Critique de film

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Terminator: Genisys

"Terminator Genisys"
affiche du film

Le leader de la résistance John Connor envoie le sergent Kyle Reese dans le passé pour protéger sa mère, Sarah Connor, et préserver l'avenir de l’humanité. Des événements inattendus provoquent une fracture temporelle et Sarah et Kyle se retrouvent dans une nouvelle version du passé. Ils y découvrent un allié inattendu : le Guardian. Ensemble, ils doivent faire face à un nouvel ennemi. La menace a changé de visage.

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Trailer - Terminator Genisys (2015)
Par : Samuel Tubez

Les critiques à propos de ce film

Critique de Terminator : Genisys - Papy fait de la résistance
Par : Nicolas Zinque

Après avoir bouclé les évènements « pré-apocalyptiques », la saga Terminator devait débuter une nouvelle trilogie avec le 4e épisode, intitulé Renaissance (2009), qui se déroulait après l’avènement des machines. Les deux films suivants ne seront jamais réalisés : suite à des imbroglios juridiques, la franchise a été remise en vente et a terminé dans l’escarcelle de la productrice Megan Allison. Cette dernière a décidé de tout reprendre depuis le début. Six ans plus tard, le résultat est ce curieux Terminator : Genisys, à la fois remake, reboot et nouvelle exploration de l’univers créé par James Cameron.

Tout commence en 2029, lorsque John Connor, leader des hommes, est sur le point de vaincre l’intelligence artificielle qui a failli annihiler l’espèce humaine : Skynet. Pour sauver sa peau virtuelle, celle-ci a recours à une arme temporelle, et envoie un robot T-800 dans le passé, afin qu’il assassine la mère de John Connor, et empêche ce dernier de voir le jour. Celui-ci, au courant de ce qui se trame, envoie son meilleur élément, Kyle Reese, pour protéger sa mère. Mais arrivé dans le passé, le brave soldat se rend compte que rien ne se passe comme prévu ! Sarah Connor sait qu’il va arriver, et la jeune femme fragile qu’il est censé protéger s’avère être une guerrière aguerrie, entrainée par un… Terminator ! Le passé semble avoir changé, et un futur différent est en marche… pour le meilleur ? Ou pour le pire ?

Le début de ce synopsis évoquera sans doute aux connaisseurs Terminator, premier du nom. Si vous avez vu les bandes-annonces, vous avez également dû repérer le T-1000. En l’espace de 45 minutes, ce Genisys résume les deux premiers volets de la franchise, en rejouant notamment certaines scènes presque à l’identique (la rencontre du T-800 avec les punks, par exemple). Une sorte de rappel synthétique pour les fans, avant que ne démarre la « vraie » nouvelle intrigue. Les scénaristes Laeta Kalogridis et Patrick Lussier ont plutôt bien joué le coup, parvenant à faire cohabiter des scènes iconiques (sans pour autant qu’Alan Taylor ne les mette en scène avec le brio de James Cameron) et des idées neuves, qui touchent parfois aux protagonistes, comme John Connor ou Schwarzinator le Terminator lui-même. Le vieillissement de celui-ci, qui n’augurait rien de bon, est finalement bien traité, puisque lié au vieillissement mécanique de la machine elle-même. Une des phrases symboliques de « Papy », comme le surnomme Sarah, est d’ailleurs « Vieux mais pas obsolète », lancée tantôt sérieusement, tantôt sur le ton de la rigolade. Oui, l’humour est directement emprunté au 3e épisode (Le Soulèvement des machines), et est plus présent que jamais. A l’instar de ce qu’il fait dans Expendables, Schwarzenegger surjoue volontairement et se moque de lui-même.

Les scénaristes ne se sont donc pas contentés de reprendre certains éléments de la franchise et de les passer paresseusement au mixeur ; ils s’appuient sur ses fondations pour explorer de nouvelles directions : la question de l’inévitabilité du destin est par exemple très présente à l’esprit de cette Sarah Connor. En conséquence, les personnages se voient fortement modifiés, et les relations entre eux sont profondément bouleversées : le T-800 (Arnold Schwarzenegger) est plus éloigné que jamais de son statut de machine à tuer, Sarah Connor (Emilia Clarke) est plus forte, mais refuse ce destin de « mère du héros », Kyle Reese (Jai Courtney) n’est plus le protecteur de Sarah, il en est le protégé. Quant à John Connor (Jason Clarke) …surprise ! Certains choix scénaristiques feront hurler une frange importante des fans (l’esprit originel n’y est plus vraiment, malgré le soutien de James Cameron), comme le sort réservé à John Connor. Mais pris pour lui-même, le résultat est pourtant plaisant, à la fois amusant et musclé. Suffisamment pour qu’on ferme les yeux sur les incohérences et les trous narratifs non expliqués (mais d’où vient donc le Papy Terminator ? Réponse dans l’épisode suivant ?).

En voulant intégrer beaucoup trop d’évènements dans le récit, Terminator : Genisys ne prend pas le temps de développer certains aspects pourtant intéressants (John Connor, le projet Genisys, à peine mentionné). De plus, il s’embourbe et perd également en efficacité. Alors que le film est composé à 95% d’action, on n’a jamais l’impression que celle-ci prend de l’ampleur. On assiste à un flot presque continu de « petites » scènes d’action, toutes divertissantes, mais pas pour autant mémorables. Le rythme, très soutenu, aurait mérité quelques temps de pause, histoire de reprendre son souffle et de mieux apprécier la suite. Visuellement, le film est correct, mais ne tient pas toujours la route, avec quelques effets poussifs (la tête numérique du « jeune » T-800 : c’est toujours mieux que l’immonde visage de Renaissance, mais le résultat laisse encore à désirer). La mise en scène d’Alan Taylor (Thor : Le Monde des ténèbres, Game of Thrones), tout aussi neutre que la musique de Lorne Balfe, fait le boulot, mais sans plus.

Difficile de ne pas comparer (un peu) ce film à ces ainés, puisqu’il y fait référence, comme si ces derniers existaient vraiment, dans une autre temporalité. C’est l’occasion de faire remarquer que si la référence qu’est Terminator 2 : Le Jugement dernier fonctionne si bien, c’est parce qu’elle est construite sur un concept simple et limpide, qui débouche sur une course-poursuite passionnante, menée par des personnages tous inoubliables. Et voici précisément le problème de ce Genisys  : très, trop gourmand, il se veut à la fois épisode- synthèse et nouveau départ. Sans se louper complètement, il se situe dès lors entre les deux et manque par moments d’efficacité. A force d’insister sur les voyages temporels, il attire lui-même l’attention sur ses incohérences. Néanmoins, il est une bonne surprise et s’avère supérieur aux épisodes 3 et 4. Malgré tous ses défauts, il joue à merveille son rôle de divertissement grand public : drôle et nerveux, il s’apprécie, pour autant qu’on accepte que la franchise adopte un positionnement plus familial. Si les deux suites prévues (qui, pour le coup, risquent de provoquer l’overdose…) ne se réalisent pas faute de succès, ce Terminator : Genisys pourrait faire office de conclusion honorable à la saga. La fin, inédite, semble curieusement taillée pour.


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