Critique de film

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4bia

"See Prang"
affiche du film

Une fille solitaire entreprend une relation par le biais d’un message SMS pendant qu’elle se remet d’un grave accident de voiture. Une jeune victime d’intimidation se venge grâce à la magie noire. Quatre amis se font peur avec des histoires terrifiantes de revenants, alors qu’ils font du camping dans la jungle. Une hôtesse de l’air doit escorter le corps d’une princesse en visite, qui est rapatrié vers sa terre natale pour y être inhumé. Quatre réalisateurs, quatre histoires. Bienvenue dans l’univers de 4BIA

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Trailer - 4bia (2008)
Par : Damien Taymans

Les critiques à propos de ce film

Critique de 4Bia - Tales from the Thai crypt
Par : Fred Pizzoferrato

Le film à sketches fonctionne apparemment toujours très fort en Asie puisqu’une poignée de titres de ce genre y sont tournés chaque année, souvent avec à la clé un gros succès au box-office. Cependant, le format s’avère inhabituel pour la Thaïlande, un pays qui nous a offert récemment de belles réussites horrifiques comme l’excellent Shutter, dont nous retrouvons d’ailleurs les deux cinéastes sur ce 4Bia. Ce métrage événement (gros succès au box office local) propose donc quatre histoires de fantômes indépendantes l’une de l’autre (même si de très subtiles connections existent entre chaque récit).

La première (« Happiness »), toute en suggestion, s’avère bien menée et angoissante en cernant au plus près une très jeune femme persécutée via son téléphone portable. Coincée chez elle en raison d’une jambe cassée, la demoiselle s’amuse à draguer via son téléphone un jeune homme qui, en retour, lui envoie des compliments et se montre de plus en plus entreprenant. En cherchant l’identité de son mystérieux correspondant, la belle découvre que celui-ci n’existe pas. Effrayée, elle coupe son portable, qui s’obstine à sonner…et bientôt l’étrange personnage lui annonce qu’il va passer la voir. L’originalité de ce scénario somme toute classique repose sur la manière dont le cinéaste va aborder ce huis-clos à un seul personnage. Pas vraiment cinématographique, d’autant qu’aucun dialogue n’est utilisé, les seules communications passant par les messages texto envoyés ou reçus via le portable. Pour corser la difficulté, le cinéaste ne quitte quasiment jamais son adolescente plâtrée et tourne l’entièreté de son sketch dans un petit appartement claustrophobe. Yongyooth Thongkongtoon, surtout connu pou son diptyque déjanté The iron ladies, ne sombre pourtant pas dans le pur exercice de style et crée une tension allant crescendo. Il contourne adroitement ses limitations (parfaite unité de temps, de lieu et d’action pour cette intrigue se déroulant avec une seule actrice dans un décor unique) et rappelle un peu le Mario Bava des Trois visages de la peur. La technique éprouvée entretient efficacement le suspense en usant d’un éclairage soigné et d’une belle photographie et la révélation finale, quoique prévisible, se montre suffisamment bien amenée pour emporter l’adhésion. En résumé un segment très prenant.

Purikitpanya Paween se charge du sketch suivant (« Tit For Tat ») qui accumule les morts spectaculaires (style La malédiction ou Destination finale) et privilégie un montage épileptique. En gros, l’exact opposé d’un premier épisode tout en retenue. Le cinéaste sur-découpe son action, effectue un montage de malade (genre « si un plan dure plus de deux secondes, il faut couper toutes ces longueurs ») et dope sa caméra aux amphétamines pour compenser la prévisibilité de l’intrigue. Tout va trop vite dans ce segment surtout soucieux d’enquiller les morts atroces et les scènes chocs avec une bonne volonté évidente mais en dégraissant toute notion d’intrigues ou de caractérisation des personnages. « Tit For Tat » donne un peu l’impression de regarder un long-métrage dont on aurait tiré une sorte de longue bande-annonce, en lui ôtant tous les passages calmes ou d’exposition pour ne laisser qu’une succession d’images horrifiques explosant la rétine. Evidemment assez vain et plutôt crétin, ce deuxième épisode très convenu (y compris dans sa chute pas vraiment surprenante) se regarde pourtant avec plaisir même si le cinéaste abuse de tous les effets (faciles) possibles pour donner une certaine identité visuelle à sa mise en scène.

