Critique de film

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A l'intérieur

"A l'intérieur"
affiche du film

Depuis la mort tragique de son mari dans un accident de voiture, Sarah est seule et malgré une mère omniprésente, c'est seule qu'elle passera son réveillon de Noël. Seule et enceinte. Cette nuit est la dernière que la jeune femme passera chez elle. Le lendemain matin, celle-ci doit entrer à l'hôpital pour accoucher. Dans sa maison, tout est calme. Jusqu'au moment où quelqu'un vient frapper à sa porte. Derrière, une femme prête à tout pour arracher l'enfant qu'elle porte en elle...

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Trailer - A l’intérieur (2007)
Par : Damien Taymans

Les critiques à propos de ce film

Critique de A l’intérieur - Accouchement sans péridurale...
Par : Seb Lecocq
Tags : Survival, Gore

A l’Intérieur ou comment un journaliste de Mad Movies dynamite le cinéma de genre français. Jusqu’ici dans le paysage cinématographique horrifique français, il y avait Haute Tension, maintenant il y aura A l’Intérieur. Les deux jeunes réalisateurs que sont Alexandre Bustillo et Julien Maury ont réussi là un gros coup en signant, en France, un film d’horreur gore, brutal et hyper premier degré. Leur film parvient à mixer avec bonheur deux des grandes écoles de l’horreur : gore crasseux et tension. Le film commence lentement, par des scènes d’exposition bien amenées, permettant de mieux connaître le personnage principal, une jeune femme enceinte traumatisée par la mort de son mari dans un accident de la route. Impact de l’accident très bien rendu d’ailleurs grâce à un procédé astucieux et assez original. Le film est d’ores et déjà sur les bons rails.

Ensuite le quart d’heure suivant installe une ambiance étrange, pesante et presque malsaine même : on sent que quelque chose se trame, une présence néfaste rôde à l’extérieur.... Une fois cette introduction passée, surviennent les premiers signes de violence et là, le ton est donné. Ca va gicler grave et Alysson Paradis va morfler sévère. Et effectivement le sang va éclabousser jusqu’à la fin du film, accompagné de vrai gore qui tache très frontal absolument pas sabordé par un montage ultra cut (pas à la Saw III quoi !). Mais, et j’insiste sur ce « mais », ce n’est pas pour cette raison que le film verse dans le grand guignol. C’est gore oui mais ça reste tendu et sérieux tout au long. Les deux réalisateurs n’ont pas une approche du gore à la Peter Jackson qui fait du gore rigolard, eux ont plutôt privilégié un gore "giallesque et latin" imitant un cinéma rital qui évolue toujours sur le fil du rasoir… A l’Interieur est aussi un film permettant de bien cerner le mal profond qu’ont fait les films "d’horreurs grand public" initié par les Scream et autre néo-slashers. Le public lambda ne voit plus l’horreur que comme un genre mineur et rigolo, la violence démonstrative ne fait plus peur et c’est bien dommage. Mais le film du duo français est là pour remettre les pendules à l’heure et démontrer que oui la violence fait mal et le gore peut faire peur. Après, il ne faut pas oublier qu’À l’Intérieur n’est qu’un premier film et que, en tant que tel, il n’est pas parfait et paraît même bourré de menus défauts. La narration est parfois un peu disloquée et passe du coq à l’âne sans qu’on sache toujours pourquoi, le film est parfois un peu perdu au milieu de toutes ses bonnes intentions et ne sait pas toujours sur quel pied danser lors de certains passages tant les deux gaillards ont voulu mettre plein de choses à l’intérieur (c’est le cas de le dire - ndlr). Mais pas de panique cela n’entrave en rien le plaisir pris lors de la vision du film. Le gros point noir du film est ailleurs, dans la bande son qui est par moment vraiment insupportable : au bout d’une demi-heure, on a la tête comme un seau... Un bien maigre bémol pour un film bourré jusqu’à la gueule de qualités indéniables.

