Critique de film

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Pixels

"Pixels"
affiche du film

À l’époque de leur jeunesse, dans les années 80, Sam Brenner, Will Cooper, Ludlow Lamonsoff et Eddie « Fire Blaster » Plant ont sauvé le monde des milliers de fois… en jouant à des jeux d’arcade à 25 cents la partie. Mais aujourd’hui, ils vont devoir le faire pour de vrai… Lorsque des aliens découvrent des vidéos d’anciens jeux et les prennent pour une déclaration de guerre, ils lancent l’assaut contre la Terre. Ces mêmes jeux d’arcade leur servent de modèles pour leurs attaques. Cooper, qui est désormais Président des États-Unis, fait alors appel à ses vieux potes pour empêcher la destruction de la planète par PAC-MAN, Donkey Kong, Galaga, Centipede et les Space Invaders… Les gamers pourront compter sur l’aide du lieutenant-colonel Violet Van Patten, une spécialiste qui va leur fournir des armes uniques...

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Trailer - Pixels (2015)
Par : Damien Taymans

Les critiques à propos de ce film

Critique de Pixels
Par : Jonathan Chevrier

Citer Adam Sandler à une pléthore de spectateurs français lambdas, c’est un peu comme leur demander " Où est Charlie ? ", sans qu’aucun d’entre eux n’ait la foutue volonté de chercher une seule seconde le dit popotin du lascar dans sa BD, et ce même si on leur offrait à tous sa collection complète. Dire donc que par chez nous le gars est inconnu - ou presque - au bataillon, est un doux euphémisme.
En même temps comment se la jouer surpris devant un peuple qui se paluche allégrement sur du Kev Adams et autres Dany Boon, en prétendant qu’ils incarnent les Vraies valeurs de l’humour à la française qui a tout pour nous rendre fier.

Fer de lance du SNL durant les années 90, Adam Sandler, c’est une trentaine de péloches sur vingt piges - la majeure partie des immanquables de la drôlerie conne et trash -, dont pile poil la moitié ont dépassé la barre symbolique des 100 millions de billets verts au box-office. Qu’on se le dise : dans le genre comédie, y a pas à tortiller du cul, personne n’est plus triomphant que lui dans le business. Une vraie institution outre-Atlantique à la fois adulée des fans et cible favorite - souvent à tort - de la critique (excepté pour son récent et affreux Jack & Julie), qui s’est pourtant bâtie sur un sacré enchainement d’idées originales, et franchisé une seule et unique fois avec Copain pour Toujours 2, en 2013.

Et alors que son craquant Blended avec la douce Drew Barrymore, s’était vu privé de sortie en salles dans l’hexagone il y a tout pile un an, le voilà de retour et plus en forme que jamais dans Pixels, un blockbuster estival adapté de manière plus ou moins inspirée du court-métrage culte du frenchy Patrick Jean, des créatures 8-bits envahissent New York. Signé par le chevronné mais critiqué Chris Columbus et porté par un casting de talents foutrement indécent (Sandler et son poto Kevin James, les inestimables Sean Bean et Peter Dinklage sans oublier les excellents Josh Gad, Michelle Monaghan et Brian Cox), la bande suit l’histoire d’un groupe de geeks à l’âge avancé luttant contre des extraterrestres ayant pris pour une déclaration de guerre les jeux vidéo qu’ils découvrent dans une capsule envoyée dans l’espace au cours des années 80.

Foutrement fun et coloré, simpliste mais original puisqu’il n’incarne ni un remake et encore moins une suite d’un produit référencé et déjà établi (de plus en plus rare aux rayons des blockbusters), furieusement vintage en s’adressant directement aux amateurs de jeux-vidéos avec ces héros de l’arcade 8-bits (Tétris, Donkey Kong, Pac Man, Q-Bert, Space Invaders,...) tout autant qu’aux amateurs des comédies populaires US made in 90’s, Pixels s’attirera décemment les foudres de cinéphiles réfractaires aussi bien à l’humour potache de Sandler que ceux considérant que toute nostalgie nerd n’est que purement ringarde. Alors certes, ces CGI pas toujours inspirés (le final avec Donkey Kong est assez moche tout comme sa 3D est inutile), son scénario plus simpliste et cliché tu meurs, sa manière de saloper un merveilleux court-métrage pour en faire un divertissement populaire incarnant son parfait contraire et son humour profondément crétin - mais jouissif - ne plaident pas pour lui et il serait très facile de ne pas retenir l’aspect jouissif, bienveillant envers les gamers et décomplexé de la chose (c’est que c’est un pur divertissement estival bordel, le spectateur s’attend à quoi de plus ?).

Pour les allergiques de ce genre de péloche, le nouveau Columbus - qui divisera encore une fois son monde -, incarne la quintessence de ce qu’ils peuvent détester viscéralement, et l’abatage pourtant dément du cinéaste pour offrir un pur moment de destruction massive esthétiquement remarquable, ainsi que celui des comédiens (Peter Dinklage en tête), n’y changera strictement rien. Par contre, pour les fanatiques purs et durs du célèbre Zohan, Pixels incarnera sans conteste l’un des moments les plus délirants et hilarants de ce riche été ciné 2015, un pur plaisir coupable nostalgique comme on les aime. Bref, longue vie au roi Sandler et à sa bande de fous furieux, tant qu’ils seront glorifiés sur leurs terres l’humour potache et touchant aura de beaux jours devant lui, et puisse t-il en avoir encore pendant des lustres.


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