Critique de film

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L'Emprise

"The entity"
affiche du film

Une nuit, Carla Moran est violée par 'quelque chose'. L'attaque est d'une grande sauvagerie, pire, elle est vicieuse... Le lendemain, Carla découvre que son corps est couvert de contusions. Depuis, chaque nuit, elle est victime des assauts de plus en plus violents et de plus en plus pervers de cette entité terrifiante. Et ce n'est pas prêt de s'arrêter...

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Les critiques à propos de ce film

Critique de L’emprise
Par : Gilles Penso

A l’origine de L’Emprise, il y a un fait divers réel survenu à Los Angeles en octobre 1976, et considéré selon les experts comme « l’un des plus extraordinaires cas dans l’histoire de la parapsychologie », dixit le générique du film qui adapte lui-même un roman de Frank de Felita. Campée par la magnifique Barbara Herschey, Carla Moran est une jeune femme de 32 ans, mère célibataire d’un grand garçon, Bill, et de deux petites filles, Julie et Kim. Un soir, elle est agressée dans sa chambre par une créature invisible qui la frappe, l’étouffe et la viole sauvagement.

Personne ne croit à son histoire, que l’on attribue à un cauchemar, mais lorsque l’entité prend en plein jour le contrôle de son véhicule, manquant de la tuer, elle décide d’aller voir un psychiatre de l’hôpital, le docteur Sneiderman (Ron Silver). En creusant la question, ce dernier développe une théorie liée aux peurs subconscientes de Carla. « Certaines phases de notre vie ne meurent jamais tout à fait, et elles nous affectent pendant toute notre vie », lui déclare-t-il. « Elles se manifestent quelques fois avec un esprit de vengeance. Elles peuvent créer des illusions, des angoisses et des hallucinations. » Persuadé que le tabou développé autour du sexe dans l’enfance de la jeune femme est à l’origine de ce visiteur imaginaire, il invoque le complexe d’Œdipe, affirmant : « votre créature est un symbole ».

Mais les attaques suivantes excluent peu à peu la thèse psychanalytique. Il y a d’abord ce viol dans la salle de bains, puis cette agression devant les enfants de Carla accompagnée d’éclairs électriques, et enfin cette scène incroyable où le corps dénudé de la jeune femme est malaxé par des doigts invisibles. Le trucage, hallucinant, utilise un corps factice conçu par Stan Winston et James Kagel, et la séquence est d’autant plus troublante que Carla connaît un orgasme. Celle-ci finit par faire appel à une équipe de parapsychologue, qui tente une expérience de la dernière chance : reconstituer la maison de Carla dans un gymnase de l’université et tenter de congeler la créature avec de l’hélium liquide, afin de prouver qu’elle a une masse et qu’elle n’est pas une simple projection psychique.

La force d’un tel sujet trouve un précieux écho dans l’interprétation extraordinaire de ses comédiens (Barbara Hershey remporta en 1982 le prix d’interprétation du Festival d’Avoriaz) et par la mise en scène très inspirée de Sidney J. Furie. Ce dernier crée un climat de malaise dès les premières minutes du film, jouant en maître avec ses cadrages, ses éclairages, ses angles de prise de vue, sa bande son et son montage. Refusant les effets chocs et les ellipses tentantes, il étire ses séquences, prolonge des plans apparemment anodins et construit de véritables morceaux d’anthologie en matière d’épouvante. La musique de Charles Bernstein, bien qu’un peu datée, concourt aussi à entretenir cette atmosphère oppressante qui ne quitte le spectateur que longtemps après la projection. Pas vraiment reconnu à sa juste valeur, L’Emprise a pourtant toutes les qualités d’un classique du genre, à mi-chemin entre L’Exorciste et Poltergeist avec lesquels il présente de nombreuses similitudes.

Pour découvrir les critiques de Gilles Penso, cliquez ici


Critique de The Entity - Fauchée en plein viol
Par : Wizzdumb

Sorti en septembre 1982, soit à peine trois mois après Poltergeist, L’Emprise n’a reçu que les miettes d’un public qui se remettait péniblement des esprits cogneurs de Carol Anne. Sur papier, la comparaison était inévitable : phénomènes paranormaux, saloperies éthérées, incrédulité forcenée du plouc rationnel… Mais là où le carton de Tobe Hooper n’administre qu’une petite pichenette au puritanisme de l’époque, L’Emprise de Sidney J. Furie balance une beigne morale tellement balèze que, trente ans après, personne n’a osé lui rendre la pareille : le viol plein cadre d’une femme par un esprit malfaisant (cherchez pas, c’était un mec dans Irréversible).

Jouant avec les codes des eighties, Furie n’hésite pas à prendre des risques en plongeant le personnage de Barbara Hershey dans un environnement ouvertement machiste, faisant d’elle – la pauvre mère au foyer qui peine avec ses cours du soir en secrétariat – une petite brebis soumise au bon vouloir des hommes (le psychologue, le petit ami, le mari de sa meilleure amie etc…). Evidemment, en stagnant sur les marches de la lecture primaire, certains humanistes condescendants peuvent voir les viols explicites comme le point d’orgue d’un rabaissement chronique de la femme. Mais c’est ce qui arrive souvent aux presbytes de l’éthique qui manquent invariablement le grand tableau en se focalisant sur le détail. Fragile dans un monde de brutes, certes, mais surtout abandonnée par des trouillards qui préfèrent l’indifférence rationnelle plutôt que d’admettre l’impensable. Les voilà, les fameux machos de Furie : un psychologue paternaliste (joué par le regretté Ron Silver) qui s’escrime à trouver des réponses dans les traumatismes d’enfance de Carla Moran (abus du père, recherche constante de la figure paternelle dans les partenaires, autant d’œillères de bon macho incapable de la voir autrement qu’en victime), qui l’entend mais ne l’écoute pas, qui creuse à l’intérieur au lieu d’être attentif à l’extérieur. Ou encore un petit copain aussi absent qu’un fantôme (mais visiblement moins marquant au plumard) qui se bouffe métaphoriquement les couilles à la première tuile surnaturelle.

