Critique de film

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Star Wars : Episode 1 - La menace fantôme

"Star Wars: Episode I - The Phantom Menace"
affiche du film

Trente ans avant La guerre des étoiles un Maître Jedi et son disciple sont envoyés par l'Alliance pour remettre de l'ordre sur une planète assiégée, que dirige une toute jeune reine. A défaut d'y réussir, il vont parvenir à libérer cette dernière. Lors de leur fuite, ils vont croiser une jeune enfant qu'ils perçoivent comme un futur chevalier capable de ramener la Force à l'équilibre. Son nom ? Amakin Skywalker, futur père d'un certain Darth Vador et grand-père d'un certain Luke Skywalker...

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Les critiques à propos de ce film

Critique de La Menace fantôme
Par : Gilles Penso

Seize ans après Le Retour du Jedi, George Lucas se lançait dans une préquelle de sa légendaire saga interplanétaire, attendue comme le messie par une myriade de fans surexcités. Les premiers posters du film, sur lesquels un petit garçon ressemblant comme deux gouttes d’eau à Luke Skywalker projetait dans le désert de Tatooine l’ombre de Dark Vador, attisait efficacement les espoirs, tout comme la bande originale de John Williams en circulation avant la sortie du film, où le célèbre thème de la marche impériale était décliné sur un mode paisible, presque enfantin. Evidemment, la promesse était trop grande. La déception n’en fut que plus intense. George Lucas aurait-il perdu en cours de route la flamme qui l’animait jadis ? N’aurait-il conservé que la patine en oubliant les fondations de son œuvre ?

Paradoxalement, le fameux texte déroulant d’introduction, qui s’avère incompréhensible à sa première lecture tant la situation politique décrite nous échappe, laisse présager une complexité qui contraste avec la naïveté - la puérilité ? - du film lui-même. La Menace Fantôme démarre pourtant bien. En un plan métonymique typiquement spielbergien, deux faiseaux de sabres laser luisent dans la fumée, évoquant à eux seuls la puissance des chevaliers Jedi. Mais la construction dramatique de cet épisode s’avère totalement déséquilibrée, le rythme se ralentissant progressivement jusqu’à un gigantesque passage à vide qui fit décrocher plus d’un spectateur. Certes, Lucas nous offre une splendide course de bolides sur la planète Tatooine très inspirée de Ben-Hur, au cours de laquelle le jeune Anakin Skywalker lutte pour sa liberté. Mais la qualité de la mise en scène et des effets visuels ne suffisent à nous captiver que superficiellement, car d’un point de vue strictement narratif, cette course est absurde. Pourquoi, malgré ses pouvoirs, le chevalier Qui-Gon Jinn laisse-t-il un gamin de huit ans risquer ainsi sa vie alors qu’il pourrait en un claquement de doigts l’arracher à ses esclavagistes ?

Fort heureusement, le dernier tiers du film rattrape en partie ces carences. Le souffle épique qu’il dégage, la chorégraphie des combats et la partition de John Williams nous rappellent d’un seul coup que nous sommes bien dans cette Guerre des Etoiles qui nous avait tant fait rêver. Il faut d’ailleurs avouer que si le charme opère enfin, c’est que nous sommes en terrain connu. En effet, le triple combat monté en action parallèle dans cette dernière partie du récit calque sa construction sur le dénouement du Retour du Jedi . « Lorsque La Menace Fantôme entra en production, ILM n’avait encore jamais pris en charge un film contenant 2000 plans truqués », raconte Kevin Rafferty, superviseur des images de synthèse. « Pour y parvenir, nous avons partagé le travail en trois équipes, chacune dirigée par son propre superviseur d’effets visuels : Dennis Muren, John Knoll et Scott Squires. »

Effectivement, le foisonnement des effets numériques est parfois étourdissant à l’écran. Mais un sentiment mitigé demeure. Alors que le casting humain est plein d’intelligence, Lucas n’a pas résisté à la tentation d’une profusion de créatures ridicules et inutiles, la pire de toutes étant sans conteste l’amphibien rasta Jar Jar Binks qui multiplie les pitreries tout au long du film pour assurer le rôle bien superflu de faire-valoir comique. Il en est de même pour les décors. On a beau s’extasier devant le magnifique palais princier tout droit sorti d’un album de "Flash Gordon", on ne peut s’empêcher de rester perplexe face au siège des Maîtres Jedi, une espèce d’appartement new-yorkais Art déco perdu dans une forêt de buildings sillonés par des voitures volantes. Ce premier épisode présente certes le mérite de donner fortement envie au public de voir les deux épisodes suivants, lesquels poseront les inexorables jalons du noir destin d’Annakin Skywalker. Mais la suite de cette nouvelle trilogie, malgré de nombreux morceaux de bravoure, n’arrivera jamais à la cheville de celle qui l’inspira.

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