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15 septembre 2010 | Par : Quentin Meignant

Docteur Watson (Le Chien des Baskerville, 1959)

Forte des premiers vrais gros succès de son histoire, qui sont intervenus au milieu des années 50, notamment grâce au splendide film Le Monstre, la Hammer Film Productions voulut garder la mainmise sur le cinéma horrifique européen et, pour ce faire, se lança dans la relecture des classiques hollywoodiens du genre, en explorant notamment les mythes de Frankenstein et Dracula.

Ces deux légendes du cinéma appartenant à Universal Pictures, Hammer Productions lorgna aussi rapidement vers les métrages ou histoires qui avaient fait le succès de nombreuses autres compagnies comme, par exemple la 20th Century Fox. C’est ainsi Michael Carreras et Anthony Hinds décidèrent de produire un remake du Chien des Baskerville, film basé sur un récit original de Sir Arthur Conan Doyle qui avait déjà été réalisé en 1939 par Sidney Lanfield.

Pour ce faire, les deux producteurs mirent en place un casting de choix, regroupant notamment les deux égéries horrifiques de leur société, Peter Cushing et Christopher Lee, le tout sous la houlette du déjà très coté Terence Fisher, l’un des meilleurs metteurs en scène de l’époque.

Le Chien des Baskerville met en scène le célèbre détective Sherlock Holmes et son fidèle docteur Watson qui sont appelés pour résoudre une effroyable malédiction qui, depuis deux cents ans, poursuit la malheureuse famille des Baskerville, décimée par un monstrueux chien, sorti tout droit de l’enfer, depuis que sir Hugo, un ancêtre, tua une paysanne. Mais l’héritier actuel arrive d’Afrique du Sud et ne croit guère à la légende… Il ne lui faudra pas longtemps pour se raviser et pour trembler.

Œuvre de choix

Comme toute adaptation des aventures de Sherlock Holmes qui se respecte, Le Chien des Baskerville ne peut que souffrir de l’exceptionnelle aura de son œuvre littéraire originale, rédigée par Sir Arthur Conan Doyle et publiée pour la première fois dans le Strand Magazine en 1901 et 1902.

Néanmoins, le métrage de Terence Fisher, qui bénéficie d’un casting pour le moins enchanteur, demeure, à l’heure actuelle, l’une des meilleures adaptations de l’univers particulièrement atmosphérique de Conan Doyle.

Dès lors, malgré une vingtaine d’adaptations (le plus souvent télévisées), le récit du Chien des Baskerville semble avoir trouvé son sommet filmique en 1959 et ce, malgré quelques petites libertés prises par rapport au récit original.

Candide au pays des criminels

La première apparition du Docteur Watson dans les écrits de Conan Doyle remonte au livre Une étude en Rouge, où il rencontre Holmes par hasard vers 1881, et décide de partager avec lui un appartement au 221B Baker Street, où leur logeuse est Mme Hudson. La première rencontre des deux protagonistes est d’ailleurs l’occasion pour Holmes de stupéfier son futur co-locataire en devinant d’emblée qu’il revient d’Afghanistan.

Médecin militaire à la retraite suite à des campagnes plus qu’éprouvantes et à de terribles maladies contractées, le Docteur Watson vit bon nombre d’aventure avec son nouveau compagnon de route. Durant nombre d’albums, la relation est dépeinte de fort belle manière par Conan Doyle qui fait de Watson son Candide à lui, par les yeux duquel le lecteur découvre l’affaire sous son aspect le plus mystérieux, puis d’un coup découvre la vérité grâce aux explications de Holmes.

Remplissant avant tout des tâches subalternes (Le Chien des Baskerville est l’une des rares exceptions, le Docteur se pâme toujours devant le génie de son ami et constitue un « pion » idéal pour ce dernier. Il lui permet néanmoins souvent, par l’entremise de quelques phrases maladroites, de trouver la vérité et d’élucider nombre de mystères.

En pleine action

Si Watson est d’un naturel plutôt mou et emprunté, son physique et son mental sera mis à rude épreuve tout au long du Chien des Baskerville, aventure où il tient le haut du pavé, surtout dans la version de Fisher pendant la majeure partie de son déroulement.

Il est en effet envoyé seul dans le Landes par son ami Holmes qui « a à faire à Londres » et se retrouve dès lors rapidement démuni face à la multiplication d’événements mystérieux. Censé protéger Sir Henry contre le mal diabolique qui a décimé sa famille, Watson plonge rapidement en pleine horreur en découvrant une région particulièrement hostile.

Semblant retrouver la fougue de ses vingt ans, le héros ne recule heureusement devant rien et fait preuve d’une bravoure sans égal face à la terrible menace. Néanmoins, sa présence sur place est avant tout physique puisque Holmes lui envoie des télégrammes en lui disant quoi faire : il sert un peu de garde-fou au client de son ami.

Piégé dans les Landes

Désirant aider au mieux son ami et, surtout, assurer la survie de Sir Henry, Watson se lance lui aussi à corps perdu dans l’enquête et s’aventure dans la Lande, chose à ne pas faire pour un inconnu au pays…

C’est ainsi que durant le métrage de Fisher, il se retrouvera tour à tour enseveli dans des marécages très profonds et, ensuite, confronté à un évadé de prison, le tout foisonnant de surcroît de personnages aussi énigmatiques que dangereux.

Si sa vie ne tint souvent qu’à un fil, Watson prouva une nouvelle fois son engagement auprès de Holmes dans sa tâche et son énergie (et, parfois aussi, ses bêtises) fut d’une grande aide pour le détective.

Phrase révélatrice

Alors que Sherlock Holmes l’a rejoint et qu’il a déjà, lui aussi, failli perdre la vie dans l’éboulement d’une mine, Watson semble dépourvu de toute idée concernant l’éventuel coupable des mystérieux crimes commis dans la région… tout comme son ingénieux ami qui, pour une fois, n’est pas très éloquent sur le sujet.

Et là, comme par enchantement, le sympathique Docteur Watson, qui se morfond de la non-avancée de l’affaire, trouve les mots justes à son insu et crée le déclic dans le cerveau de son compère qui, très rapidement, résout l’énigme.

Sans cette phrase, jugée malheureusement et peu opportune sur le moment, Watson permet donc à l’enquête de connaître son dénouement et à Holmes de récolter une nouvelle fois les honneurs.

Fidèle de la Hammer

Si la carrière de Sherlock Holmes et de son Docteur Watson fut de très courte durée chez Hammer Productions, on ne peut pas en dire autant de celle d’André Morell au sein de la firme anglaise.

En effet, le comédien, qui avait déjà goûté les joies d’une septantaine d’apparition dans des réalisations nationales, fut, des années durant l’un des visages récurrents de la Hammer. Ayant notamment participé à l’aventure télévisée Quatermass and the Pit, le comédien connut bien des apparitions dans des productions maison telles que Dans les Griffes de la momie (dans la peau de Sir Basil Walden, l’un de ses meilleurs rôles), L’invasion des Morts-vivants ou encore La Déesse des Sables.

Il connut aussi ses heures de gloires dans Ben-Hur, l’un des métrages les plus vus de tous les temps, où il endossa le rôle de Sextus, ou encore dans le fabuleux Barry Lyndon de Stanley Kubrick.

Pris en tenaille par les gloires que furent Christopher Lee et Peter Cushing dans Le Chien des Baskerville, Morell semble certes un peu plus discret, mais s’en sort avec une prestation plus qu’honorable, bien que dénuée de toute bonhommie.

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