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4 juin 2010 | Par : Quentin Meignant

Jericho Cane (La Fin des Temps)

Véritable trogne héroïque des bandes d’action, d’aventures, de science-fiction et de fantastique des années 80 et 90, Arnold Schwarzenegger, ancien Mister Univers est à mettre au rang des acteurs les plus bankable de sa génération. Désormais gouverneur de Californie, l’Autrichien d’origine est parvenu en l’espace d’à peine deux décennies à se distinguer auprès du grand public, au point que les réalisateurs et producteurs se sont, pendant très longtemps, arrachés sa présence au générique de leurs films.

Souvent affublé de rôles clichéesques mettant en valeur ses gros bras et sa bravoure, Schwarzie débarque en 1999, pour l’un de ses derniers films, dans le giron de Peter Hyams, réalisateur longtemps adulé ayant livré pas mal de bandes convenues. S’il est certain que End of Days, alias La Fin des Temps, échoit sans aucun doute à ce style de films au sujet maintes fois traité, le budget de 100 millions de dollars alloué par la production, les effets spéciaux de Stan Winston et des rentrées assez appréciables au box-office ont fait du film une œuvre assez importante de la fin des 90’s.

Pour ce métrage, surfant allègrement sur la vague d’alarmisme apocalyptique de l’année 2000, Arnold Schwarzenegger incarne Jericho Cane, un ex-flic reconverti en agent de sécurité, dont la vie bascule seulement trois jours avant le réveillon de l’An 2000. Il découvre en effet que les textes de l’Apocalypse sont sr le point de se concrétiser. Satan est en ville pour prendre femme, une mortelle appelée Christine York, qui lui a été consacrée depuis sa naissance. Le fruit de leur union sera l’instrument de la destruction de l’humanité. Il ne reste donc que trois jours à Cane pour éviter la fin des temps.

Chienne de vie

Dès la première image d’End of Days, Peter Hyams s’évertue à faire passer un message très clair : notre héros, Jericho Cane, est quelqu’un d’extrêmement malheureux, raison pour laquelle, sas doute, le spectateur fait connaissance avec lui alors qu’il a un revolver dans la bouche et le doigt sur la gâchette.

A la manière de Pierre Richard dans Les Compères ou d’Alain Chabat et de son « Petit Suisside », le héros ne met néanmoins pas fin à ses jours (c’eût été ballot pour le film), interrompu par son meilleur ami Bobby. Sans insister lourdement sur le vécu qui a poussé Cane à en arriver là, Hyams dévie assez brillamment vers l’aventure proprement dite tout en glissant de temps à autre des allusions concernant le passé du héros.

Et le moins que l’on puisse dire est que celui-ci est plutôt chargé puisque l’on apprend que Jericho est un ancien ( ?) alcoolique ayant encore un penchant plus que prononcé vers le prozac et autres joyeusetés du genre.

Ceci est en fait dû à la mort de sa femme et de sa fille, survenue voici quelques années déjà. Ces dernières (on l’apprend tard dans le film) ont été abattues par un gang qui avait précédemment essayé de corrompre Cane, alors flic, dans le but qu’il ne témoigne pas à leur procès. Le héros, absent du domicile lors de la mise à mort de ses proches, s’en veut terriblement et n’a trouvé, pendant quelques temps, que l’alcool comme seul échappatoire.

Crise de foi

Ancien catholique pratiquant, Jericho Cane renie depuis le drame l’existence de Dieu et, plus compréhensible encore, éprouve une haine irréversible le rendant très violent à certains moments. Ce manque de foi fait donc tache quand il se retrouve à de nombreuses reprises confronté aux prêtres désirant sauver le monde en essayant de le convaincre d’agir de concert avec eux. Faisant preuve d’un répartie à toute épreuve, Cane lâche d’ailleurs à un curé : « Entre votre Foi et mon Glock 9mm, je préfère mon Glock », phrase qui prouve tant la détermination du héros que les dialogues limités de l’œuvre.

Son ancienne dévotion lui sert néanmoins assez rapidement dans l’aventure puisque, aux prémices de celle-ci, il parvient à déchiffrer certaines phrases laissées sur les murs d’un appartement, qui ne sont autres que des versets de la Bible. L’ancien alcoolique a d’ailleurs gardé un exemplaire de l’ouvrage chez lui, preuve que son manque de foi ne l’a tout de même pas poussé à détruire toutes les traces de son ancienne vie.

Un ami en or

Si Jericho Cane tient le coup dans la vie de tous les jours, c’est parce qu’il est accompagné de son meilleur ami, Bobby Chicago, un petit homme au physique ne faisant guère ombrage à ses gros bras. Doté d’un verbe pour le moins percutant, le Bobby ne s’en laisse pas compter pour autant et remet le héros à sa place plus qu’à son tour.

