule de secours qui se transforme en barque du Styx pour de pauvres hères se livrant pieds et poings liés et vignette à la main, aux hommes en blanc. Le corps médical en prend une nouvelle fois pour sa blouse, après s’être montré incapable de prévoir la naissance monstrueuse d’It’s alive !, le voilà parasité par un savant fou qui kidnappe les diabétiques pour leur greffer un pancréas de pourceau.

Mais un redresseur des torts venu de nulle part entend percer à jour ce trafic et récupérer du même coup la charmante demoiselle qu’il a brièvement rencontrée quelques minutes avant son enlèvement. Dans sa quête, le jeune Josh Baker (Eric Roberts complètement allumé trouve le rôle de sa vie) ne compte sur le secours d’aucun uniforme : son allergie à la blouse blanche se double d’une intolérance au képi puisque, comme à l’accoutumée, les représentants de l’ordre passent pour d’incorrigibles pantins chez Cohen (voir le privé de Ma Belle-mère est une sorcière, les flics corrompus de Black Caesar ou les bras cassés de Le Monstre est vivant pour s’en convaincre).

Pour maintenir l’intérêt, Cohen opte pour un rythme enlevé et une multitude de rebondissements s’invitant dans le script avec la précision d’un métronome. A la manière d’un comic book dont le film revêt de plus en plus le vernis (le jeune Josh est d’ailleurs dessinateur chez Marvel, employé par Stan Lee qui apparaît quelques minutes à l’écran), le script se veut truffé d’action et bourré jusqu’à la gueule de personnages pittoresques. Aux côtés du héros à la dégaine très 90’s évoluent des brancardiers aux gros bras dont la silhouette évoque l’herculéen Maniac Cop, le dédaigneux lieutenant Spencer (James Earl Jones), la sculpturale Sandra ou encore le doux-dingue Elias Zacharai (Red Buttons, à la carrière gargantuesque), son voisin de lit d’hôpital qui le suit dans toutes ses aventures.

Cette œuvre mineure de la filmographie de son auteur constitue au mieux une agréable série B qui séduit par l’exotisme des accoutrements, la nanardise de son traitement (les incohérences sont légion) et le ton volontairement frivole de l’ensemble. Notons que Cohen osera l’auto-citation lors de la séquence finale de son épisode pour les Masters of Horror en ponctuant sur des ambulanciers aux motivations douteuses dans Pick me Up. La Christine de Carpenter peut cependant ronronner tranquillement, cette ambulance n’est pas près de faire de l’ombre à sa carrosserie...

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