Le troisième segment (« In The Middle »), signé par une moitié du duo responsable de Alone et Shutter, joue, lui, la carte des références cinématographiques, de l’autocitation et de l’humour parodique. Quatre campeurs partis en randonnées se racontent des histoires de fantômes sous une tente. L’un d’eux, lassé des chamailleries de ses amis, annonce que, s’il meurt, il reviendra hanter la personne dormant au milieu des deux autres. Or, le lendemain, il se noie accidentellement dans une rivière et son corps disparaît. A la nuit tombée les trois survivants décident d’aller se coucher…mais qui va dormir au milieu ? Le cinéaste raconte son intrigue via trois personnages se livrant sans complexe au jeu des citations cinéphiliques (en particulier de…Shutter mais aussi des Autres et du Sixième sens, trois métrages à twist dont la fin est dévoilée, attention à ceux – mais il y en a-t-il qui ne connaissent pas ces trois ches-d’œuvre de l’épouvante ? – qui ne les auraient pas vus !). Sans doute le meilleur sketch de cette anthologie, « In The Middle » pèche par une esthétique et un style quelconque (frôlant souvent l’épisode de série télé, le tout aurait pu servir pour Tales from the Crypt par exemple dont on retrouve l’humour macabre) mais compense par deux ou trois séquences frissonnantes à souhait et, surtout, une bonne dose d’humour.

Enfin, la dernière histoire (« Last Fright ») possède un postulat intéressant mais se révèle au final trop bancale pour emporter l’adhésion. L’intrigue tourne autour d’une hôtesse de l’air adultère forcée de convoyer par avion le corps de sa rivale, une princesse capricieuse récemment décédée. En dépit de quelques passages frissonnants, ce sketch prévisible et longuet peine à convaincre, d’autant que la conclusion est franchement attendue. L’aspect gentiment moralisateur (un peu à l’exemple des Tales from the crypt une fois de plus !) et l’abondance de clichés empêchent le tout de fonctionner, aboutissant sans hésiter au vilain petit canard (cependant consommable, nous sommes loin d’une catastrophe complète) d’une anthologie sinon très agréable.

4Bia constitue en définitive une petite surprise sympathique. Les trois premiers segments sont réussis et le quatrième, pas franchement terrible, n’est pas déshonorant pour autant. Dans le domaine du film à sketches, ce 4Bia, évidemment inégal, s’avère plutôt plaisant et constitue un bon divertissement horrifique pour les amateurs d’histoires de fantômes asiatiques.


Critique de 4 BIA - Quatre histoires de l’au-delà
Par : Quentin Meignant
Tags : Asiatique, Fantômes, Film à sketchs

Le cinéma de genre thaïlandais prouve depuis une petite décennie qu’il n’a rien à envier à celui de pays où l’industrie cinématographique est pourtant bien plus développée. Emergeant du marasme asiatique ambiant, la Thaïlande propose même chaque année quelques perles, consacrant au passage des réalisateurs qui, petit à petit, se font un nom (souvent compliqué à épeler d’ailleurs) sur la scène internationale. Alors que Banjong Pinsanthanakun et Parkpoom Wongpoom (Shutter, Alone) représentent les fers de lance de cette industrie montante, ils ont décidé avec leur mentor, Youngyooth Thongkonthun, et l’inexpérimenté Paween Purikitpanya de créer une anthologie horrifique intitulée 4 BIA, qui n’a pas tardé pas à s’imposer comme numéro un du box-office national. A l’image des 3 extrêmes, 4 BIA se veut donc être une compilation de ce que le cinéma de genre thaïlandais peut proposer de mieux à des spectateurs toujours plus nombreux.