Duo explosif dans la vie de tous les jours (voir chapitre suivant, comme dans la Bible), Chicago et Cane se démène pour ramener de juteux contrats tout en assurant ceux-ci au maximum de leurs possibilités. Il sont aussi constamment dans les pieds de la police durant leurs enquêtes mais agissent de manière plus rapide et opportune, bien que parfois plus maladroite.

La complicité des deux hommes étant leur principal atout, les choses vont se compliquer lorsque Satan prend définitivement possession de l’âme de Bobby, retournant celui-ci contre Cane et jouant allègrement sur la confiance qu’il porte en son ami. Cela donne d’ailleurs lieu à une séquence assez drôle où Jericho tire une balle dans le bras de Chicago pour s’assurer que celui-ci est bien un simple mortel et non un suppôt de Satan.

Au Service de Satan

Nous ne parlerons pas ici de l’hilarante bande de Jeff Lieberman sortie en 2004, mais bien de la mission originelle de Jericho Cane et de son comparse lors de l’entame d’End of Days. Le duo doit en effet surveiller un homme qui n’est autre que… Satan.

Ce dernier, ayant pris une apparence humaine pour son retour sur terre, est la cible de ce que l’on croit être un prêtre fou s’amusant à faire le sniper pour tuer notre homme. Jericho, ses gros bras et son ami s’échinent donc à sauver la vie de leur client, dont ils ignorent totalement l’identité réelle.

Cane se retrouve donc embarqué dans une poursuite qui le verra valdinguer en tout sens, accroché par une corde à un hélicoptère chancelant dangereusement au dessus des immeubles. Comme s’il courait après le sniper, le héros voltige au dessus des toits et finit, au bout d’une chute époustouflante (mais comment est-il encore en vie ?), par le coincer. Quel que soit son camp, il est décidément très fort ce héros !

Jericho et son apôtre

Au fil de l’aventure, Jericho Cane se rend compte de la véracité d’une Bible qu’il déteste pourtant depuis quelques années. D’une part les indices le ramènent à chaque fois vers la même personne, Christine York, la jeune femme censée être fécondée par Satan, d’autre part les événements ayant surnaturels ayant trait au bien et au mal se multiplient autour de lui.

Il est pourtant le seul à pouvoir sauver Christine York et le monde entier car il est la seule personne qui sache vraiment ce qui se trame, hormis le bien impuissant et maladroit clergé qui envoie une véritable armée de prêtres au casse-pipe.

Il n’en va guère de même avec Jericho qui, à l’inverse des vrais pratiquants, a une haine profonde en lui, haine qui lui permet de faire preuve d’une violence dépassant tout entendement en temps voulus. C’est ainsi qu’il lutte de toutes parts, tant contre les violentes légions de Dieu que contre Satan et ses acolytes, le Malin éprouvant par ailleurs un Malin plaisir à mettre n’importe quel ère sous sa coupe.

Il en ira d’ailleurs ainsi pour Bobby, le meilleur ami de Jericho, ainsi que pour des anciens collègues policiers que ce dernier n’hésitera pas à abattre le moment venu. Traqué de toute part, toujours accompagné par la malheureuse Christine qui, telle une apôtre, ne quitte plus le seul messie capable de lui sauver la vie, le héros ne tarde pas à mettre à feu et à sang la ville entière, toute personne non-désirée s’approchant subissant ses foudres.

Véritable héros clichéesque, Jericho Cane semble donc surpuissant en plus d’être omniscient, une aubaine pour Peter Hyams qui ne doit donc pas développer son scénario plus que de raison. Malheureusement, cette violence et cette haine poussent Jericho dans ses derniers retranchements, ce qui lui forcera à faire des choix pour le moins difficiles.

Du sur mesures

Lorsque l’on évoque Scharzie auprès du grand public, la plupart des personnes interrogées entrevoient directement des œuvres bardées d’action, d’explosions et de testostérones, ingrédients il est vrai presque indissociables de la filmographie du héros.

A ce titre, End of Days apparaît comme l’une des reprises les plus générique du rôle habituellement dévolu à l’acteur, Jericho Cane étant en tout point la copie conforme du soldat urbain parfait et du patriote américain dont la foi se révèle être encore plus puissante que celle de certains dévots.

Hyams et les producteurs, mesurant pleinement la chance qu’ils avaient de pouvoir compter sur cette véritable égérie de l’action, n’ont dès lors sans doute pas jugé bon de développer le scénario de manière très poussée et se sont simplement basés sur les revenus que pouvait engendrer un acteur aussi bankable dans un rôle tel que celui de Jericho Cane.

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