Les bons points venons-y justement. Les deux comédiennes sont impeccables, Alysson Paradis en tête, qui se tire à merveille d’un rôle pas facile à aborder sur papier mais son interprétation sur le fil en fait une amazone urbaine plus qu’une nouvelle scream queen de plus. Excellente prestation de la petite soeur de Vanessa. La mise en scène est bonne, utilise à fond la topographie des lieux et gère correctement l’entrée des différents personnages. L’ensemble est trés noir et possède un indéniable lyrisme "latin" comme le démontrera la scène de fin qui est juste magnifique de poésie macabre. A l’Intérieur est une œuvre vraiment très violente tout en parvenant à rester hyper tendue, même si quelques scènes tendent un peu trop vers le bis, surtout une en fait. Le film est bien sur-référencé mais pas sans tomber dans l’excès (Argento, Fulci, Carpenter et Romero répondent présents) et parvient à instaurer sa propre identité tout au long de l’oeuvre. Tout n’est pas parfait et l’ensemble est perfectible sur beaucoup de points, mais tellement bourré de bonnes intentions de la part de deux auteurs qui, pour une fois, n’ont pas menti sur leur approche frontale du gore.

A l’Intérieur constitue une véritable réussite horrifique digne des meilleurs vidéoclubs. Le film n’a peut-être pas marché outre mesure en salles mais son avenir dans les rayons dvd semble radieux. Pas aussi définitif qu’un La Colline a des Yeux ou The Devil’s Rejects en somme mais bien plus fréquentable que Hostel ou Wolf Creek.


Critique de A l’intérieur - Ma révolution porte ton nom...
Par : Damien Taymans

Depuis le terrible Haute tension d’Alexandre Aja, le cinéma horrifique français a quelque peu repris espoir sans pour autant tomber dans la révolution profonde. Une réalisation qui rappelait que le cinéma français n’était pas mort dans le domaine, même s’il faut bien souvent émigrer aux States pour trouver des projets plus ambitieux (ce fut le cas pour Aja ainsi que pour Moreau et Palud notamment). Un peu avant que le Frontières de Xavier Gens ne pointe le bout de son nez, le tandem Maury-Bustillo s’est attelé à rehausser le niveau du film gore en France par le biais de cet A l’intérieur.

Le film a soulevé les foules en France grâce à des critiques élogieuses venant du magazine Mad movies, fréquemment taxés d’être influencés par leurs amitiés sincères avec le couple de réalisateurs. D’autres voix se sont fait entendre, stigmatisant l’œuvre, lui reprochant un manque de tact évident et des effets trop sanguinolents, allant même du côté des Inrockuptibles à en signaler qu’il n’y a « rien à sauver dans ce huis clos gore à la française ». Dès lors, que faut-il croire ? L’enthousiasme débordant des mécènes du Mad ou les critiques peu élogieuses des autres ? Sans se laisser une seule seconde influencer par l’un ou par l’autre (bien que les amis, suis beaucoup plus Mad, moi !), nous avons choisi de nous faire notre propre opinion, éloignée des considérations patriotiques mais davantage proche de l’amour du genre en général.

