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31 mai 2010 | Par : Quentin Meignant

L’Homme-Tortue (Dragon Ball, 1989)

Manga Fondateur

Créée au beau milieu des années 80 par Akira Toriyama, qui s’était inspiré librement du roman de Wu Cheng’en, Le Voyage en Occident, la série de manga estampillés Dragon Ball ne tarda pas à connaître un grand succès, national tout d’abord, mondial par la suite, entraînant l’essor du style nippon tout entier.

Publiées par le magazine Shonen Jump dans son pays d’origine, les aventures de Son Goku et de ses acolytes firent leur entrée littéraire en France en 1993, poussées par l’exceptionnel succès de la série animée dérivée qui frappait déjà les petits écrans par l’entremise du légendaire Club Dorothée. Souvent critiquée par les parents et sociologues de l’époque pour qui l’exploitation et le traitement anodin de la violence dont elle faisait preuve, la série animée connut un succès jamais vu jusqu’alors, transformant des millions de têtes blondes (et moins blondes) en fans invétérés.

Avec 200 millions de livres vendus à travers le monde, diverses adaptations au petit écran, nombre de séries dérivées et un potentiel cinématographique assez peu exploité jusque là, Dragon Ball constitue tout simplement l’une des franchises les plus puissantes et les plus vendeuses au monde.

Le manga original, qui compte 42 volumes emplis d’action et d’humour, met en scène Son Goku, un jeune garçon naïf doté d’une queue de singe et d’une force extraordinaire. Il vit seul dans une montagne. Un jour, il rencontre Bulma, une jeune fille de la ville très intelligente. Elle est à la recherche des sept boules de cristal légendaires appelées Dragon Balls. Dispersées partout sur Terre, ces Dragon Balls, une fois réunies, font apparaître Shenron, le Dragon sacré, qui exauce le souhait de celui qui l’a appelé. Amadoué, Son Goku accepte d’aider Bulma à retrouver les boules. Au cours de leur parcours initiatique, ils font de nombreuses rencontres, dont celle de Kamé Sennin, alias Tortue Géniale sous nos latitudes.

C’est ce dernier personnage qui marque indéniablement les esprits lors de la vision de Dragon Ball, le film : La Légende des 7 boules de cristal, œuvre philipino-taïwanaise de Joe Chan et Leung Chun, sortie en 1989 et coincée entre nombre d’animes version longue dédiés aux héros créés par Toriyama. Totalement fauchée, produite avec des bouts de ficelles par Filmswell International Limited, la bande, considérée comme l’une des plus ringardes de tous les temps, n’en demeure pas moins un must pour les amateurs du manga de départ. Fidèle au récit original, malgré les quelques libertés prises au niveau des noms et des intervenants pour des raisons essentiellement budgétaires, Dragon Ball, le film : La Légende des 7 boules de cristal brille par son aspect délirant entretenu à merveille par le traitement apporté au personnage de l’Homme-Tortue, alias Tortue Géniale ou Kamé Sennin dans l’œuvre originale.

Tortue de papier

Kamé Sennin, alias Tortue Géniale (ce nom lui sera seulement donné sous nos latitudes avec l’apparition de la première série animée), est présenté par Akira Toriyama comme un grand maître des arts-martiaux habitant sur un minuscule îlot désert appelé Kamé House. Fort de sa grand expérience, il excelle dans le domaine du combat malgré un gabarit peu imposant d’1m65 pour 44 kg.

Se baladant avec une carapace de tortue sur le dos, comme son nom l’indique bien évidemment, Tortue Géniale sympathise avec Son Goku et Bulma lorsque ceux-ci sauvent in extremis sa tortue Umigame. En récompense, il offre à Goku un nuage magique qui lui permet de se déplacer à toute vitesse. Il écolera par la suite le héros dans les divers épisodes du manga et fera de lui le combattant le plus puissant de l’univers, l’élève se permettant même de dépasser le maître.

Véritable pervers, Tortue Géniale n’a de cesse d’admirer les jeunes filles par le biais de divers magazines érotiques et autres émissions de fitness, ce traduit le manque de pureté de son cœur. Ce manquement fait de lui un homme assez malheureux puisqu’il n’est plus à même de monter sur son nuage magique, ce dernier exigeant des hôtes droits et purs.

Foutu nuage

Si la première partie de Dragon Ball, le film : La Légende des 7 boules de cristal se déroule essentiellement avec l’Homme-Singe (Son Goku), Sitoé (aka Bulma), Westwood (aka Yamcha) et Piggy (aka Oolong) et fait surtout étalage du manque de moyens mais aussi de la bonne humeur de la production, la seconde fait quant à elle la part belle à L’Homme-Tortue (aka Tortue Géniale) véritable bouffée d’air de l’ensemble.

