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5 novembre 2010 | Par : Damien Taymans

The brute man

Rédigée par Dwight V. Babcock, auteur de La malédiction de la momie, La maison de Dracula et She-Wolf of London, l’histoire de The brute man se montre plutôt originale, notamment dans son traitement du monstre. Une tératologie qui s’inspire de celle illustrée par Tod Browning dans La Fiancée de Frankenstein, les liens que tissent le monstre et la jeune pianiste aveugle renvoyant à la relation entre la créature de Frankenstein et l’ermite aveugle ou, dans un tout autre registre, à la liaison de Charlot avec la vendeuse de fleurs dans Les lumières de la ville.

The brute man, sombre polar noir noyé dans la production des années 40, se distingue essentiellement grâce à la trogne patibulaire de Rondo Hatton que le faciès destinait inéluctablement au genre. Sorte de monstre criant de vérité, le Creeper ne nécessite aucun maquillage, les traits burinés, la taille colossale et les difformités faciales de l’acteur suffisant largement à entretenir la peur qu’il est censé susciter. Comparé au Karloff grimé du diptyque Frankenstein, Hatton s’en distingue pourtant par le réalisme de ses difformités, celles-ci provoquées par une maladie hypophysaire dégénérative appelée acromégalie, marque de fabrique d’autres "gueules" célèbres du cinéma, comme Richard Kiel ou Carel Struycken.

En 1945, les studios Universal décident de produire The brute man, film dont Hatton est la star et dont l’histoire partage de nombreux points communs avec le parcours personnel de l’acteur. Le tournage s’étale sur une dizaine de jours durant le mois de novembre mais, alors que la post-production du film s’éternise, la major Universal se transforme en Univers international et a décidé de stopper la production de films de série B. En cette fin d’année, les problèmes s’accumulent puisque la santé de l’acteur principal se dégrade nettement, ce dernier se voyant contraint de rester cloîtré dans sa villa de Beverly Hills (sans Brandon et Kelly, rassurez-vous...). Il restera partiellement invalide et finira par décéder d’un arrêt cardiaque le 2 février 1946. The brute man est cédé dans la foulée à la Producer’s Releasing Corporation, petite société de production qui a déjà connu les tourments de l’acromégalie avec The monster maker en 1944, oeuvre de science-fiction dans lequel un savant fou inocule la maladie à des cobayes humains.

Les aventures du Creeper, sorte de monstre de Frankenstein urbain, atterrissent sur les écrans en octobre 1946. Décédé avant d’avoir connu la gloire, Rondo Hatton a longtemps été assimilé à ce personnage de monstre brutal au physique colossal et aux intentions malveillantes. Pourtant, si le titre du film fait référence à une créature violente, c’est en réalité pour dissimuler le véritable monstre de l’histoire, Cliff Scott (Tom Neal), dont la jalousie a condamné Hal Moffet et dont l’attachement matériel finira par lui coûter la vie.

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