Et, dénué de tout a-priori, je peux vous l’avouer : A l’intérieur est un boulet de canon lancé à pleine vitesse dans le panorama cinématographique français. Rendue dans une ambiance extrêmement tendue qui reste sur le fil du rasoir d’un bout à l’autre du métrage, cette histoire qui ne casse pas deux pattes à un canard gagne en atmosphère ce qu’elle perd en originalité profonde. Alors que la majorité des films du genre proposent une tension virulente dès les premières minutes du film pour replacer le tout en contexte par après pour revenir graduellement vers cette même tension (mais on a eu le temps de s’emmerder entre les deux temps), Bustillo et Maury nous balancent à la gueule une atmosphère poisseuse dès l’entrée, pour parvenir à la transcender de plus en plus jusqu’à l’apothéose finale, le gore à l’état pur symbolisé dans une séquence presque insoutenable. Les deux réalisateurs ont bien compris que l’essentiel d’un film de genre est l’ambiance qui est instaurée et non pas les débordements d’effets spéciaux ou les twists minables qui nous prennent pour des cons. Ils ont retenu la leçon de toutes ces œuvres brisées par l’utilisation à outrance d’effets gore, les faisant vaciller et tomber tout de go dans l’effarante exposition grand-guignolesque. Si on a pu reprocher au duo novice les hectolitres de sang qu’ils ont répandu (au détriment d’un certain suspense comme osera le prétendre le bouseux à la chronique de Paris Match), il faut recadrer le tout et émettre deux réserves. D’abord, si les Maury et Bustillo ont autant misé sur l’hémoglobine, c’est par amour du genre et par vénération pour les classiques qui les ont bercés. Ensuite, ces déversements ne sombrent jamais dans l’hyperbole grotesque et restent en conformité avec les propos mis en images. Et puis, reprocher à un film qui se dit gore ses émancipations sanguines ? Pourquoi ne pas reprocher aux pornos un trop fort penchant pour les éjacs faciales ou les sodomies en groupe ?

Outre sa tension omniprésente et graduelle et ses scènes gore d’un très bon cru, A l’intérieur charme également par le biais de ses actrices principales, tout bonnement extraordinaires dans leur interprétation. Une Béatrice Dalle qui ferait frissonner des catcheurs avertis tant son assurance et sa soif de vengeance font peur à voir et une Alysson Paradis parfaite en jeune femme torturée. Une interprétation au cordeau livrée avec son sœur et avec sa chair. Une Alysson bouleversée, qui a énormément souffert pour les besoins de la cause et mérite des louanges incessantes par rapport à son personnage de Sarah, rendue de manière réaliste. Un réalisme frappant, touchant. Contrairement aux scream queens qui s’égosillent et écartent leurs cuisses pour obtenir un meilleur audimat et des chances de décrocher un contrat futur, Paradis livre une prestation sombre et sobre, alternant élégamment passion, désespoir, folie et amour, ne criant qu’à bon escient (lors d’une séquence finale dans laquelle ses hurlements et gémissements sont aussi affolants que les images montrées) et n’écartant les cuisses que pour les besoins du scénario (voir également cette fameuse scène). Bien entendu, A l’intérieur est encore très perfectible. Les réalisateurs ont d’ailleurs le mérite de le reconnaître scandant cette réplique à maintes reprises. Certains raccords sont foireux, les bruitages et la musique tournent davantage à la cacophonie qu’à la symphonie et les seconds rôles sont généralement assez mal rendus.

Certes, il y aurait des choses à redire. Certes, tout n’est pas parfait. Mais, Bon Dieu, quand va-t-on enfin se mettre à penser autant avec son cœur qu’avec son esprit ? A l’intérieur est un très grand premier film qui mérite des discours dithyrambiques et des vénérations multiples. En attendant les futurs projets des deux comparses…


Critique de A l’intérieur - A l’intérieur de l’enfer
Par : Gore Sliclez

Comment ne pas dire merci à Franck Ribière et Vérane Frédiani de La Fabrique de Films de produire, de distribuer et d’éditer des films de genre, principalement en France. Car, du courage, il en fallait pour faire confiance à un film qui avait tout pour connaître dès sa sortie un véritable chemin de croix inhérent aux films hardcore jugés trop violents sur le sol français. Décidément, le Grand Monde du Cinéma actuel ne semble toujours pas vouloir s’intéresser, voire accepter une autre vision, une autre approche de la réalité sociale que celle que l’on s’évertue à nous montrer au travers de médias dominants dans le seul but de répondre aux exigences frileuses et cocoonistes d’une majorité bien pensante de la population. C’est dire le courage et l’abnégation de ces irréductibles cinéphiles qui, passant de l’autre côté de la caméra, tentent désespérément de proposer cette autre chose qui vous tombera dessus sans pitié et vous laissera son empreinte ad vitam. Alexandre Bustillo (ex journaliste de chez Mad Movies) et Julien Maury font partie de cette nouvelle catégorie d’artistes qui osent le pari subversif à l’instar des Aja, Moreau-Palud, Gens ou encore Christophe Gans. A l’intérieur restera ce grand buzz underground de l’année 2007. Celui dont tout le monde parlait comme le film le plus hard jamais réalisé dans l’Hexagone sans jamais avoir la possibilité de le voir en Belgique ou en France (à quelques exceptions près) ne connaîtra donc que l’estime de ses pairs à défaut d’un succès de salles.

