Critique de film

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Anaconda, le prédateur

"Anaconda"
affiche du film

Une équipe de tournage s'aventure sur le fleuve Amazone, au Brésil, pour tourner un documentaire. Tout va bien jusqu'à ce que l'équipage embarque à bord un aventurier du nom de Paul Sarone, chasseur de l'un des plus grands serpents du monde: l'anaconda. Le nouveau passager détourne le bateau vers une région où ces animaux abondent. Ce qu'ils y découvrent n'est pas un serpent ordinaire, mais plutôt un prédateur mortellement dangereux qui semble impossible à vaincre.

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Trailer - Anaconda, le prédateur (1997)
Par : Damien Taymans

Anaconda, le prédateur
Bande annonce vf publié par CineMovies.fr - Les sorties ciné en vidéo

Les critiques à propos de ce film

Critique d’Anaconda - Les dents de l’Amazone
Par : Fred Pizzoferrato

Réalisé en 1997, Anaconda annonce le revival du film d’agressions animales, un sous-genre à mi-chemin de l’aventure et de l’épouvante dont les plus illustres représentants restent Les oiseaux et Les dents de la mer.

Populaire durant les seventies et le début des eighties (outre les nombreux films de requins décalquant le chef-d’œuvre de Spielberg on vit débarquer sur les écrans d’incroyables alligators, des bisons blancs, des piranhas gloutons, des sangliers rageurs, des ours affamés, etc.), le style finit par lasser au milieu des années 80, époque à laquelle ne subsiste que des séries Z à destination des vidéoclubs. A l’instar de Scream pour le slasher (autre sous-genre qui connut, grosso-modo, un destin similaire), Anaconda a ressuscité le filon de la « grosse bête » mangeuse d’hommes en proposant un divertissement sympathique aux touches humoristiques assumées. En dépit de critiques généralement négatives, Anaconda, budgété à 45 millions de dollars, fut un succès et lança une nouvelle vague d’animaux tueurs. Lake placid, Arack attack, Bat ou Peur bleue se succédèrent dans les salles obscures mais, comme toutes les modes, celle-ci fut éphémère, du moins sur les grands écrans puisque, par la suite, de petites compagnies comme Nu Image, The Asylum et la chaine de télévision SyFy se lancèrent joyeusement sur le marché de la vidéo. La démocratisation des effets spéciaux numériques (souvent piteux) permit ainsi la sortie de Boa, Python, Mega Snake, King Cobra, Boa Vs Python, Komodo Vs Cobra et bien d’autres. Mais ceci est une autre histoire et revenons plutôt à ce premier et distrayant Anaconda.

Une équipe d’ethnologues, menés par la belle Terry Flores, embarque à destination d’une région perdue du Brésil dans le but de réaliser un reportage sur la tribu des indigènes Shiroshama. La petite bande croise, par hasard, la route d’un aventurier sur le retour, Paul Sarone, ancien prêtre reconverti dans le lucratif trafique de serpents à destination des amateurs de bestioles exotiques. Après diverses péripéties, les scientifiques sont attaqués par un anaconda géant particulièrement agressif que Paul se propose de capturer. Le baroudeur affirme qu’ils disposeront ainsi un reportage sensationnel mais le reptile se révèle bien plus redoutable qu’escompté…

Nominé dans les catégories « plus mauvais film », « plus mauvais scénario », « plus mauvais acteur » et « plus mauvais réalisateur » au Razzie Award, cette mascarade bobo bien-pensante dont on connaît le manque de discernement et l’élitisme douteux, Anaconda s’avère, pourtant, un très plaisant récit et un savant mélange d’aventures et d’horreur, mené avec rythme et humour. Bien sûr, il ne faut pas en attendre un scénario complexe ni beaucoup d’innovation mais qui regarde un long-métrage comme Anaconda pour ce genre de chose ? Ici, l’accent se porte sur le casting composé d’une série de personnalités improbables et de trognes comme ce cher Jon Voight. En roue libre totale, le comédien « oscarisé » effectue une performance réjouissante et cabotine joyeusement, le visage perpétuellement barré d’un rictus sadique digne d’un méchant de roman de gare. Un régal. A ses côtés la chanteuse devenue actrice J-Lo essaie, tant bien que mal, de se montrer crédible dans son rôle de scientifique à poigne perdue au cœur de l’Amazonie. Eric Stoltz (La mouche 2, Pulp Fiction), pour sa part, disparaît rapidement de la circulation et laisse la vedette au rappeur Ice Cube (Ghost Of Mars, Torque) en caméraman héroïque décidé, malgré lui, à en découdre avec le reptile géant. Le comique Owen Wilson (les franchises Mon beau-père et moi et Shanghai Kid) et le couturé Danny Trejo (la tétralogie Spy Kids, Machete, Planète Terreur et plus de deux cents autres films et séries !) sont également de la partie dans des rôles secondaires.

La photographie réussie, les superbes paysages exotiques utilisés à bon escient et une mise en scène efficace qui offre quelques plans impressionnant (le serpent se détend tel un fouet pour happer une victime réfugiée sur une falaise) compensent largement les facilités du script et les inévitables invraisemblances, après tout indissociables de ce genre de produit.

Au rayon des trucages, si certains effets numériques paraissent douteux et accusent déjà un coup de vieux, ils restent largement plus convaincants que ceux utilisés sur les sous-produits ultérieurs (comme Anaconda 3 par exemple). Les « animatroniques », elles, possèdent un côté rétro estimables et fonctionnent de manière crédible en interagissant adroitement avec les acteurs. Les maquillages spéciaux et les plans sanglants, quoique timides, sont efficaces, y compris lors du clin d’œil final (au propre comme au figuré !) aussi ridicule qu’amusant.

Comme le signalait déjà le distingué Roger Ebert, critique du New York Time « Anaconda is an example of one of the hardest kinds of films to make well : a superior mass-audience entertainment. ». En traduction et en résumé, Anaconda constitue un très bon divertissement populaire : rondement mené, bien servi par des effets spéciaux globalement efficaces, des acteurs cabotins, une photographie classieuse et une réalisation nerveuse. Un bon spectacle sans temps mort, à déguster sans arrière-pensée et, à coup sûr, le meilleur film de serpent géant jamais tourné.


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