ALICE AU PAYS DES MERVEILLES de Lewis Carroll

23 juin 2011 | Par : Damien Taymans |

Titre Alice au pays des merveilles

Titre original Alice’s Adventures in Wonderland

Auteur Lewis Carroll

Année 1865

Genre Conte merveilleux, Absurde

Editeur J’ai Lu

Année d’édition 1999

Note 6/10

Résumé

La jeune Alice s’ennuie pendant que sa soeur lit. Un lapin blanc pressé vient à passer : sans réfléchir, Alice le suit dans son terrier. La voici au pays des merveilles, où elle change de taille en mangeant un part de tarte, rencontre le chat du Cheshire, qui apparaît et disparaît à volonté, ne laissant derrière lui que son énigmatique sourire. Elle rencontre le lièvre de Mars avec qui elle prend le thé, puis participe à la partie de croquet de la Reine de Coeur... Quand les choses tournent mal et qu’Alice se fait attaquer par les cartes de jeu, elle se réveille auprès de sa soeur.

En 1862, alors qu’il se balade en barque sur l’Isis qui coule à Oxford, le révérend Dodgson conte à trois jeunes filles qui l’accompagnent une histoire qu’il vient à peine d’inventer. Parmi ces fillettes, l’une d’elles porte le prénom d’Alice dont le révérend coiffera son héroïne par la suite, le conservant dans la version finale d’Alice’s Adventures in Wonderland publié dès 1865.

Le Pays des merveilles dans lequel tombe la trop curieuse Alice fonctionne comme un miroir déformant de l’Angleterre de Lewis Carroll. Royaume cauchemardesque dominé par la Reine de Coeur, monarque écervelée et cruelle qui se trouve à la tête d’une kyrielle de sujets, tous plus toqués les uns que les autres, le Pays des merveilles est une reproduction surréaliste du monde réel auquel appartient Alice. De prime abord insouciante et plutôt naïve, la jeune fille tente d’échapper à la folie en tentant de rationaliser cet univers merveilleux. Hermétique aux chants et poésies absurdes que lui serinent des personnages tordus, réfractaire aux nombreux illogismes qui inondent leurs propos et gestes, Alice constitue le dernier rempart de la cohérence et de la logique, mises à mal par la crise identitaire qui la secoue continuellement (une crise physique due à ses nombreux changements de taille et une crise intellectuelle qui lui incombe sitôt qu’elle tente de raisonner ses interlocuteurs et dérape sur des leçons apprises par coeur qu’elle ne maîtrise plus).

S’amusant à détourner les mots de leur sens premier, à se gausser dans les néologismes lourdauds, à tourner en dérision chacune de ses situations en vue de critiquer subrepticement la société victorienne, Lewis Carroll rédige un récit aussi non-sensique que l’humour dont il use et abuse. Plutôt intéressante de prime abord, l’écriture s’avère rapidement assez pataude tant l’auteur s’ingénie à cultiver l’absurde, que ce soit dans la narration syncopée, chaotique que dans ses dialogues incongrus.

La plupart des adaptations cinématographiques du roman mêlent d’ailleurs à l’histoire d’Alice au pays des merveilles de nombreux éléments de sa suite, De l’autre côté du miroir. Preuve que cet opus seul reste une symphonie cinglée inachevée qu’il convient de compléter par le deuxième volet du diptyque.

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