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BACK TO THE FEATURE - Disney oh nice

22 septembre 2011 | Par : Samuel Tubez

Pinocchio

A l’heure où nos chères têtes blondes ont retrouvé le chemin de l’école, attardons-nous quelque peu sur l’histoire de ce pantin de bois vivant qui opte à plusieurs reprises pour l’école buissonnière, pour finalement se retrouver dans les pires galères.

Deuxième long métrage d’animation des studios Disney, Pinocchio s’inspire du classique de la littérature enfantine de Carlo Lorenzini (plus connu sous le nom de Carlo Collodi) : Avventure di Pinocchio, Storia di un burattino, publié de 1881 à 1883 sous forme de nouvelles. Bien évidemment, Disney adapte l’œuvre à sa sauce, y ajoutant notamment des personnages (dont le chat Figaro, qui initialement devait parler, ainsi que le poisson Cléo) et en accordant un rôle bien plus important à Jiminy Cricket, la conscience de Pinocchio ici transformé en acolyte blagueur (alors que chez Collodi il n’est qu’une figure passagère apparaissant dans un seul chapitre pour sermonner le pantin). La marionnette est aussi bien plus espiègle, arrogante, rusée et parfois même capable de violents excès de colère dans l’œuvre originale. Disney édulcora bien sûr tout cela, gommant également les aspects les plus sombres de l’histoire (les nouvelles originelles comportant leur lot d’escroqueries et de meurtres en tous genres) tout en atténuant la personnalité complexe du personnage, forcément incompatible avec leur esprit familial tant réputé, le transformant au final en un petit garçon relativement naïf, manipulable et insouciant à souhait.

Avec à leur disposition un budget deux fois plus élevé que sur Blanche-Neige, les dessinateurs et animateurs, forts de leur expérience précédente et du succès remporté, se surpassèrent. Même si seulement deux ans s’étaient écoulés, les techniques du studio avaient déjà fait d’immenses progrès, permettant une profusion de nuances de couleurs, une profondeur inouïe dans l’animation, ainsi que d’incroyables détails disséminés dans les magnifiques décors parsemant le métrage. Une énorme entreprise (les pressions financières étaient toutefois au rendez-vous) qui fut bien sûr supervisée par le grand Walt, épaulé par des centaines d’artistes (dessinateurs, animateurs et musiciens, on y reviendra…) dont le duo hamilton Luske et Ben Sharpsteen à qui était confiée la réalisation et qui réitérèrent au même poste pour d’autres chefs d’œuvre à venir tels que Cendrillon ou Les 101 dalmatiens. Mais si la tournure universelle du conte et la magnificence visuelle apportée par la fabrique Disney (faut-il rappeler qu’on dessinait tout avec ses p’tites mimines à l’époque ?!) font du film une petite merveille, c’est véritablement le travail sonore qui le fit passer au rang de chef d’œuvre. Deux Oscars (Meilleure musique et meilleure chanson) furent d’ailleurs remis à l’époque à Paul J. Smith, Leigh Harline et Ned Washington pour leur travail. Ecrite par ces deux derniers, la chanson « When you wish upon a star », interprétée par Cliff Edwards par le biais du personnage de Jiminy Cricket, devint même l’hymne du studio. Une date dans l’univers de la musique disneyenne, et peut être même pour le monde de l’animation en général !

Pinocchio se pare donc sans aucun doute du statut de classique inoxydable de l’animation, faisant même oublier aux yeux de nombreux spectateurs l’œuvre originale de Collodi. Les rêves fous de Geppetto, la chanson douce de Jiminy, les danses de Pinocchio dans le castelet de Stromboli, les apparitions pleines de grâce de la Fée bleue, les belles paroles de Grand coquin, les mutations vers l’ Equus asinus, le final aquatique dans les entrailles de la baleine (encore un ajout disneyen !) et, bien sûr, ce nez qui s’allonge à chaque mensonge proféré... tout cela s’est ancré très naturellement dans l’inconscient collectif. « Ton nez va s’allonger si tu continues à mentir », « tes oreilles vont pousser comme des oreilles d’âne »…, ce pauvre niais de Pinocchio sert même d’exemple à ne pas suivre par nos chères têtes blondes ! Mais malgré tout c’est le happy end qui l’emporte au final, donnant chair au pantin de bois qui désormais suivra le chemin de l’éducation plutôt que d’aller folâtrer vers de quelconque chimère. A moins que le sale gamin revienne au galop, comme ont parfois osé nous le montrer certaines productions moins bien-pensantes (964 Pinocchio de Shozin Fukui, La revanche de Pinocchio de Kevin Tenney ou encore Les aventures érotiques de Pinocchio de Corey Allen). Mais ça, ce n’est plus du tout l’esprit Disney…


Commentaires

"Les aventures érotiques de Pinocchio", ce serait même plutôt l’esprit "Le Loup derrière la Bergerie" ;-) Chouette papier !

23 septembre 2011 | Par Vivadavidlynch

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