Autre subtilité bienvenue : le refus du scénario de trancher entre une science – inexacte mais socialement acceptée – telle que la psychologie et la parapsychologie – tout aussi inexacte mais reléguée par beaucoup au rang de charlatanisme. Cette absence de parti pris parvient même à installer des moments de doute (hallucinations collectives ? Télékinésie ?) qui ne font que renforcer l’aspect dérangeant du film : l’impuissance et les contradictions scientifiques nous sortent de notre zone de confort et – pour une fois – aucun VRP en soutane ne vient proposer un lavage d’estomac à base de psaumes et de crucifix.
Formellement, Sidney J. Furie – que l’on cantonne trop souvent aux seuls Aigle de Fer et Superman IV – nous offre une première partie qui frôle la perfection : mise en place emballée en à peine dix minutes et premier broutage de cresson ectoplasmique aussi sec (si l’on peut dire). Jouant sur un rythme à contrepied, il utilise également deux artifices pour faire grimper à la tension à chaque apparition éthérée : la litanie musicale de Charles Bernstein qui pilonne ses basses brutes comme autant de coups de reins déchaînés, et le choix assumé de ne rien montrer de cette entité malfaisante, ce qui souligne une fois de plus l’ambiguïté de son origine (soit dans la tête, soit dans le berlingot, mais en tout cas, bien profond !). La deuxième partie, qui débute avec l’arrivée des parapsychologues et leur bonne gueule de geeks asexués, se fourvoie par contre dans une débauche sur-explicite d’effets visuels qui, primo, cassent l’aura angoissante de la suggestion amorcée jusque là et, deuzio, sont tellement bâclés (les lasers d’outre-tombe, mouhahaha !) qu’on dirait soit un soundcheck fauché de Jean-Michel Jarre soit une banquise miniature en papier sulfurisé pour la scène finale.

Dernier petit bémol : tiré du livre de Frank De Felitta paru en 1978, L’Emprise prospecte auprès du public potentiel avec un argument racoleur, puisqu’il est soi-disant inspiré du calvaire enduré par Doris Bither durant les années 70 et plus si affinités (googlez la p’tite dame pour en savoir plus). Ce genre de procédé verse plus souvent dans le sensationnalisme que dans la quête de la vérité (Amityville et plus récemment Le Dernier Rite sont des canulars avérés), et L’Emprise n’avait clairement pas besoin de cette caution douteuse pour vendre son steak horrifique.

Se permettre nudité, cruauté et violence psychologique explicites en un seul plan pour un grand studio comme la Fox, voilà une chose qu’elle est rare et couillue ! Véritable choc, tant dans ses propos que dans sa manière frontale et crue de montrer un viol surnaturel, L’Emprise ne laisse pas indemne, malgré une deuxième partie un peu trop brouillonne. C’est aussi l’occasion de retrouver Barbara Hershey (sublime dans son rôle de mère névrosée dans le surestimé Black Swan) qui livre une prestation phénoménale et l’une des scènes les plus flippantes du genre (j’en frissonne encore), avec son mamelon aux prises d’une paluche invisible (merci, Stan Winston) !


Commentaires sur le film

3 etoiles

coups de coeurCoup de coeur !

A considérer comme un bon film, scénario original, à condition de prendre le cinéma pour ce qu’il doit être : un outil pour se distraire (on en a besoin) et pas pour réfléchir.

A prendre donc au second degré : les fantômes - et les esprits - ça n’existent pas !

Donc ce film offre une - très - bonne distraction de 2 heures.

L’interprétation de Barbara Hershey est remarquable.

Ce film vaut bien 3 étoiles.

27 septembre 2012 à 20:09
L’Emprise la bonne surprise

4 etoiles

Film d’horreur et fantastique très bon et pourtant méconnu. Des scènes d’attaques bien mise en scène et d’une efficacité extrême. Stressant et angoissant, parfois est un peu prévisible (surtout au début) et un peu répétitif. La fin est assez étrange, à découvrir pour amateur de cinéma fantastique.

28 décembre 2012 à 13:12 | Par AnarchYgor

4 etoiles

coups de coeurCoup de coeur !

Un des meilleurs films fantastiques des 80’s !
Si, en apparence, "L’emprise" semble se cantonner dans le genre épouvante de foire, rejoignant la mouvance "Poltergeist" et "Amityville", c’est un film bien plus subtil et réussi qui mériterait d’être réévalué.
L’interprétation hallucinante de Barbara Hershey atteint des sommets, la réalisation de Sidney J. Furie adopte des parti-pris très efficaces (amorces d’objets menaçantes dans les plans, séquences chocs très réalistes) et la musique obsédante de Charles Bernstein donnent un cocktail d’une grande force : rarement une ambiance fantastique a été aussi bien installée et maintenue sans recours aux effets faciles ou gores.
Seul point noir : la dernière partie pseudo-scientifique qui plonge

29 janvier 2014 à 04:01 | Par Frank Einstein

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