BIFFF 2017

BIFFF 2017 - Vengeance à l’espagnole

Tarde para la Ira, un plat qui se mange (très) froid...

Séance de 20h en salle Ciné 1 oblige, les spectateurs de ce BIFFF 2017 s’attendaient à une oeuvre plus mainstream au moment d’aborder le Tarde para la Ira de Raul Arévalo, loin des errances gaudriolesques d’un Nishimura qui mettra le feu dans quelques jours ou des pets redondants mais réjouissants de Daniel Radcliffe du lendemain. Si le métrage ne fait clairement pas partie de ces deux catégories, il n’en reste pas moins extrêmement original et ultra-primé (23 récompenses avant le BIFFF).

Premier long métrage de Raul Arévalo, acteur très célèbre de l’autre côté des Pyrénées, Tarde Para la Ira connaîtra dans quelques jours les fastes d’une sortie dans les salles françaises et suit un homme qui attend huit ans pour se venger d’un crime que tout le monde a oublié. Retitré La Colère d’un homme patient pour les besoins de son exploitation francophone, le film ne tarde pas à justifier son titre, la mise en place prenant un temps certain. Après un rapide focus sur les faits passés, l’intrigue se centre sur José, campé par l’excellent Antonio de la Torre, un homme extrêmement discret qui a ses habitudes dans le bar d’Ana. Il faut de nombreuses minutes au spectateur pour comprendre que cet homme n’est autre que le vigilante du titre grâce à l’entremêlement de séquences passées et présentes.

Filmé la plupart du temps caméra à l’épaule, ce qui lui confère presque des allures de drame social au vu de la tristesse du protagoniste principal et de l’ampleur de sa tâche, La Colère d’un homme patient parvient à disséminer çà et là des indices quant à la volonté du vengeur mais aussi quant aux responsabilités de tout un chacun dans son histoire. L’implication émotionnelle de chacun des personnages permet à Raul Arévalo de s’attarder sur chacun d’eux avec un certain brio tandis que, petit à petit, la vengeance méticuleuse se met en place. Celle-ci connaîtra un rebondissement salvateur dans la dernière partie d’une oeuvre qui, mine de rien, s’avère bouleversante.

Certes peu rythmées, les aventures de José, un homme désespéré au point de commettre l’irréparable, ne peuvent qu’émouvoir et justifient largement le traitement langoureux de l’action et le porté assez brusque de la caméra. Au final, ce Tarde para la Ira est un véritable bol d’air dans un cinéma espagnol qui, ces dernières années, semblait tourner en boucle avec le même genre de thrillers.

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