Scream queen

Alix Bénézech

2 juillet 2009 | Par : Gore Sliclez

Attention, moment émotion ! Alix Bénézech, autre maître atout du sieur Thierry Paya pour son film "Ouvert 24/7", possède un entrain et une beauté pétillante qui ne laissent pas indiférent, à commencer par le réal lui-même qui lui offre pour l’occasion un rôle en or.

Véritable comédienne touche-à-tout, elle fourbit ses armes sur les planches de théâtre mais aussi sur les plateaux de télé ou encore les lieux de tournage quand ce n’est pas sur les parquets de l’école de danse qu’elle pratique par passion avant tout. Néanmoins, diplômée en Lettres Modernes, la belle Strasbourgeoise ne cultive pas cette image polissée qu’elle pourrait dégager au premier coup d’œil, mieux elle brise l’a priori dès que l’occasion se présente comme par défi et pour mieux prouver qu’elle est autre chose qu’une jolie tête bien pleine.

Rencontre découverte donc avec cette jeune comédienne aux yeux couleur de miel !! Et vive l’Alsace moi je dis...

- De quelle origine est votre nom de famille ? Bretonne ?

Et non ! C’est amusant à quel point ce nom suscite les curiosités sur son origine. J’ai entendu : bretonne (le plus souvent), mais aussi juive, arabe, russe. En fait c’est un nom du sud de la France, du Languedoc. On dit Bénézech (en prononçant che) ou Bénézé (ce nom est parfois écrit Bénézet), mais surtout pas Bénézek. Cela veut dire ’béni’, ça vient de Benoit ; on le trouve en Italie sous la forme ’Benedetti’. Le pont d’Avigon s’appelle à l’origine le pont Bénézet.

- Quel est votre parcours cinéma ?

J’étais encore étudiante en Lettres Modernes quand j’ai eu mes premières expériences de cinéma, d’abord dans des courts métrages à Strasbourg. C’est avec la websérie Parisk (qui est encore sur internet sur www.parisk.fr ; une suite est prévue dans les mois qui viennent) que tout a vraiment commencé. J’ai enchaîné les rôles dans des courts et moyens métrage, puis dans d’autres webséries (comme LN La Liste Noire qui commence à faire le buzz sur internet : www.ln-theseries.com) et des longs métrages. J’ai récemment joué avec Juliette, Jean-Pierre Martins et Simon Buret dans ’Le Rescapé de l’Hippocampe’ de Julien Lecat, un film sélectionné au Festival de Cannes 2009. Grâce à cela, je fais désormais partie des actrices référencées sur l’IMDb. Je suis consciente d’avoir eu beaucoup de chance car les projets auxquels j’ai participé ont eu une belle visibilité : ’Eva veut bien’ de Philippe Lubac est diffusé sur France 2, ’Comment amour vient aux femmes’ sur Arte et ’Le Rescapé de l’Hippocampe’ sur Canal+. Tous ces films ont participé à des festivals. Reste à ’Ouvert 24/7’ d’avoir le succès qu’il mérite car c’est un très beau projet.

- Vous cumulez énormément d’activités (théâtre, danse, télévision, enseignante, animatrice etc.), comment faites-vous pour toucher à autant de disciplines différentes ? Une boulimique du travail ?

Si on veut, mais je vous rassure, je ne fais pas tout en même temps ! J’ai commencé par le théâtre étant enfant, c’est une passion qui m’est venue toute seule, dans le sens où mes parents m’ont inscité à faire de la danse, du dessin, de la musique, du sport, etc, mais pas de théâtre. J’ai vu une pièce de théâtre à la télévision et j’ai dit à mon père : ’qu’est-ce que c’est que cet univers fantastique ? c’est ça que je veux faire !’ C’était le Malade Imaginaire, j’avais 7 ans. Je lui ai emprunté la pièce et j’ai voulu la monter avec mes camarades de classe. Je jouais Argan, j’avais demandé à la plus jolie fille de la classe d’interpréter Angélique.On a répété des semaines pour une ultime représentation en classe verte.Ce fut plutôt une vaste improvisation !

