Critique de film

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10 000

"10 000 BC"
affiche du film

10 000 ans avant notre ère, au coeur des montagnes... Le jeune chasseur D'Leh aime d'amour tendre la belle Evolet, une orpheline que sa tribu recueillit quelques années plus tôt. Lorsque celle-ci est enlevée par une bande de pillards, D'Leh se lance à sa rescousse à la tête d'une poignée de chasseurs de mammouths. Le groupe, franchissant pour la première fois les limites de son territoire, entame un long périple à travers des terres infestées de monstres, et découvre des civilisations dont il ne soupçonnait pas l'existence. Au fil de ces rencontres, d'autres tribus, spoliées et asservies, se joignent à D'Leh et ses hommes, finissant par constituer une petite armée. Au terme de leur voyage, D'Leh et les siens découvrent un empire inconnu, hérissé d'immenses pyramides dédiées à un dieu vivant, tyrannique et sanguinaire. Le jeune chasseur comprend alors que sa mission n'est pas seulement de sauver Evolet, mais la civilisation tout entière...

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Trailer - 10 000 (2008)
Par : Damien Taymans

Les critiques à propos de ce film

Critique de 10 000 BC - Emmerich nous raconte l’Histoire
Par : Chroniqueurs

Par Dante

S’il y a une chose qu’on ne peut pas reprocher à Emmerich, c’est de se reposer sur ses acquis, chacun de ses films repousse un peu plus loin les possibilités techniques du cinéma, même si de nos jours elles ne cessent de l’être. On se rappelle tous des tornades au milieu de Los Angeles, de New York sous la glace ou envahi par un lézard et bien entendu l’explosion de la Maison Blanche. Et voici Roland qui revient avec son nouveau film (et ce n’est pas gagné d’avance cette fois).

10 000 souffre dès sa sortie d’un lourd handicap, intitulé 10 000 BC en VO, tout le monde s’attend donc à une revisite de l’histoire façon Guerre du feu d’Annaud. Mais Emmerich n’a pas autant changé et se défend très bien alors que les fresques historiques ne lui laissaient pas assez de manœuvre pour ses délires visuels et scénaristiques. Pour aborder cette oeuvre, oublions toute vraisemblance et lançons-nous dans l’aventure...

Tout spectateur un tant soi peu cultivé sera choqué de rencontrer des hommes des cavernes qui pourraient faire de la pub pour Freedent blancheur, des Africains qui parlent toutes les langues (y compris celle des hommes des cavernes), des Egyptiens visiblement perdus et plutôt mécontents et tout un tas de bestiaux plus ou moins anachroniques. Mais laissons là nos bouquins d’histoire car Emmerich n’est pas connu pour ses grandes connaissances historiques.

Emmerich se défend donc de livrer une œuvre purement fictionnelle, aux auras mythologiques, servant une histoire légendaire et épique. Le film ouvre donc sur la vie d’un petit village perdu dans les montagnes, où naît la légende, aidé par une voix off réputée qui conte l’histoire, celle d’Omar Sharif. On pose donc les bases et la fin ne laisse alors que peu de mystère. Dès les premières minutes, on nous expose en détail le scénario du film, allant même jusqu’à montrer des scènes de la fin. Il faut dire au passage que le scénario n’est pas non plus la clef de voûte de l’œuvre, loin de là...

Pas de scénario, pas de respect historique, des acteurs peut être ? Ben non : que des inconnus, à part Cliff Curtis vu un peu partout, dans des films aussi divers que Die Hard 4, Sunshine ou La faille pour les plus récents. Alors que nous reste-t-il ? Ben il nous reste du Emmerich qui fait du Emmerich. Décors grandioses, étalant la possibilité du numérique, costume magnifique, et encore des décors magnifiques : des plans du Sahara à tomber, des vues aériennes de chantier de pyramide renversantes et toute une ribambelle d’effets spéciaux renversants, à l’instar de la charge des mammouths ou l’attaque des autruches carnivores. Les images s’enchaînent donc les unes après les autres, s’imprimant dans la rétine du spectateur, jusqu’à un combat final épique mais qui malheureusement ne décolle pas plus que ça. A l’heure de la rage d’un 300 ou des prouesses numériques d’un Cloverfield, 10 000 fait office de papy oublié en route. Les effets sont certes très très réussis, mais la sauce ne prend pas, ça sent le déjà-vu, et les scènes de combats manquent cruellement de rage.

Une œuvre banale, une grosse production parmi les grosses productions, noyée par la trop grande avancée des effets numériques au cinéma. Reste une immersion plutôt réussie dans un monde un peu inexploité mais qui réserve quand même quelques frissons. On ne regrette en tout cas pas sa place de cinéma, c’est déjà pas mal.


Critique de 10 000 BC - Comme un Manach dans un magasin de porcelaine…
Par : Chroniqueurs

Par The creeper

Après la porte des étoiles, la destruction de New-York par des extraterrestres, un monstre japonais et une mère nature ayant pété un câble, et après avoir fait son braveheart de la guerre de sécession, Roland Emmerich revient avec le 1er méga blockuster à se mettre sous la dent en 2008. Avec 10 000, il revisite la préhistoire à sa manière. On n’était pas venus là pour un documentaire anthropologique et ma foi cela aurait été sans doute plus passionnant que ce piètre spectacle.

L’avantage dans ce genre de concept, c’est que l’on sait assez peu de choses sur ce qu’il s’est passé il y a 10 000 ans (au pire, on s’en fout un peu). Une occasion trop belle de faire n’importe quoi. Et Emmerich ne s’en prive pas. Outre que nos ancêtres parlent couramment un anglais parfait, ils présentent une pilosité assez contemporaine. Ce qui est quand même un avantage pour la jeune Evolette censée attirer les regards des hommes des cavernes assis dans la salle. Ah oui, petit détail qui ne revêt pas une importance capitale mais bien capillaire, ce sont tous des rastas.

