CHARLIE ET LA CHOCOLATERIE de Roald Dahl

27 octobre 2010 | Par : Damien Taymans |

Titre Charlie et la chocolaterie

Titre original Charlie and the chocolate factory

Auteur Roald Dahl

Année 1964

Genre Jeunesse

Editeur Folio junior

Année d’édition 2005

Note 9/10

Résumé

L’irrésistible histoire de Charlie commence le jour où il trouve l’un des précieux tickets d’or de M. Willy Wonka caché dans un bâton de chocolat. Ce ticket permet à Charlie de réaliser son rêve le plus cher : faire une visite guidée de la mystérieuse chocolaterie de M. Willy Wonka, le plus incroyable inventeur de chocolat de tous les temps.

Publié trois ans après James et la Grosse pêche, Charlie et la chocolaterie atteste de la ligne de conduite de l’écrivain spécialisé depuis dans le registre de la jeunesse. Un prénom d’enfant agrémenté d’un élément magique (le chocolat prêtant plus à la rêverie gustative que le fruit gargantuesque) pour titre, un héros malheureux qui prend sa revanche sur le monde qui l’a abandonné pour trame narrative. En l’occurrence, les opposants du jeune Charlie Bucket ne sont plus des adultes (au contraire des tantes malintentionnées de James) mais ses contemporains enfantins, dépeints comme des êtres viciés par leurs parents. Chacun des concurrents représente l’allégorie d’un vice propre à l’enfance actuelle : Augustus Gloop est un goinfre insatiable, Violette Beauregard constitue la vantarde de service avec de fortes appétences pour la mastication ruminante, Veruca Salt symbolise l’ère de l’enfant-roi tandis que Mike Teavee, comme l’indique son patronyme, n’a d’yeux que pour le poste de télévision et la violence qui y règne (l’image peut d’ailleurs sembler bien surannée aujourd’hui). A leurs côtés, Charlie Bucket endosse le rôle de l’enfant parfait, celui que la société n’a pu pervertir : humble, généreux, profondément altruiste, l’enfant est l’antithèse de ses comparses qui recevront tous une punition à la mesure de leurs péchés.

Immense classique de la littérature enfantine (au point de connaître à ce jour deux adaptations à l’écran des frais de Mel Stuart en 1971 et de Tim Burton en 2005), l’oeuvre a pourtant connu quelques remous de la part de la critique qui voyait dans ces Oompas-Loompas, originellement des pygmées à la peau noire travaillant et prenant des risques inconsidérés pour quelques grains de cacao, une caricature raciste. Dahl publia une nouvelle version de son roman en 1973 dans laquelle les ouvriers arboraient un teint rosâtre et émigraient du lieu imaginaire de Loompaland, à la géographie incertaine. Dahl apaise les tensions en se débarrassant de l’image de l’Africain voué à la servitude du Blanc qui se nourrit exclusivement de chenilles dans sa cambrousse, à l’abri de toute civilisation.

Récompensé du Millenium Children’s Book Award en 2000, Charlie et la chocolaterie domine la littérature enfantine depuis de nombreuses décennies et constitue encore aujourd’hui un incunable que chaque marmot se doit d’avoir croqué.

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