Ensuite j’ai continué en clubs, ateliers, en classe théâtre avec le Théâtre National de Strasbourg, puis en cours privés à Strasbourg et Paris. Mais avant de prendre conscience que je pouvais faire de ma passion un métier, j’ai poursuivi des études en classe préparatoire jusqu’à la maîtrise de Lettres. Pour moi, le métier de comédienne ne se résume pas à une seule et unique discipline. Toutes les expériences sont bonnes pour se former et évoluer au mieux. C’est un métier de curiosité, d’ouverture, mais aussi de travail, de technique et tout cela ne s’acquière qu’avec l’expérience du jeu, pas forcément en cours..

Et c’est vrai qu’il est important d’être éclectique pour interpréter des rôles qui sont parfois très loin de ce que l’on est réellement. Je suis quelqu’un d’instinctif et je saisis les opportunités comme elles viennent sans calculer si c’est bien ou non pour une éventuelle carrière. Il faut se faire confiance et jusque là les choses se présentent bien ! J’aime ce métier pour le jeu, mais aussi pour les rencontres enrichissantes qu’il permet.

- Thierry Paya vous a-t-il dit pourquoi il avait pensé à vous pour « Ouvert 24/7 » ?

Oui, je crois que c’est une photo en particulier qui lui a fait pensé à l’univers de Thelma et Louise. C’est une photo en noir et blanc assez rock and roll. On s’est parlé plusieurs fois au téléphone, j’ai parlé également à Colin Vettier, le scénariste. On s’est tout de suite entendu, et quand il m’a envoyé le scénario, j’ai dit oui sans hésiter. J’aime beaucoup son univers, la passion qu’il met dans ce qu’il entreprend et sa capacité à réunir des personnes qui forment une une joyeuse famille !

Je suis une fan de film d’horreur et de film de genre. J’ai toujours rêvé de jouer dans un de ces films. Ce qui m’a le plus touché de la part de Thierry, c’est qu’il m’a dit regretter de ne pas m’avoir rencontré plus tôt pour me proposer un rôle plus important. Pour moi, ce rôle est parfait et je me réjouis de retravailler avec lui. J’adorerai jouer dans des scènes d’épouvante ou gore !

- Quelles sont vos impressions après quelques semaines de tournage ?

Très bonnes déjà ! L’ambiance du tournage était excellente, je me suis sentie orpheline en partant.. J’ai eu la chance de voir quelques rush avec toute l’équipe et j’ai déjà pu apprécier le regard du réalisateur. Je lui fais une entièrement confiance sur le résultat.

- Dans un des segments de “Ouvert 24/7” vous roulez aux côtés d’Emilie Brunner dans une superbe Cadillac Eldorado 1976 rouge, façon Thelma et Louise. Sans vouloir spoiler le segment vous pouvez nous parler un peu de l’histoire et votre rôle ?

Oui biensûr, même s’il faut garder le suspense ! Emilie et moi faisons partie du fil conducteur de l’histoire. C’est un clin d’oeil au fameux film Thelma et Louise, mais c’est aussi une touche glamour et une référence à tous les grands films de genre. L’originalité naît du décalage entre la photo éclatante, façon cliché américain, et l’étrangeté des personnages et du lieu dans lequel ils évoluent. C’est ce qui m’a plu, cela me fait penser à l’ambiance des films de Tarantino ou des frères Cohen. Tout est affreusement beau ! Et l’histoire est atroce. Cela crée un décalage comique et rend l’histoire assez puissante.

- Vous êtes plutôt Thelma ou plutôt Louise ?

Je suis Thelma dans le film. Mais je pense que les deux personnages sont interchangeables. Il y a du Thelma en Louise et du Louise en Thelma. En apparence Thelma est l’incarnation de la douceur féminine et Louise mène la barque, enfin la Cadillac ! Mais leur complicité les rend toutes deux suspectes..

- Comment était votre collaboration avec Emillie ?

Un coup de foudre ! On s’est entendu immédiatement, à tel point que l’un des acteurs pensait que l’on se connaissait depuis des années ! On a beaucoup échangé, ce qui nous a permis d’obtenir immédiatement la complicité nécessaire à nos scènes. Je suis ravie de connaître Emilie, et nous gardons contact.

- Et avec le réal Thierry Paya ?