L’histoire est simplissime, Evollette se fait enlever par des barbares (au look de vikings échappés de Pathfinder !?), et D’leh, jeune guerrier en devenir, va donc aller la délivrer. Accessoirement, il en profitera pour libérer son peuple et les milliers d’esclaves occupés à construire des pyramides à la gloire du méchant despote. Bien sûr, Emmerich n’oubliera pas de célébrer la fraternité entre les diverses peuplades avec moult accolades.

Outre les quelques problèmes relevés plus haut, le film manque cruellement de rythme. Pire, pour un budget aussi énorme, il ne se passe pas grand-chose à l’écran. Sans doute la création des mammouths, ou plutôt manachs comme on les appelle dans le film, par Patrick Tatopoulos et son équipe aura englouti le budget alloué au film entier. D’ailleurs, ces manachs sont les seules choses réussies. Emmerich devait en avoir conscience puisqu’il ne manque pas une occasion de les détailler amoureusement avec sa caméra. Mais le plus triste, c’est qu’au-delà de la défaillance artistique totale de l’entreprise, Emmerich semble avoir perdu sa proverbiale joie de tout faire péter. Difficile vous me direz dans un tel contexte, faut dire que ça manquait d’explosifs à l’époque. D’accord, disons qu’il ne compense même pas en proposant des scènes d’actions sinon mémorables du moins fun et jouissives. Il se contente de les amorcer sans jamais donner suite. Exemple emblématique, lors de la révolte finale. Les esclaves se soulèvent et commencent à bastonner leurs gardes. Des combats arthritiques suivis d’un début de mouvement de foule. Mais tout souffle épique est bien vite balayé par un plan large en hauteur montrant les pyramides sur lesquelles s’agitent des fourmis (les hommes) et des souris (les manachs). A se demander si Emmerich a entendu parler du Seigneur des anneaux ou de Kingdom of heaven. Ou même de ce que l’on appelle la grammaire cinématographique. Mais pire que tout, nous avons droit à une voix-off absolument insupportable qui se borne à décrire ce qu’il se passe sur l’écran. Affligeant. On sait bien que dans ce genre d’épopée, la réussite tient pour beaucoup au charisme du représentant des forces du mal. Or, celui censé représenter la menace ultime apparaît assez peu et tant mieux dans un sens puisqu’il est entièrement vêtu de voiles couleur pastel, le faisant ressembler à une grande prêtresse des folles nuits parisiennes. C’est quoi ce délire ?!

En voyant cette catastrophe artistique (à se demander comment Cédric Délélée de Mad Movies peut défendre ce truc), on en vient à regretter Uwe Boll. Voilà un mec qui fait n’importe quoi (Alone in the dark, Bloodrayne, Postal) mais il le fait avec grandiloquence et panache. Autrement dit, quitte à verser dans le portnawak, autant y aller à fond. Parce que là pour le coup, 10 000 aurait pu devenir intéressant.

Au détour d’une référence à un peuple venu des étoiles, certains ont voulu y voir une référence à l’Atlantide, sans doute pour légitimer leur plaisir coupable. Mais c’est immédiatement Stargate qui vient à l’esprit et on se prend à rêver de voir des vaisseaux spatiaux débarquer, histoire de booster tout ça. En vain. Et le tigre à dents de sabre qui orne l’affiche ? On le voit 45 secondes, dans 2 pauvres malheureuses scènes. Alors qu’il aurait été parfait comme monture ou compagnon du héros. En plus, cela aurait pu faire un hommage sympa à Ka-zar, personnage des comics marvel rattaché à l’univers X-men. Imaginer le s’attaquer aux manachs ou égorgeant à coup de dents. Ben non, on a juste droit à un plan signature repris de Alien 3.
Autre plan cité, celui de Jurassic Park celui Spielberg fait un gros plan de l’oeil reptilien d’un vélociraptor avant l’attaque. Okay, quand l’homme a débarqué, les dinosaures s’étaient depuis longtemps fait la malle. Mais si ça pouvait relever la soupe, pourquoi pas. Raté, nous avons droit à des espèces de méga-autruches traquant nos héros dans les hautes herbes. C’est d’ailleurs là qu’il faut chercher le seul intérêt du film. Trouver les diverses influences. Pas très difficile, ça fait passer le temps et au moins on rigole en voyant la manière cheap de les reproduire !En vrac, Apocalypto, 300, Jurassic Park, Pathfinder, Stargate, etc... Et non content de citer ses propres films, Emmerich s’autoparodie. Un comble. Ou peut être est-ce la meilleure manière d’appréhender ce truc, un grand rassemblement carnavalesque où les citations et les emprunts n’ont d’autre fonction que de réactiver les souvenirs des spectateurs. Eh oui, 10 000 n’est qu’une pâle copie friquée du Be kind, rewind de Michel Gondry. Seulement ici, toute poésie plastique a disparu et les versions « suédés » sont à pleurer de honte.

Voilà donc la première grosse arnaque de l’année 2008, un film comme on en fait plus depuis 10 000 ans ! Encore un dommage collatéral de la puérile culture hollywoodienne. Rassurez-vous ; l’amour est sauf ainsi que la prophétie puisque notre belle héroïne ressuscite in fine. Zut, je viens de révéler la fin. Bon, vous n’avez donc plus aucune raison d’aller voir cette daube, si tant est qu’il en subsistait une...

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