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BACK TO THE FEATURE

13 février 2010 | Par : Quentin Meignant

Hector Cyr (Lake Placid)

Malheureusement dévolu aux séries télévisées depuis presque 10 ans (hormis le piteux Day of the Dead), Steve Miner restera néanmoins cher à bon nombre de fantasticophiles pour ses différents apports au cinéma de genre. Cette véritable histoire d’amour qui lie les fans au cinéaste commence en 1981 par Vendredi 13 : Le Tueur du Vendredi, deuxième volet des méfaits de Jason Vorhees, qui, malgré quelques errements, fit un véritable carton plein dans les salles américaines. Prolongeant son effort concernant l’un des plus célèbres tueurs de l’histoire du cinéma, Miner offrit à peine un an plus tard la plus belle participation à la franchise avec Vendredi 13 : Le tueur du Vendredi 2, meilleur exemple du slasher sanglant, véritable massacre d’adolescent purement jouissif. Par la suite, le réalisateur se mit enfin à son compte et offrit son œuvre majeure, House, comédie horrifique, qui, suite à son succès, fut doté de plusieurs suites bien moins réussies.

Après l’excellent Warlock, quelques participations à des séries et le passable Halloween : 20 ans après, Steve Miner revint à la comédie horrifique avec un sous-genre qu’il n’avait pas encore exploité jusque là, le film d’animaux-tueurs. Il mit donc au monde Lake Placid, film produit pour 27 millions de dollars par Fox 2000, une branche de 20th Century Fox, et basé sur un script de David E. Kelley scénariste spécialisé dans l’écriture de séries télévisées en tous genres. Lake Placid met en scène Kelly Scott, une jeune paléontologue ayant eu des relations plus que privilégiées avec son employeur, est envoyée, contrainte et forcée par ce dernier, dans le Maine où une attaque sauvage vient d’avoir lieu au beau milieu d’un lac. Sur place, elle se rend vite compte que les autochtones ne l’aiment pas, elle, petite citadine, mais surtout que le massacre aurait été commis par… un gigantesque crocodile. Aidée par un shérif borné et par un garde forestier, elle peut compter sur l’arrivée d’une de ses connaissances, Hector Cyr, professeur de mythologie, passionné de sauriens. Le savant délirant ne tarde pas à mettre son grain de sel dans l’aventure.

Arrivée spectaculaire

Alors que l’enquête suit son cours, ou plutôt patauge suite au manque de communication entre l’héroïne et les deux autochtones, peu enclins à croire aux histoires de crocodiles géants, Hector Cyr débarque à bord de son gigantesque hélicoptère, qui se pose à même l’eau sous les yeux étonnés du shérif.

Riche professeur de mythologie à l’Université, Hector Cyr est un véritable passionné de crocodiles, qu’il prend pour de véritables dieux ou, tout au moins, comme des messagers divins. Si l’homme est riche et intelligent, cela ne transparaît ni physique ni au niveau dialectal, le héros se présentant plutôt comme quelqu’un d’à la fois pataud, vulgaire et stressé, ne pensant qu’à assouvir ses envies de croiser le gigantesque saurien.

Sa relation avec les autres personnages s’en ressent dès le début car, si Kelly est habituée à ses répliques cinglantes, le garde forestier Jake West et, surtout, le shérif Hank Keough ont bien du mal à composer avec cet invité inattendu, qui semble, de plus, les prendre de haut.

C’est le casse d’Hector

Alors que Kelley et Miner auraient pu emballer vite fait bien fait un métrage d’animaux-tueurs identique à de nombreuses autres œuvres mettant en scène des crocodiles meurtriers en se basant sur les codes du genre, le scénariste et le réalisateur tentèrent de conférer une importante touche d’humour à l’ensemble.

Dès lors, s’il est certain que le shérif balourd pouvait faire office de pantin maladroit, c’est véritablement Hector Cyr qui instilla à l’œuvre tout le génie comique nécessaire au bon fonctionnement de celle-ci. Doté d’un physique assez rondouillard et d’un visage instantanément sympathique, le personnage brille surtout par des répliques savoureuses disséminées tout au long d’un métrage pourtant assez empli d’action. Profitant de chaque temps mort pour abreuver le spectateur en dialogues hilarants, Hector s’avère en effet être un véritable « roi de la casse » (bien, en tout cas, que le franchouillard Brice du même surnom), faisant preuve d’une répartie à toute épreuve.

