Critique de film

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Le Manoir de la terreur

"Horror"
affiche du film

De retour dans son étrange château familial, Emily Blackford est partagée entre la distance de son frère et les secrets bien cachés de la gouvernante. Mais il semble que ces derniers ne soient pas les seuls habitants de la demeure, le père de famille, décédé tragiquement dans un incendie, est décidé à venger sa mort.

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Les critiques à propos de ce film

Critique de Le Manoir de la terreur (1963) - Un oublié de l’âge d’or du gothique italien
Par : Fred Pizzoferrato

Coproduction majoritairement espagnole tournée durant l’hiver 1962, Le manoir de la terreur n’arriva dans les salles françaises que quelques années plus tard, en mai 1966. A cette époque, l’âge d’or du gothique européen est déjà passé et le métrage d’Alberto De Martino parait trop classique pour convaincre les spectateurs ayant précédemment visionnés les chefs d’œuvres de Bava et Freda. Pourtant, le film demeure une plaisante curiosité en dépit d’un scénario linéaire et aujourd’hui sans grande surprise.

Fin du XIXème siècle, en Grande-Bretagne. A l’approche de son 21ème anniversaire, Emily revient dans le château familial des Blackwood (ou des Blancheville selon les versions !) en compagnie d’Alice et John Taylor. La jeune femme s’attriste de découvrir l’absence des anciens domestiques, tous renvoyés par son frère, Roderick. Emily découvre ensuite qu’une malédiction plane sur le domaine et que son père, mort dans un incendie, hante à présent les lieux et commet divers méfaits. A moins que le tueur ne soit pas celui que l’on croit ?

Soi-disant inspiré par Edgar Poe, le film se rapproche vaguement du cycle initié par Roger Corman avec La Chute de la maison Usher dont ce manoir de la terreur constitue une lointaine déclinaison agrémentée d’emprunts à d’autres contes macabres, en particulier « L’enterrement prématuré ». Cependant, cette caution littéraire reste légère et, à l’image de nombreuses productions estampillées « adaptées d’Edgar Allan Poe » tournées à la même époque, le patronyme du nouvelliste se voit surtout utilisé à des fins commerciales.

Le rythme du film reste, lui, assez languissant et les invraisemblances sont nombreuses, à commencer par ce masque en latex façon Scooby-doo arboré par le tueur soi-disant défiguré…en 1884 la postiche parait plutôt anachronique. Toutefois, l’ensemble se suit sans déplaisir grâce aux poncifs de l’épouvante gothique bien utilisé : Roderick (prénom évidemment référentiel) jouant de tristes mélopées sur son clavier, les demoiselles en détresse qui déambulent dans des corridors enténébrés un candélabre à la main, les scènes de cauchemars ponctuant le récit à intervalles réguliers,... Par sa construction et ses révélations en rafale durant le climax (un poil attendu), Le manoir de la terreur anticipe d’ailleurs certains procédés du giallo de machination qui allait dominer l’Italie à la fin des années ’60. Une sorte de passage de témoin entre deux courants emblématiques du cinoche populaire rital.

Si la première moitié du film traine un peu en longueur, la seconde se montre plus nerveuse et culmine lors d’un enterrement où, bien évidemment, la pauvre décédée est, en réalité, toujours vivante. Cette scène efficace use adroitement d’un décor d’abbaye en ruine du plus bel effet, sublimé par une jolie photographie en noir et blanc. Aidé par une mise en scène solide et des interprètes crédibles, Le manoir de la terreur se révèle très sympathique et, comme le rappelle Alain Petit dans les bonus de l’édition dvd (chez Artus) : « ce film appartient à l’âge d’or du gothique, ce n’est pas le meilleur mais ce n’est pas non plus le pire ».

Bref : un titre agréable situé dans une honnête moyenne et, pour les amateurs de cette épouvante gentiment surannée, une œuvre estimable à ranger aux côtés des plus réputés Masque du démon et autre Effroyable secret du docteur Hichcock. ----

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