Critique de film

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Les Aventures de Sherlock Holmes

"The Adventures of Sherlock Holmes"
affiche du film

Le Professeur Moriarty a volé les bijoux de la Couronne de la Tour de Londres. Pour provoquer Holmes, Moriarty fait assassiner une jeune femme.

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Les critiques à propos de ce film

Critique de Les Aventures de Sherlock Holmes - Le retour du dynamique duo
Par : Fred Pizzoferrato

Si, à la fin des années 30, Sherlock Holmes est déjà apparu une centaine de fois sur les grands écrans, la 20th Century Fox décide d’adapter une nouvelle fois les œuvres d’Arthur Conan Doyle. Le premier film envisagé est une nouvelle version de ce qui reste, sans doute, la plus célèbre enquête du détective de Baker Street, Le chien des Baskerville.

Le studio, apparemment, ne croyait pas vraiment au succès de ce long-métrage mais les foules se déplacèrent pourtant en masse pour suivre les exploits du dynamique duo composé de Holmes et Watson. Une séquelle, Les Aventures de Sherlock Holmes, suivit très rapidement, illustrant l’engouement des spectateurs des années ’30 et ’40 pour les enquêtes complexes menées par d’intrépides limiers. Cette mode perdura jusqu’à la fin des années ’40 avant d’être remplacée par celle, plus nerveuse et brutale, du « film noir » puis reprise, bien plus tard, par la télévision au travers d’innombrables fictions centrées sur un rusé enquêteur.

Bénéficiant d’un budget conséquent et d’un scénario soigneusement structuré, Les Aventures de Sherlock Holmes confronte le prince de la déduction à son ennemi héréditaire, Moriarty, alias le « Napoléon du crime », joué par George Zucco, un familier de l’épouvante vu, entre autre, dans La Tombe de la momie et La Maison de Frankenstein. Basil Rathbone, pour sa part, reprend, bien sûr, le rôle de Holmes, lequel le suivit durant toute sa carrière puisqu’il devint, pour beaucoup, l’interprète définitif du fin limier, du moins au cinéma.

Nigel Bruce, de son côté, incarne à nouveau un Watson débonnaire, bon vivant, bouffon et globalement incompétent quoique beaucoup moins idiot que dans certains épisodes ultérieurs. Les deux hommes perfectionnent, dans ce second épisode, leur alchimie, et trouvent le juste équilibre entre l’intelligente froideur de Holmes et la chaleureuse bonne humeur de Watson. Une recette d’ailleurs reprise, avec plus ou moins de bonheur et de bouffonneries, dans les douze épisodes suivants de la saga. Enfin, Ida Lupino, âgée d’à peine 21 ans mais ayant déjà une vingtaine de long-métrages à son actif, complète la distribution.

De manière originale, Les Aventures de Sherlock Holmes débute par une défaite infligée au limier, un jury décidant, faute de preuves, de relâcher le diabolique professeur Moriarty. Holmes déboule au tribunal armé de faits nouveaux capables d’incriminer le génie du mal mais, hélas, l’affaire est entendue et le verdict prononcé. Les deux ennemis discutent ensuite tranquillement et le Napoléon du Crime prévient Holmes du caractère spectaculaire de son prochain méfait. Le fourbe bandit met rapidement ses menaces à exécution et élabore deux plans machiavéliques dont le premier est uniquement destiné à distraire le limier, lancé au secours d’une demoiselle en détresse menacée par des lettres sibyllines. Cependant, Moriarty s’apprête, dans le même temps, à s’emparer d’une splendide émeraude, un des joyaux de la couronne d’Angleterre gardée dans la Tour de Londres.

D’une durée restreinte (environ une heure et vingt minutes), Les Aventures de Sherlock Holmes avance rapidement et sur un rythme soutenu. Alfred Werker (auquel on doit, quelques années plus tard, un classique du polar, Il marchait la nuit) maintient l’intérêt par une habile combinaison de mystère, de suspense et de comédie. A ce sujet, le long-métrage réserve des moments amusants et la meilleure scène comique place Watson sur la route afin qu’il prenne, lors de la reconstitution d’un meurtre, la place d’un cadavre. Un piéton demande au brave médecin s’il est souffrant et Watson réplique « mais non, je suis mort ». Le reste de leur échange relève du même tonneau mais se garde de transformer l’assistant de Holmes en un simple clown, une retenue oubliée, par contre, par la plupart des films ultérieurs.

La partie détection et la résolution du mystère, pour leur part, sont convaincantes même si Les Aventures de Sherlock Holmes n’adapte par une œuvre du « canon » littéraire et s’inspire de la pièce « Sherlock Holmes », écrite en 1899 par William Gillette.
Le climax, situé dans la Tour de Londres, s’avère, lui, parfaitement mené et complètement maîtrisé tant le cinéaste propose un suspense prenant dans un environnement gothique et inquiétant, guère éloigné des classiques de l’épouvante sortis à la même époque par la Universal.

Alerte, nerveux, drôle et efficacement réalisé, Les Aventures de Sherlock Holmes, servi par l’interprétation impeccable de Rathbone et Bruce, a joliment bien vieilli et se déguste avec toujours autant de plaisir plus de 70 ans après sa sortie. Un classique et un incontournable pour les admirateurs du prince des détectives !


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