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29 mai 2009 | Par : Damien Taymans

Chérie, j’ai rétréci les gosses

Brian Yuzna est hanté par une image, celle d’un enfant utilisant un insecte comme véhicule. Il fait part de cette vision à Stuart Gordon, son ami, dont il a produit le premier métrage, Re-Animator. Les deux hommes extrapolent autour de cette idée et créent bientôt une histoire abracadabrantesque dans laquelle des mioches sont réduits à l’état de moucherons et doivent survivre dans un univers hostile et paradoxalement familier. Finalement, éreinté par le tournage de Robot Jox sur lequel il a été surmené, Gordon cède sa place à Joe Johnston, ex-directeur artistique chez Industrial Light and Magic qui a œuvré sur les effets spéciaux de Star wars et d’Indiana Jones.

Pour son premier film en tant que metteur en scène, Johnston hérite d’une œuvre qui lui permet de persévérer dans un domaine qu’il connaît bien, l’essentiel de Chérie j’ai rétréci les gosses tournant autour de scènes visuellement spectaculaires et requérant un véritable savoir-faire dans le domaine des effets visuels. A l’origine intitulé Teenie Weenies, titre rejeté en raison de ses connotations trop enfantines, le métrage conte les mésaventures d’une poignée d’enfants malencontreusement rétrécis par une machine que Wayne Slazinski, le père de deux des enfants, s’échine à mettre au point depuis quelques mois. Réduits à une taille de 6 millimètres, les héros sont d’abord balayés par Slazinski avant d’être jetés dans un sac poubelle, conduit à l’entrée du jardin. Dès lors, afin de récupérer leur taille normale, les jeunes doivent vivre mille et un périples dans une jungle inconnue et hostile qui n’est autre que … leur jardin.

Œuvre d’aventure familiale, Chérie j’ai rétréci les gosses (Honey I shrunk the kids, en version originale) reprend le thème de la miniaturisation né dans le septième art en 1935 dans la séquelle de James Whale, La Fiancée de Frankenstein qui donne à voir des personnes miniaturisées gardées captives dans des bocaux par le machiavélique docteur Pretorius. De nombreuses œuvres viendront ensuite compléter le panorama de ce sous-genre pour le moins insolite qui fait naître l’horreur – ou l’amusement, c’est selon – de l’infiniment petit confronté à l’infiniment grand (la filmographie de Jack Arnold comprend les deux puisqu’après avoir mis en scène une tarentule gigantesque dans Tarantula, le cinéaste propose sa vision du fardeau de la petitesse à travers L’homme qui rétrécit). Le métrage de Jack Arnold offre d’ailleurs un point de comparaison intéressant avec le film de Johnston puisque les deux œuvres fonctionnent sur un canevas commun : rétrécissement fortuit et confrontation avec un univers censément connu qui se révèle rapidement dangereux du fait de leur taille lilliputienne. La pelouse des Slazinski se transforme en un terrain hostile, peuplé d’êtres inquiétants et emplis d’une foule de dangers considérables, du moins pour des individus haut comme un pépin de pomme : le moindre brin d’herbe ressemble à un baobab, les gouttelettes de l’arrosage automatique prennent l’allure d’un tsunami, chaque insecte possède une taille gargantuesque et une moitié de biscuit au chocolat devient un festin de roi.

Débordant d’inventivité, le métrage compile des séquences tantôt spectaculaires et effrayantes, tantôt cocasses et délirantes qui requièrent une véritable minutie et une hétérogénéité au niveau des effets spéciaux. Création de décors surdimensionnés (le bol de céréales devenu piscine remplie de lait synthétique), animation en stop-motion, incrustations sur fond bleu : autant de procédés techniques qui attestent de l’importance du défi à relever et des multiples possibilités offertes par le contexte choisi (en l’occurrence, le troisième tome de la franchise, intitulé Chérie, je nous ai rétrécis, délaissera le jardin pour explorer plutôt l’intérieur de la maison de Slazinski).

En outre, la saga aborde le thème inverse, à savoir le gigantisme, dans son deuxième volet Chérie, j’ai agrandi le bébé dans lequel l’inventeur-fou manipule inconsciemment une nouvelle machine destinée à agrandir de manière exponentielle les objets avec laquelle il provoque accidentellement l’agrandissement progressif de son enfant de deux ans. De 1997 à 2000, une série télévisée dotée d’un titre similaire utilisera à nouveau la famille des Slazinski (Wayne est interprété par Peter Scolari en lieu et place du délirant Rick Moranis) pour une soixante d’épisodes répartis en trois saisons. Rétrécissements et agrandissement seront pour l’occasion réduits à peau de chagrin par d’autres thématiques tout aussi farfelues tournant invariablement autour des inventions échevelées du savant-fou.

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