Back to the feature

BACK TO THE FEATURE - Gore save the scream

27 mai 2010 | Par : Chroniqueurs

The butcher

Par Nicore

L’œuvre

Entièrement tourné à la "première personne", The butcher va s’immiscer dans l’univers des "snuff movies" de manière frontale, brutale et sanglante, mettant tour à tour le spectateur à la place des victimes et des bourreaux avec un réalisme incroyable et jamais démenti tout au long d’un film sordide, glauque et méchamment malsain même si le hors-champ viendra régulièrement épurer les pires séquences.

Pitch à gore

Le script va suivre un réalisateur de "snuff" et son boucher grimé avec une tête de cochon en plein travail pour le tournage de scènes au cours desquelles ils vont torturer et tuer quatre individus.

Gore à Gore

Parmi les atrocités montrées par le métrage, on retiendra cette main découpée en gros plan avec une tronçonneuse, la caméra étant placée pour se mettre à la place de la victime hurlante, tandis que plus loin ce sera un œil qui sera énuclée à la cuillère pour un autre gros plan terriblement réaliste.

Sang pour sang ?

D’entrée le métrage va appliquer son concept à la mode du film tourné à la "première personne" pour d’abord suivre un personnage armé d’un marteau se baladant dans un hangar aussi délabré que désert avant de finalement rejoindre une pièce où quatre individus ligotés sont assis contre un mur tandis qu’un autre homme les surveille. Au travers de leur discussions nous allons bientôt comprendre que nous avons affaire à un pourvoyeur de victimes destinées à être mutilées pour les besoins d’un film tourné par un réalisateur pas encore présent sur place mais dont l’assistant réglera les caméras, dont celles fixées sur les crânes des victimes, permettant ainsi au métrage de se positionner indépendamment sur plusieurs points de vues, afin de bien permettre au spectateur d’appréhender la situation et le décor.

Cette entame du métrage se montrera parfois quelque peu violente, les coups de marteau destinés à calmer les victimes feront mal malgré cette tendance à ne pas les montrer directement, mais ce sera surtout une ambiance délétère qui viendra cueillir le spectateur et la décontraction affichée par cet assistant tranchera furieusement avec l’inquiétude et la peur des victimes qui seront judicieusement perceptibles grâce aux mouvements de caméra et aux bruitages de respirations saccadées. L’arrivée du réalisateur se fera également avec une certaine décontraction teintée de sérieux et de "professionnalisme" puisque cet homme jaugera ses futurs "acteurs" avant de mettre en place son action en prélevant deux des victimes pour les emmener vers le lieu des abominations à venir, tandis que le boucher sera réveillé par l’assistant, laissant donc seules les deux autres victimes, un couple qui va donc entendre les bruits du massacre, qui seront partagés par le spectateur puisque l’auteur choisira de faire monter la tension en ne versant tout de suite dans la violence sanglante pour au contraire laisser l’imagination travailler tout azimuts.

La seconde partie du métrage va ensuite placer ce couple face à ses bourreaux pour cette fois aller au cœur de son sujet pour des situations terriblement sordides et malsaines, avec ce "jeu" proposé par le réalisateur du "snuff" qui engendrera une violence sévère même si elle sera visualisée en mettant le spectateur à la place de la victime dans un premier temps avant qu’un changement de point de vue ne révèle l’horreur de l’état de cet homme martyrisé et mutilé qui devra en plus aider ses tortionnaires sur le choix de la mort de sa femme s’il veut espérer s’en sortir vivant, dilemme atroce qui montrera bien dans quel état d’esprit désordonné se trouvera cet homme ayant dépassé les frontières de la souffrance physique et mentale mais qui trouvera quand même les ressources nécessaires pour s’évader lors d’un final mémorable et lui aussi bien sauvage.

En plaçant de fait le spectateur au cœur de l’intrigue l’auteur va immédiatement créer une tension palpable, guidée par les sous-entendus malsains et les promesses sanglantes qui émaneront des dialogues et des bruitages extrêmes concoctés dans la première partie, pour ensuite laisser cours à une ambiance de folie démesurée et d’actes barbares allant du viol masculin au meurtre en passant par cette main sectionnée à hauteur des doigts pour ne laisser aucun répit au spectateur et même venir le cueillir avec ces transitions et ces changements de points de vues qui vont tour à tour générer une horreur graphique ou une tension énorme dans une ambiance glauque et terriblement malsaine, surtout que les tortionnaires ne vont pas hésiter à plaisanter entre eux ou carrément à se gausser de leurs victimes en les titillant ou en les donnant de faux espoirs.

Bien entendu, dans ce climat, le boucher et son look aussi graphique que démentiel vont attirer irréversiblement les regards dans l’attente de nouveaux sévices et de ce côté-là le métrage tiendra en grande partie ses promesses, même si tout ne sera pas visualisé de manière frontale pour laisser des éléments du décor venir cacher l’atrocité des actes commis, mais cela ne fera que renforcer l’horreur de la situation, comme lorsqu’il va se servir de cette tronçonneuse pour trancher ces doigts et que le spectateur sera témoin de la scène au travers de la caméra fixée sur la tête de la victime, comment espérer voir de manière graphique cette mutilation, la victime tournant la tête pour ne pas voir arriver sa souffrance.

L’auteur se jouera judicieusement de ce précepte pour agencer ses principales scènes sanglantes, tout en laissant quand même copieusement s’étaler des plans gores et surtout un décor sanglant et poisseux d’hémoglobine renforcer l’ampleur de la situation, laissant ainsi une horreur justifiée seulement justifiée apparaître à l’écran pour donner un sentiment de réalisme encore plus marquant à l’ensemble, surtout que l’interprétation sera continuellement crédible et que ces efforts de mise en scène seront incroyablement payants pour immiscer le spectateur au centre de l’action. Les effets spéciaux seront eux aussi réalistes, sans aucune exagération dans le gore pour ainsi assurer également une crédibilité complète.

The butcher aura largement de quoi remuer et secouer son spectateur sans pour autant faire appel à un déluge d’hémoglobine, grâce à ce procédé immersif utilisé de manière consciencieuse, travaillée et renforçant l’aspect réaliste au service d’un sujet on ne peut plus frontal !

Trashothèque

Le métrage est disponible en DVD de zone 1 sous l’égide de "Palisades Tartan".

Ajouter un commentaire

modération a priori

Ce forum est modéré a priori : votre contribution n’apparaîtra qu’après avoir été validée par un administrateur du site.

Qui êtes-vous ?
Votre message
  • Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

Image du jour

Récentes critiques

affiche du film
Jessie
2017
affiche du film
The Babysitter
2017
affiche du film
Ça
2017
affiche du film
The Black Room
2016
affiche du film
Spider-Man: Homecoming
2017
affiche du film
Okja
2017

Cinemag

> Feuilleter

Concours

Sondage