A ce titre, il trouve en la personne du shérif Keough le punching-ball idéal, s’en prenant verbalement à lui aussi souvent que possible. Entre une entrée en matière assez désastreuse à son endroit, de multiples répliques tranchantes et le fait qu’il fut deux fois pris dans les pièges d’Hector, le policier souffre en tout cas le martyr durant trois quart de l’œuvre, ce qui vaut quelques courses et bagarres de premier ordre.

Florilège des répliques d’Hector Cyr

Binôme attendrissant

S’il est certain que le shérif Keough en prend pour son grade tout au long de Lake Placid grâce à l’extraordinaire verve verbale d’Hector Cyr et que ce dernier doit plus d’une fois éviter le poing du policier (chose qu’il n’arrive pas toujours à faire), les liens entre les deux personnages demeurent assez ambigus.

En effet, tous les deux éminemment sympathiques aux yeux du public, Steve Miner se devait de les réconcilier, chose que son scénariste a rapidement compris. Aussi, si les répliques cinglantes fusent encore de part et d’autre et que la bêtise de Keough s’en retrouve de nombreuses fois exacerbée, les liens l’unissant à Hector se développent de manière très fine, quelques œillades bien placées et séquences surprenantes (on les retrouve tous les deux partageant une vidéo sur ordinateur quelques secondes après s’être battus) instaurant petit à petit une véritable complicité entre les deux protagonistes. Celle-ci trouve son paroxysme dans un final où le spectateur peut se rendre compte qu’un véritable amitié a germé entre les deux hommes.

Passionné du grand croco

Dès le départ, les choses sont claires : Hector Cyr n’a pas débarqué dans un trou perdu du Maine pour musarder, son but est sans aucun doute de capturer le grand méchant croco après avoir fait joujou avec dans l’eau. Rompu à ce genre d’exercice (il nage au milieu de gigantesque saurien comme on entrerait dans notre baignoire), il a déjà capturé un alligator de 8 mètres en Afrique.

Il se sent donc tout à fait apte à capturer celui qui erre dans Lake Placid. C’était sans doute sans compter que celui-ci était « moins con que les autres », paroles qui peuvent sembler bizarre dans la bouche de quelqu’un qui assimile les sauriens à de véritables dieux, ou, tout au moins, à des messagers divins.

Le Professeur de mythologie avoue par ailleurs qu’ils sont de véritable juges et, dès lors, a désiré, dans une scène véritablement haletante, se faire « juger par lui ». Se retrouvant face à face avec le crocodile, il est sauvé in extremis par la jeune femme policier et décide donc de prendre le taureau par les cornes pour empêcher le saurien de nuire à nouveau tout en le protégeant face à l’arrivée des troupes spéciales, qui n’ont pour but que de le tuer.

Respectueux de l’environnement et, surtout, de ce miracle que constitue la présence d’un crocodile originaire d’Océanie en ces contrées, Hector Cyr met alors au point un plan plutôt foireux qui donnera lieu à un final rythmé et empli de rebondissements, où son aura auprès des sauriens et ses airs d’hommes sûrs de lui seront mis à mal plus d’une fois.

Petit sommité

S’il est certain que les deux stars du casting mis en place par Miner sont Bill Pullman et Bridget Fonda, le nom d’Oliver Platt, interprète d’Hector Cyr, n’est sans doute pas inconnu à grand monde. En effet, après avoir débuté sa carrière dans la comédie romantico-policière de Jonathan Demme, Veuve, mais pas trop…, l’acteur s’illustre une première fois dans le cinéma de genre avec L’expérience interdite, œuvre adulée de nombreux fantasticophiles et nominée aux Oscars.

Ensuite, le comédien alterna le chaud et le froid, participant à l’enfantin Beethoven et d’enchaîner dans nombre de production qui ne trouveront pas vraiment d’écho chez nous, en Europe. Néanmoins connu pour sa bonhomie habituelle conférant une sympathie immédiate à nombre de ses rôles, il participe à de nombreuses comédies aux scripts faciles telles que Dr. Dolittle (juste avant Lake Placid) ou Mafia Parano.

Il participa enfin au fameux Homme Bicentenaire de Chris Columbus avant d’être nominé comme meilleur second rôle de la série Huff aux Golden Globes 2004. Il s’est récemment distingué en tenant l’un des rôles principaux du spectaculaire 2012 de Roland Emmerich. Si la majorité des participations précitées ne furent guère mémorables pour la plupart des spectateurs, celle de Platt dans Lake Placid est sans aucun doute à mettre au rang des réussites, tant l’acteur paraît impliqué et enthousiasmé par le traitement de ce gros nounours d’Hector Cyr.

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