Critique de film

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Alléluia

"Alléluia"
affiche du film

Michel, un quadra un peu paumé mais diablement séduisant, assure sa subsistance en mettant la main sur les économies de femmes qui tombent sous son charme. Lorsque sa route croise celle de Gloria, c’est le choc. La flamboyante Ibère, qui a perdu ses marques au fil d’une existence triste, tombe amoureuse de ce beau passant qu’elle ne va plus lâcher. Commence alors une incroyable odyssée sanglante où les deux amants qui se présentent comme une fratrie vont s’enfoncer dans la folie furieuse…

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Trailer - Alléluia (2014)
Par : Samuel Tubez

Les critiques à propos de ce film

Critique de Alléluia
Par : Seb Lecocq

Quand on aime d’un Amour véritable, on est prêt à tout pardonner, à tout accepter. Tel pourrait être le message final, la morale du nouveau film de Fabrice Du Welz. Tout comme Michel a déçu Gloria, Fabrice Du Welz nous avait déçu avec Colt 45. Gloria a pardonné Michel et, au vu de cette dernière oeuvre dantesque, nous pardonnons totalement le metteur en scène belge. Nous l’absolvons de tous ses péchés. Alléluia est un film en état de Grâce. Calvaire était la profession de foi d’un cinéaste, celui-ci est sa Confirmation.

Comme dans Calvaire et Vinyan, Alléluia est encore une fois un grand film d’amour. Un amour fou, vrai, destructeur, perdu. Celui de Gloria pour Michel et de Michel pour Gloria. Un couple fusionnel et assassin prêt à braver tous les interdits par amour, par passion, par jalousie et par colère aussi. Michel rencontre Gloria par le biais d’un site internet. Il lui fait l’amour, lui soutire de l’argent, lui laisse un faux numéro et s’enfuit. Mais Gloria est incapable de l’oublier, elle va le retrouver, ils vont s’associer et tuer des femmes séduites par Michel. Le film s’inspire librement de l’histoire de Raymond Fernandez et Martha Beck, un couple de tueurs en série accusé d’une vingtaine de meurtres et Du Welz en tire un diamant noir découpé en quatre facettes. Quatre chapitres nommés d’après les prénoms des proies du couple.
Dès le premier plan, en apparence anodin, on est happé dans l’histoire grâce à un esthétisme intemporel, une force du cadre augmentée par le grain de l’image 16mm. Une femme marche et, déjà, on ressent le malaise qui suinte de l’écran. Tout l’univers du cinéaste est là, en un plan. Alléluia est un nouveau jalon, logique, cohérent, dans la filmographie du belge. On y retrouve toutes les thématiques qui lui sont chères, son sens de l’image, son jusqu’au-boutisme, ses ruptures de ton vertigineuses mais surtout, son film respire, transpire le cinéma. Mais un cinéma différent, transgressif, laid, malpoli, malpropre, un cinéma qui ne respecte rien ni personne. Un cinéma de gueule, de corps, de chair et d’os. C’est cette corporalité qui le rend tellement beau. Quand on est amoureux, c’est merveilleux était le titre du court métrage de Du Welz qui parvient, encore une fois, à nous faire tomber amoureux d’un film turbulent, agressif, rugueux mais d’une grande beauté, d’un charme ravageur, à l’image de son héros, Michel, un homme quelconque qui grâce à quelques incantations magique parvient à séduire.
Alléluia est avant tout un choc esthétique. L’objet est difficile à appréhender et les images font mal. Pour la première fois, Benoît Debie ne signe pas la lumière, c’est Manu Dacosse qui s’en charge et qui parvient à faire oublier son illustre prédécesseur. Il s’est parfaitement fondu dans l’univers du metteur en scène tout en y apportant sa touche. Alléluia joue de ruptures de ton insensées, passant de la comédie grassement loufoque à l’horreur la plus pure avec une facilité déconcertante. On rit et la seconde suivante on est glacé d’effroi. Il évite aussi l’écueil du sordide grâce à la justesse de l’interprétation et des rapports entre ses deux personnages principaux. Le duo composé de Laurent Lucas et Lola Dueñas porte cette histoire sur leurs épaules et puisent au plus profond d’eux-mêmes pour donner corps à ces magnifiques personnages.

Alléluia est une comédie noire violente, folle, déglinguée, au vitriol, malsaine, mais Alléluia est aussi un film d’amour brutal, intense, déraisonné, passionné, entier, sensitif et aussi un vrai film d’horreur social, sanglant, viscéral, glaçant et amoral. Alléluia est film libre, jusqu’au boutiste, puissant et à nul autre pareil. Un film dérangé et dérangeant. Un film qui marque le spectateur au fer rouge. Sans aucun doute, le plus grand film d’amour de l’année. Disons-le, Alléluia est un chef d’œuvre.


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