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24 août 2009 | Par : Damien Taymans

Shocker

Très tendance, le remake des œuvres bis d’un certain Wes Craven devient un exercice incontournable pour qui désire lancer sa carrière aux States. Remarqué pour Haute tension, le français Alexandre Aja offre une jouissive relecture de La colline a des yeux avant que le greco-américain Denis Iliadis ne réactualise l’une des péloches les plus irrévérencieuses des seventies avecThe Last house on the Left. Entrée en phase de post-production, la résurrection de Freddy Krueger fait de l’ombre à une autre potentielle, celle du serial killer Horace Pinker qui sévissait dans le film Shocker. Etrange projet d’autant que l’œuvre originelle de Craven n’a connu qu’un intérêt relatif lors de sa sortie.

Alors qu’il est en train de tourner L’emprise des ténèbres, puissant retour aux sources haïtiennes de la mythologie zombiesque, Craven entend parler de The Hidden de Jack Sholder (par ailleurs, réalisateur de la séquelle directe aux Griffes de la nuit), dont le thème est la lutte contre un alien qui prend possession d’êtres humains et qui est capable de se transférer de corps en corps. Le synopsis réactive dans l’esprit de Craven le souvenir de Dream Stalker, un projet avorté de série télévisée, initialement prévu pour le compte de la Fox. Jugé trop violent et trop noir par la major, le concept de la série mariait pourtant à merveille les genres thriller et fantastique. Sorte de Millenium avant-gardiste, Dream Stalker s’appuie sur un jeune héros qui possède des dons de médium et établit un lien télépathique avec le tueur, capable de prendre possession du corps de ses victimes et de contrôler leur champ électro-magnétique. Ce fil rouge deviendra celui de son film suivant, Shocker.

Wes Craven reprend donc les idées essentielles de son projet tombé aux oubliettes et les injecte dans un script qu’il intitule No More M. Nice Guy. Le scénario décrit les crimes atroces d’Horace Pinker, un tueur en série surnommé « le tueur des familles » qui use de sa uniforme de réparateur télé pour amadouer ses futures victimes et sévir en toute impunité (notons qu’un épisode d’X-files reprendra quasiment à la lettre la ligne de conduite de Shocker). Alors qu’il s’apprête à décimer une nouvelle maisonnée, Pinker est dérangé par Jonathan Parker, le rejeton de la maison, qui atterrit sur les lieux durant son rêve. A son réveil, Jonathan décrit l’assassin à la police qui ne tarde pas à l’appréhender et à l’envoyer sur la chaise électrique. Mais, Pinker, grâce à un cérémonial vaudou, parvient à se dématérialiser et à intégrer le flux électrique.

Déçu de son éviction de la franchise des Freddy, Craven s’allie avec Universal et espère faire naître avec son film une nouvelle saga sur laquelle il garderait l’emprise totale. A première vue, le projet ne peut qu’aboutir tant les deux croque-mitaines possèdent de nombreux points communs. Pinker et Krueger assassinent pour le plaisir, cultivent la plaisanterie poilante d’avant massacre (bien que les jeux de mots lourdingues de Pinker renvoient à ceux du Mr Freeze de Batman et Robin) et utilisent un medium insaisissable pour hanter leurs victimes : les rêves pour Krueger, l’électricité pour Pinker.

Mais, contrairement aux attentes de Craven, Shocker ne récolte qu’un succès modeste lors de sa sortie, insuffisant pour entraîner une suite. Horace Pinker, serial killer cruel et insensible, se montre nettement moins charismatique que son homologue au visage brûlé : le nouveau croque-mitaine, campé par Mitch Pileggi, manque cruellement d’ingéniosité lors de ses exécutions et, comble de tout, ponctue chacune de ses apparitions de réflexions pataudes qui désamorcent d’emblée toute crédibilité quant à ses pouvoirs maléfiques. De surcroît, le métrage, produit par Alive films, un studio de production qui gère également une succursale musicale, voit sa bande-son polluée par une tonne de chansons hard-rock qui se marient assez mal avec certaines séquences de l’œuvre et achèvent de donner à l’ensemble cet aspect bancal.

Nostalgique, Craven reviendra à peu près à ce concept avec le téléfilm Night Visions qui met en scène une fille dotée de pouvoirs parapsychiques qui contribue à résoudre une affaire criminelle délicate sur un serial killer insaisissable. Le ton est donc toujours au thriller psychique et, pour l’heure, le cinéaste retrouve Mitch Pileggi et l’affuble cette fois d’un costume de policier. La boucle est bouclée...

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