Critique de film

pub

Extinction

"Extinction"
affiche du film

Dans un futur proche, le monde est entré dans une nouvelle ère glaciaire. Frappée par une terrible épidémie, la planète est désormais parcourue par des hordes d’infectés sanguinaires. Jack, l’un des rares survivants, vit reclus avec sa fille de 12 ans qu’il tente de protéger. Mais sa fragile quiétude va voler en éclat lorsque une troupe d’Infectés repère son hameau isolé, l’obligeant à se rapprocher de son voisin Patrick, avec qui il partage un lourd secret…

pub


Trailer - Extinction (2015)
Par : Damien Taymans

Les critiques à propos de ce film

Critique de Extinction - Blanche neige combien noire.
Par : Fred Bau
Tags : Zombies

Après avoir acquis en 2011 une renommée internationale relative avec Kidnapped (aka Secuestrados), thriller traitant de la violence et de la séquestration à domicile, Miguel Angel Vivas revenait au grand écran en 2015 avec Extinction, adaptation du roman Y Pese A Todo de Juan de Dios Garduno. Comme pour son film précédent, Vivas se livre à un exercice de style gravitant autour du huis clos, exercice un poil plus ambitieux cette fois-ci, puisque tentant de conjuguer survival post apocalyptique zombiesque et drame intimiste. Un genre d’exercice qui nous le savons, n’est que rarement destiné à satisfaire tous les publics.

Après un prélude trompeur, où nous assistons à une attaque de zombies dont la brutalité et la vélocité s’inspirent visiblement de 28 Jours Plus Tard et de Rec, le film adopte ironiquement le rythme des zombies de Romero, quoi qu’en l’absence totale des dits zombies, qui ont cédé la place aux vastes étendues enneigées du Maine. Amateurs d’effusions gores et de dézingage en bonne et due forme de zombies, vous voilà prévenus. Dans ce no man’s land, les monstres en présence, foncièrement psychologiques, seront pour deux bons tiers du film l’isolement, la solitude, et la disparition de l’humanité. Nous retrouvons 9 ans plus tard Patrick (Matthew Fox), Jack (Jeffrey Donovan) et la petite Lu (prononcer Lou, Quinn McColgan), qui s’efforcent de survivre dans le village isolé d’Harmony, en quête principalement de nourriture. Patrick et Jack, voisins, semblent se vouer une haine farouche, dont Vivas distillera l’explication au moyen de flashbacks elliptiques. Patrick, en proie au remord, à l’alcool et aux hallucinations, passe son temps à essayer de contacter d’éventuels survivants à l’aide d’une radio. Jack quant à lui s’applique à couver et à donner une éducation à Lu, qui n’a d’autres horizons que de jouer avec le chien de Patrick et de tenter de rapprocher les deux hommes.

Difficile ici de ne pas évoquer la neige du The Thing de Carpenter, qui autant que le monstre de Rob Bottin, symbolisait la perte d’humanité. S’il est une chose que Vivas réussit remarquablement bien dans Extinction, c’est l’articulation de son cadre naturel et de la performance de ses acteurs, Matthew Fox et Quinn McClogan en particulier, qui portent sur leurs épaules toute la tension émotive de la péloche. Une articulation réaliste, peu démonstrative, épurée jusqu’à la pudeur, et où la neige devient ambivalente, puisqu’elle exprime la double métaphore de l’innocence virginale incarnée par Lu et du monstre sous-jacent qui menace constamment cette innocence. Une métaphore qui va trouver son paroxysme et quelques scènes particulièrement inspirées dans le dernier quart du film, avec le retour des zombies, et l’entrée en scène d’un quatrième personnage, une jeune femme enceinte qui ne paraît avoir d’autres fonctions que de représenter une extension féminine de Lu.

Ayant muté, les créatures, plutôt bien gaulées, semblent directement sorties des grottes de The Descent. Devenues aveugles, elles se déplacent grâce à un sens surdéveloppé de l’ouïe contrastant manifestement avec la surdité réciproque qui accapare les deux hommes, tandis que leur couleur neige putride menaçante s’oppose diamétralement à Lu. L’assaut final, hommage ou tentative de mini-remake, renvoie directement à La Nuit des Morts Vivants du grand Romero, dont le sous-texte politique est ici remplacé par la notion de sacrifice comme chemin de rédemption. On pourra arguer que Vivas tombe dans la facilité du lieu commun. Mais qui saurait lui reprocher de rappeler que sans le sens du sacrifice et de la responsabilité pour ses enfants, l’humanité n’a aucun avenir ?

Miguel Angel Vivas nous livre avec Extinction un lointain descendant du cinéma de Romero, la neige "the thingienne" et les énervés de 28 Jours Plus Tard et de Rec en plus. Parfois maladroit, un peu trop long, mais habité de quelques scènes véritablement inspirées, ce film d’ambiance mélancolique au modeste budget prend le parti de la subtilité plutôt que celui de la démonstrativité. Asseyant en apparence son second thriller sur les poncifs d’un genre qui a maintes fois déjà traité de la question de la perte d’humanité, le réalisateur espagnol s’appuie sur des modèles avec lesquels il ne prétend nullement rivaliser, interrogeant avec sobriété les questions complexes de la paternité, de la culpabilité et de la responsabilité, et laissant le spectateur sur une fin qui bien que prévisible, est une fin ouverte, en suspens. Le type même de fin qui, toute proportion gardée, fut tant de fois reproché au cinéma de Carpenter.

Donnez votre avis sur le film !

En résumé
ecrire un commentaire sur le film
;



News liées

Récentes critiques

affiche du film
Jessie
2017
affiche du film
The Babysitter
2017
affiche du film
Ça
2017
affiche du film
The Black Room
2016
affiche du film
Spider-Man: Homecoming
2017
affiche du film
Okja
2017
affiche du film
Underworld: Blood Wars
2016
affiche du film
Wonder Woman
2017
affiche du film
Pirates des Caraïbes : La vengeance de Salazar
2017
affiche du film
The End
2016

Cinemag

> Feuilleter

Concours

Sondage