Critique de film

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Headhunters

"Hodejegerne"
affiche du film

Un chasseur de têtes accompli risque tout pour acquérir un tableau de valeur dont l’actuel propriétaire est un ancien mercenaire.

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Trailer - Headhunters (2011)
Par : Damien Taymans

Les critiques à propos de ce film

Critique de Headhunters
Par : Maureen Lepers

Nouveau polar/thriller venu du froid, Headhunters peut se targuer cette année d’être le grand gagnant (du jury et du public) de cet Etrange Festival 2012. Un palmarès au gout amer, puisque pourtant plein de promesses, ce troisième film du norvégien Mortem Tyldum, qui adapte ici le bestseller de Jo Nesbo, ne remplit pas exactement son contrat.

Headhunters, présenté en ouverture du Festival comme étant « le meilleur polar qu’on ait vu depuis longtemps », raconte quant à lui l’histoire d’un homme, Roger Brown (Aksel Hennie), complexé par sa taille (il mesure 1m68) qui compense sa présumée perte de virilité en achetant plein de cadeaux trop chers à sa femme et en volant des tableaux célèbres qu’il revend au marché noir. Ce caïd de riches, aux traits lisses et aux dents longues, qui n’appréhende du crime et de l’art que leur vitrine glamour, voit sa vie basculer alors que, traqué par un militaire presque surhumain (Nikolaj Coster-Waldau, échappé pour l’occasion de Game Of Thrones), il se voit contraint de renoncer à lui-même pour espérer survivre. La première dynamique auquel se soumet donc tant bien que mal Headhunters, est celle de la découverte, en ce sens qu’il s’agit pour le réalisateur d’opérer une plongée, et de faire surgir à la surface de ses images le réel des choses, ou du moins l’autre versant des réalités auxquelles sont soumis ses personnages. Tous en effet, cèdent peu à peu au poids des apparences, pour révéler autre chose. C’est d’ailleurs une belle idée de cinéma que de mettre en scène un héros voleur de tableau, qui fait de la copie et de la substitution ces logiques même d’évolution. Bientôt cependant, cette criminalité de surface, plane et figée au même titre que les toiles que Roger Brown dérobe aux plus riches que lui, s’efface au profit d’une réalité sale et brutale, dont il va s’agir d’appréhender la sauvagerie pour continuer de courir. Sous la tranquillité de la nature morte, la violence de la couleur, et c’est qu’illustre dans une certaine mesure le burlesque de la scène de la fosse sceptique : survivre, pour le cinéaste et son personnage, devient un jeu de profondeur, d’abolition des contours, et donc des limites. Ainsi, Roger Brown devra affronter sa Némésis militaire, et surtout faire fis de son physique, de son visage pour continuer de vivre.

C’est précisément là que se tiennent à la fois le deuxième axe d’analyse d’Headhunters, et son échec. En effet, qui dit crise des apparences, dit en sous pape, crise identitaire. Si Mortem Tyldum met assez bien en scène les vacillements de surface auxquels sont soumis ses personnages et ses lignes narratives, et s’il n’est pas dénué de fulgurances géniales de mise en scène, Headhunters pèche cependant par son sens du rythme ainsi que par un scénario trop peu solide, qui échoue surtout à exploiter ce que le sujet offrait en substance de plus intéressant : le combat dantesque d’un homme aux prises avec ses démons. L’efficacité d’un polar tient bien souvent à la capacité de sa mise en scène à figurer à l’écran les failles de son héros, et de s’engouffrer dans les brèches ainsi découvertes. Headhunters, bien sûr, n’est pas à proprement parler un film noir ; cependant, en s’ouvrant sur l’étalage en voix off des complexes et autres palliatifs de Roger Brown, il s’en approprie malgré lui l’un des motifs formels récurrents, ainsi que l’un des sujets privilégiés : la crise de l’identité masculine. Par l’intermédiaire de Clas Greve, le mercenaire à la poursuite du héros, le cinéaste offrait à son personnage principal un diable de taille, son exact contraire, qu’il s’agissait de vaincre pour mieux grandir. Pourtant, ce que proposait théoriquement le film, le cinéaste s’en désintéresse. Rapidement, il semble plutôt préférer l’histoire banale et sans surprises d’un fugitif malgré lui, dont les péripéties se teintent, à mesure qu’avance le film, d’un soupçon un peu rance de déjà vu qui condamne le spectateur à un niveau de lecture unique.

Malgré ses explosions de violence et un sens assumé de l’absurde, Headhunters en somme, a finalement l’odeur de l’inachevé, de ce qui, comme son héros, voulait être très grand, mais n’est que tout petit.


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