Back to the feature

BACK TO THE FEATURE - Gore save the scream

6 mars 2009 | Par : Chroniqueurs

Tokyo Gore Police

Par Nicore

L’œuvre

Avec Tokyo gore police, Yoshihiro Nishimura signe son premier long métrage mais n’est pour autant pas un inconnu de la culture underground japonaise, puisqu’il a collaboré à de nombreux films de genre déjantés (Meatball machine, Suicide club ou encore le bien délirant Machine girl, sur lesquels il s’est occupé des effets spéciaux, cela aide !), avant de se lancer dans la réalisation, suite notamment au succès de Machine girl, dont il retrouve ici quelque peu l’esprit déjanté.

Pitch à gore

Le script suit une jeune femme membre de la police japonaise privatisée qui doit affronter des mutants tout en cherchant à venger son père assassiné.

Gore à gore

Difficile de choisir parmi les nombreuses scènes sanglantes du film, mais on reviendra sur la première qui donne d’entrée le ton du film en avançant un mutant particulièrement teigneux et nauséabond (un cannibale s’affairant sur sa dernière victime retranché dans un bâtiment abandonné) qui après s’être fait cribler de balles par les policiers présents et avoir révélé sa nature de mutants, engage un duel à la tronçonneuse avec l’héroïne, pour finalement se faire découper le visage en mille morceaux, non sans que les policiers spectateurs du duel n’aient subi les affres du combat en se faisant décapiter ou en recevant une tronçonneuse en marche en pleine bouche, le tout dans de gros bouillons de sangs volontaires et outranciers.

La seconde scène mémorable du métrage écartèle une amie de l’héroïne, victime de policiers devenus cinglés qui attachent ses quatre membres à des voitures de police partant dans des directions opposées, pour d’abord voir ses avant-bras imploser avant que son corps n’explose littéralement en quatre parties distinctes, le tout visualisés sans que la caméra ne se détourne au moment crucial.

Sang pour sang

C’est donc sur une intrigue quasiment inexistante et ouvertement confuse en se moquant de toute linéarité que le métrage accumule ses séquences débridées outrageusement sanglantes et brassant des mises à mort infiniment variées et décapantes, mais avancées sur un ton plus souriant que dégoûtant ou glauque. En effet, le métrage s’oriente définitivement vers la comédie excessive ne se refusant aucun tabou, puisque même les situations souriantes à connotations sexuelles (parfois limites) viennent se mêler à l’ensemble.

Mais ce qui surprend le plus le spectateur, au-delà des dérives sanglantes omniprésentes, c’est l’inventivité dont fait preuve le réalisateur Yoshihiro Nishimura, aussi bien pour créer des mutants complètement hallucinants avec leurs armes excessives et outrancières et autres délires organiques (avec par exemple cette chaise "humaine" féminine qui dans une boîte de nuit urine sur un parterre de spectateurs ébahis et consentants), que pour avancer ses scènes sanglantes originales sans aucun temps mort et sans que le manque de fluidité ne vienne gravement nuire au bon développement de l’ensemble, du moins dans un premier temps.

Car en effet, au bout d’un moment, le métrage finit quand même par lasser quelque peu dans sa répétition de "ballets" gores qui se déroule sur une durée qui aurait certainement gagné à être épurée de quelques situations pour ainsi ne pas atteindre les cent dix minutes actuelles pas forcément nécessaires au bon développement de l’intrigue et à sa finition. Et ce même si les scènes ne se ressemblent pas visuellement et avancent des actions bien différentes. De même, les petits intermèdes amusants sous forme de publicités délirantes (rappelant quand même celles du Starship troopers de Paul Verhoeven) et critiquant ouvertement la société japonaise fixée et obnubilé par le suicide de manière sarcastique ne font presque plus sourire au bout de quelques temps, même si elles s’avèrent toutes décoiffantes et originales.

Dans un tel contexte, le métrage avance bien entendu toute une galerie de personnages hauts en couleurs et frappadingues, parfois même gentiment pervers, mais hélas, ceux-ci restent pour la plupart superficiels, puisque seule l’héroïne bénéficie d’un traitement de faveur en voyant sa personnalité et ses antécédents largement mis en avant au début du film. La mise en scène du réalisateur est vive, dynamique et donne du rythme à l’ensemble grâce à une manière adaptée de suivre les différentes situations en collant de près à l’action, tout en osant sporadiquement des cadrages originaux.

Mais bien sûr, l’un des points forts du métrage reste ses effets spéciaux, avec d’innombrables plans gores jouissifs et plus que volontaires (malgré une certaine répétition dans les geysers de sang s’échappant des membres sectionnés) pour des abominations parfois variées (avec ces visages arrachés, ces impacts de balles dévastateurs et autres éventrations) et versant toujours dans un gore franc et outrancier qui n’hésite pas non plus à présenter le résultat des méfaits avec ces bras et jambes tranchées entassées dans des cartons ou carrément pour créer un petit monticule de chair humaine. Les maquillages ne sont pas en reste et rendent des mutants très graphiques et organiques qu’aucun effet numérique ne viendra gâcher.

Tokyo gore police devrait largement satisfaire les amateurs de gore souriant par sa volonté jusqu’au-boutiste absolue et démonstrative, même s’il a hélas un peu de mal à tenir la route sur la durée !

Trashothèque

Pour l’instant, le métrage n’est disponible qu’en DVD de zone 1, sorti en janvier dernier sous l’égide de "Media-blasters", en attendant une prochaine sortie plus ou moins prévue en zone 2 chez nous.

LE TRAILER

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