Critique de film

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The second Death

"La segunda muerte"
affiche du film

Alba Aiello, une jeune détective, débarque dans une petite bourgade trop calme pour ne pas être louche. Quand des corps calcinés sont retrouvés dans un champ, elle ouvre une enquête avec l’aide d’un assistant qui ne la laisse pas insensible. Les pistes ne mènent nulle part jusqu’à ce qu’un garçon se revendiquant magicien affirme avoir le pouvoir de voir le passé des gens en touchant leurs photos...

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Trailer - The Second Death (2012)
Par : Damien Taymans

Les critiques à propos de ce film

Critique de The second Death
Par : Maureen Lepers
Tags : PIFFF 2012, BIFFF 2013

Premier long-métrage de l’argentin Santiago Fernandez Calvete, The Second Death surfe sur l’héritage de Twin Peaks et de l’horreur à l’espagnol, et raconte l’histoire d’une jeune flic, Alba Aielo, au passif houleux, échouée dans un village mystérieux et chargée d’enquêter sur une affaire louche de combustion spontanée.

Narré en voix-off par Alba, le film peine à s’imposer, aussi bien en tant que thriller fantastique, qu’en tant que polar, et pèche par une lenteur auteuriste agaçante, encore relayée par les vérités générales scandées en off par l’héroïne, censées invoquer à l’image tous ces personnages de flics emblématiques du cinéma, qui trainent dans les rues des villes leur ennui, leur whisky, leur culpabilité latente. L’échec du film n’est pas tant une question technique qu’une question de traitement et d’écriture qui singe l’histoire personnelle d’Alba quand elle aurait du devenir un moteur, un traumatisme à même de conditionner et d’éclairer son rapport à l’enquête en cours. Le film ouvre pourtant une brèche assez belle sur l’histoire personnelle et familiale de ses personnages principaux, et tente un exercice difficile : inverser les rôles, faire d’une femme et de ses divers avatars l’héroïne d’un film dont le genre n’existe quasiment qu’à l’aune de logiques masculines. C’est donc sur une déclinaison des natures féminines que s’appuie en partie le long métrage, et sur les fardeaux que celles-ci supposent. D’un autre pays, mais de même langue, le dernier film de Pedro Almodovar, La Piel Que Habito, s’interrogeait déjà sur les différents états du corps féminin et de ses fonctions, et constatait par là même le vacillement dont était victimes les personnages de femmes à l’écran, dont la mythologie tendait à s’inverser pour non plus révéler des saintes, mais bien des monstres. La dramaturgie de The Second Death est elle aussi fonction de plusieurs trajectoires féminines : Alba, représentant ultime d’une loi dite terrestre et que l’on opposera sans cesse à la figure d’une loi plus céleste – le prêtre, et Maria, ce fantôme de Vierge revenue se venger, et dont le spectre apparait aux futures victimes juste avant leur combustion. Ces deux lignes, il s’agit de les faire se rejoindre pour ouvrir la voie d’une rédemption.

Au centre de ce premier film de Santiago Fernandez Calvete, il y a donc l’humain : la mort - celle des victimes, celle aussi qui hante le personnage d’Alba – et, de fait, le deuil - de la famille, de cet enfant mystérieux qui lit le passé des gens en touchant leur photo, et d’autres personnages. Plus qu’un polar pur et dur, The Second Death s’impose plutôt comme un film noir, car régi par des dynamiques humaines et réflectives : c’est moins dans la résolution de l’enquête que dans l’introspection et le passé des personnages que se tiennent les clefs du film, et c’est d’ailleurs la fonction de la voix off. Le problème, c’est que ces histoires personnelles, si primordiales pour l’équilibre du film, peinent à générer à l’écran des émotions assez fulgurantes pour toucher le spectateur. Il apparait finalement que les personnages ne sont ici liés qu’artificiellement, et ne peuvent de fait ébranler, noircir le récit, lui donner la couleur du désespoir et du chagrin, quand tous ses protagonistes pourtant ne sont plus qu’un immense creuset de larmes.

D’une facture trop lisse, trop aussi ancré dans une imagerie horrifique déjà vue et dont la soi-disant magie ne vient jamais ajouter à l’inquiétante étrangeté lynchienne pourtant clairement souhaitée par le réalisateur, The Second Death cède aux travers de la facilité quand il aurait du, pour s’imposer, prendre le chemin de l’intime, et faire par le récit de la vengeance et de la rédemption, celui de l’ignominie de la nature humaine.


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