Dès les premiers instants de son apparition à l’écran, l’Homme-Tortue fait preuve d’un caractère pour le moins original, le traitement apporté par Joe Chan et Leung Chun s’avérant être totalement jubilatoire. Très fidèles au matériau d’origine, les deux cinéastes font donc rapidement état des problèmes relationnels entre l’Homme-Tortue et son nuage magique, ce dernier jouant avec les pieds de son maître de fort belle manière.

Disparaissant, narguant ce dernier, le nuage magique, réalisé avec des SFX d’un ringard à peine imaginable, prend un malin plaisir à contrecarrer toute volonté ou toute velléité de départ de son maître. Grossissant le trait d’Akira Toriyama, Joe Chan et Leung Chun gonflent alors les réaction de l’Homme-Tortue au maximum, faisant de ce dernier un terrible bouffon se débattant tant bien que mal entre folie et pulsions.

Bien conscient de son caractère non-pur, l’Homme Tortue essaie tout de même de grimper sur son nuage et de le faire démarrer, l’appelant notamment par des danses plus que ridicules mettant en valeur sa folie. Assez « yé-yé », ces danses s’assimilent en une sorte d’ôde aux mouvements d’un canard à la mode vahiné, les genoux et les coudes de notre héros valsant en tous sens de manière assez désordonnée.

Rencontre houleuse avec L’Homme-Singe

A l’inverse du manga de départ, la rencontre entre l’Homme-Tortue et l’Homme-Singe ne se passe pas sans mal. En effet, alors que dans l’œuvre de Toriyama Tortue Géniale ne veut simplement pas donner sa boule au héros principal, il veut, dans le film de Joe Chan et Leung Chun, combattre ce dernier, manipulé qu’il a été par Westwood (aka Yamcha).

Persuadé que l’Homme-Singe veut le mettre au défi et se croit plus fort que lui, l’Homme-Tortue veut prouver sa force mais… est distrait par la beauté de Sitoé (aka Bulma). Ses pulsions hargneuses disparaissant au profits de fantasmes sexuels, l’Homme-Tortue se calme et propose un test pour savoir qui de Westwood ou de l’Homme-Singe dit la vérité et a le cœur pur. Ce test consiste bien entendu en un apprivoisement du nuage magique moquer de l’Homme-Tortue, épreuve de l’Homme-Singe réussit avec les honneurs, prenant donc propriété définitive dudit nuage.

Amateur de strip-tease

Grand pervers devant l’éternel, l’Homme-Tortue ne perd pas le nord et réclame, en échange de sa boule de cristal, un strip-tease que devra effectuer Sitoé (aka Bulma). Si cette dernière ne s’exécute pas, le « grand sage » gardera son bien et brisera définitivement les rêves de la petite équipée.

Ce que l’homme ignore, c’est que Piggy (aka Oolong) possède le pouvoir de prendre n’importe quelle apparence. C’est donc un homme ressemblant comme deux gouttes d’eau à Sitoé qui se présente devant l’Homme-Tortue, ce dernier n’y voyant que du feu et plongeant langoureusement dans la poitrine de son hôte.

Sans-abri

Ce grand moment de bonheur est hélas gâché par les troupes du Roi Cornu (aka Roi Pilaf dans le manga de départ), le méchant de l’histoire, qui débarquent sur l’île avec la ferme intention de récupérer toutes les boules de cristal. Forts de leur expérience en matière de combat, surarmés et surentraînés, les malfaisants n’ont aucun mal à se procurer celles-ci, nos héros ne pouvant rien contre la force de frappe de l’ennemi.

Réfugié sous sa carapace pour éviter les projectiles destructeurs, l’Homme-Tortue valdingue en tous sens pendant que sa maison et son île toute entière est détruite. Alors que l’on croit le héros disparu pour de bon, ce dernier sort tant bien que mal de la mer après la fin des hostilités et admire un bien triste spectacle : son île vient d’être rayée de la carte.

Lutte sans merci

Bien décidé à se venger du Roi Cornu et de ses troupes et à récupérer au passage les boules de cristal, l’Homme-Tortue se lance à la poursuite des voleurs avec l’Homme-Singe et tous les autres personnages malheureux de l’histoire.

Il ne reste en leur possession que la boule de Piggy, qui, en bon menteur, l’avait habilement cachée jusque là. Prise à la légère par le Roi Cornu, qui ignore qu’un boule est encore en leur propriété, la petite troupe parvient jusqu’au siège maléfique du monstre.

Une lutte sans merci s’engage alors, où, tour à tour, l’Homme-Singe et l’Homme-Tortue démontrent leur énorme puissance. Peu en adéquation avec l’œuvre originale d’Akira Toriyama, le dénouement suit alors son cours de manière prévisible avec un happy end assez sympathique voyant la mort du Roi Cornu et de ses hommes et la résurrection des villageois disparus au combat (ce qui, dans le manga de base, était impossible).

Commentaires

Hello. Clair que DB reste l’icone du manga et de l anime en France. J’ai vu le film y a longtemps de la balle ça me rappelle l’humour des vieux film français lol

11 octobre 2010 | Par anime manga

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