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BACK TO THE FEATURE - Gore save the scream

21 août 2009 | Par : Chroniqueurs

Space wolf

Par Nicore

L’œuvre

Film indépendant plus ou moins amateur réalisé par Timo Rose, un des principaux réalisateurs de le scène gore allemande, auteur de la trilogies des Mutation, de Barricade ou encore de Rigor mortis, ce Space wolf peut surprendre de la meilleure manière possible en avançant une galerie de personnages travaillés et étonnamment crédibles qui parviennent sans mal à exister dans une intrigue leur laissant véritablement le temps d’exister avant de virer au carnage.

Pitch à gore

Le script envoie sept petits voyous à un stage de réinsertion en pleine forêt avec deux éducateurs-psychologues. Mais en plus de querelles prévisibles engendrées par ces fortes têtes agressives, une créature extraterrestre veient décimer le petit groupe.

Gore à gore

La première vraie scène gore du film voit un des personnages s’étant isolé pour s’envoyer un rail de coke se faire déchiqueter la gorge, en gros plan s’il vous plaît, laissant ensuite la créature lui arracher carrément un bras, dans un gros bouillon de sang giclant abondamment.

La seconde scène marquante du film intervient lors du final au cours duquel un des protagonistes a la tête arrachée d’un coup de griffes et dans la continuité un autre personnage, abandonnant le combat, est lui aussi massacré, la bête l’éventrant dans une belle explosion de viscères sanglantes.

Sang pour sang

D’entrée, le métrage nous présente un de ses personnages principaux, Benny, une sorte de punk alcoolique vivant dans un taudis avec ses chats et guère enchanté de rencontrer un nouveau psychologue, Thomas Kercmar, qui "l’invite" de force à un stage en pleine nature destiné à le réinsérer ensuite dans la société. L’introduction met également en scène une demoiselle volant différentes choses à l’étalage, nous invitant ainsi à penser qu’elle est également du voyage, ce qui se vérifie très vite puisque le réalisateur ne tarde pas à placer ses protagonistes dans un véhicule en route pour ce séjour en forêt qui devrait aider les jeunes à se reconstruire. Mais l’ambiance commence à se tendre entre Benny et son voisin de siège, Tequila, un hard-rocker épais qui passe son temps à lui faire des grimaces avant que la situation dégénère une fois la destination atteinte, pour une première échauffourée réaliste et méchante sans pour autant être violente. Après un deuxième voyage, le métrage mélange scènes communes et bribes d’entretiens de Thomas avec chacun des délinquants pour ainsi amorcer une présentations des personnages réussies en impliquant véritablement le spectateur grâce à des personnalités aussi diverses que crédibles et porteuses d’un naturel surprenant.

C’est ainsi que le métrage présente un exhibitionniste corpulent, un jeune devenant violent avec son entourage sans avoir de raisons, un drogué, Benny, alcoolique et dépressif, Tequila, mais aussi les deux jeunes femmes du groupe, Annabell, la voleuse vue en introduction et Alenka, l’ancienne petite amie de Benny venue là de son propre chef, malgré ses tendances à la prostitution. Chacun peut évoquer son cas à Thomas et écouter ses recommandations sans jamais que ces passages ne deviennent ennuyeux ou fastidieux grâce toujours au naturel ambiant. Et lorsque l’intrigue s’intéresse au groupe lui-même, c’est de façon souriante en avançant les travers de chacun, avec par exemple Tequila qui récite l’alphabet en rotant sa bière. L’ambiance reste quand même tendue à chaque situation avancée, l’imprévisibilité de chacun donnant même lieu à quelques violences à base de coups de poing et autres bagarres parfaitement agencées par le réalisateur. Toute cette première partie reste quasiment vierge de tout effet sanglant (mis à part quelques éclaboussures résultant des coups encaissés par certains) et la bête entraperçue débarquant sur Terre d’une sorte de météorite au début du métrage en est quasiment absente, si l’on excepte quelques plans en caméra subjective, sans que cela donne lieu à la moindre attaque (pourtant attendue quand on connaît le goût de Timo Rose pour les effets sanglants), pour ainsi juste accentuer quelque peu le suspense et le climat tendu de l’ensemble.

La seconde partie du film rachète cette absence de gore, d’abord en invitant deux des protagonistes à un duel enfin saignant qui perturbe définitivement le bon déroulement du stage tout en révélant au grand jour la nature rebelle et détraquée de Marc, l’adjoint de Thomas monte chaque participant contre leur psychologue. Mais c’est surtout cette sorte de loup-garou qui offre enfin le spectacle gore attendu en massacrant un par un les personnages égarés ou esseulés, occasion pour Rose de mettre en avant des effets sanglants de plus en plus marqués à chaque agression, entre tête et bras arrachés, corps déchiquetés, crânes défoncés, pour laisser un final s’affirmer comme une apothéose sanglante terrible et volontaire, plus que graphique. Les personnages arrivent sans mal à s’attirer la sympathie du spectateur et à créer l’empathie, par leur naturel désarmant et grâce à quelques traits d’humour discrets et réalistes, pour de la sorte impliquer aussi largement que de manière inattendue le spectateur dans l’évolution de la situation du groupe et de chacun.

La mise en scène de Timo Rose reprend ses tics habituels, avec des ralentis intempestifs et autres petits effets de style personnels qui ne sont jamais gênants, et participent au contraire activement à générer l’atmosphère spéciale du film tout en masquant ainsi la pauvreté des décors (une forêt, point barre), tandis que l’utilisation de la caméra subjective se fait de manière sporadique et guère envahissante. Cependant, le réalisateur a quand même du mal à rendre complètement efficaces certaines scènes d’actions, notamment lors du final gore, en raison du manque de mouvement de la caméra qui demeure plutôt statique. Les effets spéciaux sont probants, réalisés par ce grand spécialiste des débordements ultra-gore qu’est Olaf Ittenbach, pour les diverses mutilations et autres éventrements présents dans le film, mais la créature n’offrira hélas qu’un look guère crédible.

Space wolf surprend le spectateur par son ton naturaliste vraiment inattendu de la part de l’auteur qui signe sans doute ici son film le plus personnel avec en plus des protagonistes à la personnalité fouillée crédible, mais sans pour autant décevoir les amateurs de gore avec une seconde partie bien expansive en la matière !

Trashothèque

De par son statut de film indépendant quasi amateur, le film n’a connu qu’une édition en DVD sous la houlette de l’éditeur allemand "SOI".

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