CYCLES

CYCLE JIM HENSON’S CREATURE SHOP - Max et les Maximonstres (2009)

28 janvier 2015 | Par : Samuel Tubez

Spike Jonze (Dans la peau de John Malkovich, Adaptation) qui adapte le célèbre album illustré de Maurice Sendak, ça n’est pas rien. Surtout que l’auteur de ce conte explorant les peurs enfantines (intitulé Where the wild things are en vo) coproduit la chose et que les Maximonstres en question proviennent du Jim Henson’s Creature Shop. De quoi réveiller l’enfant qui sommeille en chacun de nous !

Suite à la vision de Max et les Maximonstres on se sent dépaysé et l’on est séduit, mais on ne peut hélas aussi cacher une légère déception. Spike Jonze livre ici une adaptation qui respecte l’univers créé par Maurice Sendak en empruntant tout le long du film le point de vue de l’enfant avec, en point de mire, son imaginaire. En résulte un film à la fois étrange et subtil, où les personnages adultes sont quasi-absents (Catherine Keener et Mark Ruffalo n’ont guère plus de cinq minutes de présence à l’écran), s’effaçant pour faire place aux vagabondages et autres enfantillages d’un petit garçon incompris (impeccable Max Records). Espiègle, sensible, solitaire,… chacune des créatures de Max et les Maximonstres sont intrinsèquement liées au jeune héros et en reflètent une part de sa personnalité. Des facettes qui ne seront hélas pas davantage fouillées, pas plus d’ailleurs que le côté obscur des monstres qui se contenteront juste de déclamer un « nous allons te manger » ou piquer une petite crise en brisant quelques arbres pour exprimer leur rage. Face à cette série d’éléments seulement effleurés au cours du récit, on reste sur notre faim lorsque Max retourne à sa maison et retrouve sa maman près de laquelle il dévore son souper « encore tout chaud », courte scène signifiant la fin du métrage. Néanmoins, d’ici là, on aura pu admirer les environnements superbement photographiés du pays des « Maximonstres » et, surtout, les monstres eux-mêmes ! Ces gros nounours hybrides (mi-animaux mi-humains) de 3m de haut, dont la fabrication des costumes dans les ateliers du Jim Henson’s Creature Shop dura près de 8 mois, nous ramènent avec émotion aux années 80 où les marionnettes faisaient partie intégrante de leurs plus brillants films (Dark Crystal et Labyrinthe en tête). Leur conception même, brillant alliage entre l’old school (animatronique et costumes) et les techniques actuelles (l’utilisation du numérique pour les expressions faciales), font de ces créatures des êtres uniques aux personnalités distinctes dont l’existence à l’écran n’est jamais remise en question. Un joli petit tour de force technique qui, à l’écran, exprime une poésie indéniable.
Max et les Maximonstres marque d’ailleurs la fin d’une tradition dans le groupe Henson, puisqu’il s’agira de l’un des derniers gros travaux « matériel » (hors Muppets) de l’atelier qui se consacre depuis quelques années déjà de plus en plus au virtuel au grand dam des amoureux de marionnettes et d’animatroniques.


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