Sarah, victime d’un accident de voiture très grave dans lequel elle perd son mari, se repose dans sa maison isolée de banlieue la veille d’accoucher. Soudain, une silhouette féminine sonne à sa porte et demande à entrer. Refusant de faire confiance à l’inconnue, Sarah se voit alors harcelée par une femme vêtue de noir dont la folie destructrice explose dans un véritable bain de sang.

Interprétant la victime harcelée, une Alysson Paradis époustouflante de vérité pour qui c’est son cinquième film et qui se voit octroyer ici le rôle d’une carrière, voire d’une vie dans la peau scarifiée de Sarah, victime à outrance du destin et de la folie.
Face à elle, Béatrice Dalle dont on connaît ses rôles noirs, et qui ici nous livre, une nouvelle fois, une interprétation magistrale dans le rôle de cette inconnue vêtue d’une longue robe noire et munie d’une paire de ciseaux effilés, engagée dans un ballet sanguinaire et infernal. Après un magnifique générique, À l’intérieur démarre très vite au cœur des ténèbres via un accident meurtrier et des visions d’horreur plus convaincantes que les meilleures campagnes de sécurité routière. Le héros est-il vraiment Sarah, cruelle victime du sort ou bien son bébé dont on voit les agressions extérieures in utero ? Un bébé qui devient très vite sujet de convoitise, petit être à protéger coûte que coûte d’un destin qui n’aura pas fait de cadeaux à son père. Dans une atmosphère qui ressemble terriblement à Ils de David Moreau et Xavier Palud, la première partie du film offre des moments de très haute tension grâce à une mise en scène qui prend le temps de distiller crescendo une angoisse terrible à travers la silhouette inquiétante de cette dame en noir au regard sans vie.

Des scènes « slasher », véritables hommages aux gialli italiens notamment grâce à ces cadrages suggestifs montrant le meurtrier tapis dans l’ombre ou encore cette représentation du tueur ganté de noir, le reflet de la pair de ciseaux zébrant l’air avant de poignarder la chaire. Le sang coule littéralement à flots recouvrant les murs de la maison, les balafres se succèdent sur le malheureux corps de Sarah. Ça coupe, ça perfore, ça éviscère, ça tranche dans une variation orchestrée comme une véritable partition gore. Un lyrisme écarlate qui a tout pour choquer, répugner… écoeurer. Et si quelques invraisemblances viennent s’ajouter au tableau nerveusement éprouvant du film, on ne retient que la beauté morbide de la photo et cette chorégraphie mécanique affreusement efficace et sans issue de cette dame en noir dont on ne connaîtra l’histoire qu’à la toute fin du film éclairant ainsi le film sous un autre jour ou devrais-je dire une autre nuit.

A l’intérieur est un film jusqu’au-boutiste, un conte macabre signé par des vrais amateurs du genre et qui tente de démontrer l’essence même du film d’horreur sans complaisance car terriblement réaliste. Rendons hommage à ce culot monstre et à cette mise au point.


Commentaires sur le film

pari gagné

4 etoiles

Un vrai bon film d’horreur / gore français maîtrisé et efficace de bout en bout !

5 mai 2009 à 10:05 | Par hellrick

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