Critique de film

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Vice-versa

"Inside Out"
affiche du film

Au Quartier Général, le centre de contrôle situé dans la tête de la petite Riley, 11 ans, cinq Émotions sont au travail. À leur tête, Joie, débordante d’optimisme et de bonne humeur, veille à ce que Riley soit heureuse. Peur se charge de la sécurité, Colère s’assure que la justice règne, et Dégoût empêche Riley de se faire empoisonner la vie – au sens propre comme au figuré. Quant à Tristesse, elle n’est pas très sûre de son rôle. Les autres non plus, d’ailleurs… Lorsque la famille de Riley emménage dans une grande ville, avec tout ce que cela peut avoir d’effrayant, les Émotions ont fort à faire pour guider la jeune fille durant cette difficile transition. Mais quand Joie et Tristesse se perdent accidentellement dans les recoins les plus éloignés de l’esprit de Riley, emportant avec elles certains souvenirs essentiels, Peur, Colère et Dégoût sont bien obligés de prendre le relais. Joie et Tristesse vont devoir s’aventurer dans des endroits très inhabituels comme la Mémoire à long terme, le Pays de l’Imagination, la Pensée Abstraite, ou la Production des Rêves, pour tenter de retrouver le chemin du Quartier Général afin que Riley puisse passer ce cap et avancer dans la vie…

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Trailer - Vice-versa (2015)
Par : Samuel Tubez

Les critiques à propos de ce film

Critique de Vice-Versa - De l’autre côté du miroir
Par : Nicolas Zinque
Tags : Animation

Une jeune fille dont le bonheur innocent est contrarié par un déménagement dans une ville inconnue ? Ce pitch n’a rien d’original, de prime abord. Mais entre les mains de Pixar, il se transforme en œuvre inoubliable. La brillante idée du studio est de suivre ce bouleversement de l’intérieur de l’héroïne, Riley. Dans la tête de la fillette cohabitent les 5 émotions primaires (la joie, la tristesse, la peur, la colère et le dégoût), qui déterminent son comportement. Chaque expérience agrandit les zones qui la façonnent, telles que la famille, les amis, les passions comme le hockey,… les souvenirs les plus forts alimentant la mémoire à long terme. Vice-versa est donc une sorte d’étude comportementale, mais fantastique et ludique, construite sur un double récit : celui de Riley et celui des 5 émotions. Le second (qui constitue l’intrigue principale) sert d’explication aux changements qui s’opèrent dans la jeune fille, à l’aube de l’adolescence. Sa pysché dérape lorsque Tristesse (perçue comme l’inutile du groupe) contamine des souvenirs essentiels, et est entrainée accidentellement avec Joie hors du quartier général. Celui-ci est laissé sous le commandement de Peur, Dégoût et Colère, qui, tout en essayant de bien faire, provoquent catastrophe sur catastrophe ! Subtilement, le film décrit alors les tourments de la pré-adolescence, avec énormément d’humour. Nul doute que les parents et leurs mômes en phase de rébellion se retrouveront dans cette histoire ! Plus encore, c’est un récit d’apprentissage, qui enseigne l’utilité des expériences négatives dans l’épanouissement de l’individu. Un message très adulte et pourtant compréhensible même pour les enfants.

Peter Docter avait déjà secoué le cocotier Pixar, en faisant preuve d’audace dans les enjeux dramatiques de Là-haut (sur un scénario de l’excellent Bob Peterson). Il s’appuie cette fois-ci sur un script ingénieux, signé Michael Arndt (oscarisé pour son Little Miss Sunshine), qui transforme notre bouillonnement intérieur en aventure. Les péripéties des personnages, tous attachants, sont imagées mais explicites (puisque mise en parallèle avec les épreuves de Riley) et surtout, frappantes de justesse : impossible de ne pas retrouver son propre vécu dans les scènes qui défilent et ce, quelle que soit sa culture ou sa personnalité. Le seul bémol d’un film presque parfait est un manque de tension, le sentiment de danger n’étant pas oppressant, et une intrigue qui manque un peu de variété dans ses objectifs (la partie active du scénario réside dans les tentatives de Joie et Tristesse de rentrer dans le QG). Du point de vue esthétique, Docter a opté pour un univers certes enfantin, mais très fin et créatif. On pourrait mettre en exergue des éléments précis, comme l’ami imaginaire Bing Bong, à la fois trouvaille visuelle et personnage fort, pour ce qu’il représente. En réalité, il faudrait citer presque toutes les scènes, tant elles sont riches en trouvailles.

Ce long métrage est bien loin du simple divertissement pour enfants ; ces derniers ne saisiront d’ailleurs pas tout le sous-texte. Non, les plus émus par cette histoire seront probablement les adolescents et les adultes, qui réactiveront inévitablement des souvenirs (peut-être) enfouis dans leur subconscient. Une nouvelle fois, Pixar parvient à apporter du sang neuf dans le monde de l’animation. La prise de risque du studio est payante (au moins sur le plan cinématographique) : Vice-versa s’installe d’emblée comme l’une des œuvres les plus abouties de son impressionnante filmographie.


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