Ca va sembler idyllique, mais une entente parfaite ! Je crois que ce tournage va rester longtemps comme un de mes meilleurs souvenirs de cinéma, sous le soleil de Thionville.

J’aime beaucoup le travail de Thierry, son calme olympien avec toute l’équipe, sa façon d’aborder chaque plan très professionnellent. Il n’y a eu aucune perte de temps, tout était efficace et les horaires très cool. Pour avoir participé maintemant à une bonne vingtaine de tournages, je peux dire que c’est exeptionnel à tous les sens du terme ! Je dis : chapeau l’artiste ! Et merci surtout...

- Comment fait-il donc pour dénicher des actrices aussi jolies que talentueuses selon vous ? Son charme (rire) ?

Ahahah ça c’est gentil ! Oui son charme, mais aussi parce qu’il comprend les femmes et les actrices ! Ce qui n’est vraiment pas facile !

- Vous avez une maîtrise de Lettres Modernes, vous faites du théâtre, de la danse classique...on a du mal à vous imaginer dans un film de genre non ?

Et pourtant ! C’est drôle j’ai une image en apparence assez lisse, de petite fille modèle et j’aime cultiver cela pour jouer des personnages à contre emploi ! Non je suis quelqu’un d’assez provoquant quand on me connait un peu. J’aime les films de genre, les films de David Lynch, de Lars Von Triers. Et les Lettres, la danse classique sont aussi des mondes dyonisiaques, pas seulement apollinien pour reprendre des métaphore de Nietzche. J’ai fait ma maîtrise sur Marcel Proust : je vous assure que La Recherche est un livre puissant, provoquant, on pourrait en faire un film de genre et je serai ravie d’y jouer Albertine, me personnage le plus ambiguë de la Littérature !

- Avec “Ouvert 24/7”, avez-vous pris goût au cinéma de genre (horreur) avec les courts ou est-ce une sympathique parenthèse sans plus ? Aimiez-vous le cinéma d’horreur avant cette aventure ?

Oui je suis fan, et je souhaite renouveler cette expérience !

- Ca fait quoi d’être dans la peau de Marilyn Monroe pour une pièce de théâtre ?

C’est passionant. J’ai découvert la vie et l’histoire de cette actrice, au delà des clichés, il ya quelques années, et j’ai eu la chance de passer un casting pour le rôle dans un long métrage. Finalement, faute de production, le film est devenu une pièce.

Marilyn est l’incarnation de la femme mais aussi l’incarnation de l’actrice dans ce qu’elle a de plus beau et de plus effrayant. C’est un personnage multiple et complexe. Almodovar pourrait réaliser ce film à merveille !

- Quelle carrière d’actrice vous inspire ?

Celle de Marilyn biensûr car elle s’est construite toute seule avec toutes les difficultés, humiliations etc que cela comporte. Mais elle a été piégée par sa réussite, ce qui rend son histoire assez tragique. Audey Hepburn est tout aussi fascinante parce qu’elle a ce côté lisse, lumineux et que sa réussite n’a pas été synonyme de drame, ce qui est rare dans les carrière d’actrice ! J’aime beaucoup également Romy Schneider.

Aujourd’hui, j’admire le travail de Penelope Cruz, Scarlet Johansson, Julian Moore, Kate Winslet. Mais se sont aussi les acteurs qui m’inspirent. Nous les actrices sommes souvent tributaire d’un physique, d’une image qui malgré tout doit rester assez agréable. Cela peut parfois limiter le jeu, la profondeur des états. J’aime plus que tout le travail de Leonardo Di Caprio, Sean Penn. Je pourrais en citer beaucoup d’autres et j’en oublie c’est sûr.

- Et maintenant, quels sont vos projets ?

Je travaille en ce moment sur une pièce que l’on va jouer au Festival de Théâtre de Paris à la Comédia tout le mois d’août : ’Un Ange Passe’, c’est une comédie très percutante où j’interprète un rôle ambiguë et surprenant comme je les aime ! Je travaille également ma voix pour un spectacle de cabaret Les Trente Glorieuses. Et pour la pièce sur Marilyn. Enfin je joue dans un programme court pour la télévision (’SOS Les Anges) et j’ai plusieurs tournages prévu à la rentrée

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