Le premier segment, intitulé Happiness et signé Thongkonthun, narre l’histoire d’une jeune femme solitaire qui reçoit un message texte d’un homme sur son cellulaire. Elle s’éprend rapidement de lui et passe ses journées à lui envoyer des messages. Lorsqu’elle se rend compte qu’elle converse en fait avec un fantôme, son idylle prend une tout autre tournure. Se rapprochant d’œuvre telles que La mort en ligne ou encore Phone, le segment de Thongkonthun offre quelques belles sueurs froides et ce malgré l’absence totale de dialogues et l’inefficacité du style « film d’écran » qui représentent un certain handicap. Le cinéaste parvient à faire oublier celui-ci par une mise en scène astucieuse et une photographie irréprochable. La tension monte graduellement jusqu’à une explosion poétique finale hors du commun, un climax qui masque une lenteur scénaristique pourtant omniprésente.

Après ce premier segment réussi, le second, Tit for Tat, des œuvres de Paween Purikitpanya, retrace la vengeance d’un étudiant qui est la cible des moqueries et des tortures de ses camarades. Il fait appel à un esprit vengeur pour éliminer ses ennemis, un esprit ne recule devant rien. Tranchant singulièrement au niveau du rythme et du style avec son prédécesseur, Tit For Tat revêt tout d’abord un aspect choquant. Utilisant des couleurs vives et présentant une violence graphique assez impressionnante, le second segment étonne dans sa première partie. Malheureusement, après quelques mise à mort aux relents gore plutôt sympathiques, la machine de Purikitpanya se grippe et laisse le spectateur face à un scénario limité et à des créatures franchement peu crédibles. Heureusement, un final à l’esthétique passable et à l’imaginaire écoeurant vient sauver un ensemble plutôt faiblard.

Les ados violents et écervelés de Purikitpanya laissent alors place à ceux, gentiment décérébrés, de Pisanthanakun et de son troisième segment intitulé In the middle. Ceux-ci partent en randonnée en kayak. Tout se passe à merveille jusqu’au moment où le bateau chavire et que l’un des marins d’eau douce disparaît dans les flots. Les trois survivants sont alors persuadés que ce dernier va venir les hanter durant une nuit sous tente des plus agitées… Habitué à concevoir des bandes horrifiques efficaces, Pinsathanakun change ici de registre pour instiller à son In the Middle un caractère délirant. Personnages hauts en couleurs légèrement fêlés cohabitent avec l’aspect parodique des plus vieilles légendes thaïlandaises, débitées çà et là par les antihéros. Le scénario, amusant de bout en bout, offre de plus quelques surprises qui renforcent encore l’intérêt de l’ensemble. Dès lors, si In the Middle tient plus de la comédie, le cinéaste parvient à faire preuve d’une vraie originalité et propose un twist final ravageur tant pour l’esprit que pour les zygomatiques.

Enfin, Last Fright, de Parkpoom Wongpoom propose au spectateur de finir sur une note d’effroi, revisitant au passage la mythologie des ghosts thaïlandais. Ce quatrième et dernier segment se déroule dans un avion en plein vol où une hôtesse doit servir la princesse d’un pays lointain. Elle lui sert un produit auquel elle est allergique et la princesse ne tarde pas à succomber. Comble de malchance, c’est l’hôtesse elle-même qui va devoir s’occuper du corps durant son rapatriement. A peine dans l’avion, le fantôme de la princesse débarque pour se venger… Après une charmante première partie mettant en présence deux actrices très douées, le métrage de Wongpoom plonge vers le monde ultra-balisé des fantômes asiatiques. Dès lors, le cinéaste se borne à reprendre les différents éléments du genre et à les appliquer, avec une certaine maladresse, à son œuvre. En découle un nombre incalculable d’inepties qui, au fil du temps, rendent ce Last Fright inutile et irritant. Une bande-son sursaturée et un final qui tombent à plat viennent parachever le moins bon épisode de ce 4 BIA.

Avec une grande réussite et deux segments passables, 4 BIA fait plus que remplir son rôle de divertisseur des foules. Sans exceller à aucun moment, cette compilation permet de se rendre compte de l’avancée d’un cinéma thaï jamais à court d’idées nouvelles.

Commentaires sur le film

Un floirlège inégal

2 etoiles

Par essence inégal, ce florilège pâtit d’une rupture de ton omniprésente et fournit deux segments assez chiants.

4 mai 2009 à 07:05 | Par Damien

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