Critique de film

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Furor Absurdüs

"Furor Absurdüs"
affiche du film

Ce documentaire suit le réalisateur Jean-Jacques Rousseau sur le tournage de L'histoire du Cinéma 16

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Les critiques à propos de ce film

Critique de Furor Absurdüs - Les Pasque en action
Par : Ursula Von Trash

Il n’y a plus de saisons ma bonne dame, alors le Nouvel An peut bien avoir lieu un Samedi 26 Septembre. Jamais à l’abri d’une bonne blague, les Belges ont donc envahi Paris pour fêter dignement cet événement. Occupation bon enfant du « Studio 28 », illustre salle parisienne, pour une soirée Jean-Jacques Rousseau, le cinéaste de l’Absurde.

Parce que l’enfant terrible du cinéma belge, masqué comme un super héros, défendant un ciné fauché, sans concession n’est pas facilement cernable, deux jeunes réalisateurs se sont lancés dans un projet fou de documentaire. Approcher la bête dans son habitat naturel (un tournage), l’apprivoiser et rendre visible son modus operandi (direction d’un plateau), donner à entendre son humour grinçant, carburant indispensable face à la dérision des moyens et la grandeur des buts. Bienvenue en Utopie.

Maxime Pasque, fasciné par l’appétit cinématographique de Jean-Jacques (45 films en 45 ans de carrière) lui expose lors d’une projection bruxelloise son projet de documentaire. Il embarque son cousin Michel dans cette aventure au long cours. Deux ans de tournage seront finalement nécessaires pour faire naître Furor Absurdüs même si les deux comparses confient qu’ils auraient bien continué encore un peu cette odyssée filmique.

Furor Absurdus donc, remix des titres Dossier Absurdus (1977) et Furor Teutonicus (1999), ressemble sans conteste à un cadavre exquis de l’univers rousseauiste. Les deux documentaristes ont choisi de livrer un portrait en creux du cinéaste. Pas de flash-back sur sa carrière, ses motivations. Tout juste un trait d’humour de Rousseau sur sa vocation (« ceux qui aiment l’odeur de l’essence deviennent garagistes, j’aime l’odeur de la pellicule, alors… »).
Chapitré par les messages téléphoniques laissés par le bonhomme aux deux réals, le documentaire, tourné dans les coulisses des films de Rousseau, oscille sans cesse entre drôlerie, intimité et humanité. L’homme masqué se révèle un gamin passionné qui a remplacé ses soldats de plomb par des acteurs amateurs (et bénévoles tels Johnny Cadillac sosie de Johnny ou Jean-Claude Botte, excellent viking pervers), qui imagine des scénarii improbables portés par des docteurs déviants et cruels, des infirmières bossues, des nazis russophones (ou l’inverse), bref une galerie de portraits totalement loufoques lâchés dans des histoires insolites.

Mais au-delà du kitsch de situations plus hallucinantes les unes que les autres (lors d’une séquence tournée sur les bords d’une rivière, des kayaks passent en arrière-plan, éberlués du tournage auquel ils assistent inopinément), plane l’ombre de la mort. Rousseau est un réalisateur vieillissant, dont les proches disparaissent à mesure que sa filmo s’allonge.

La scène la plus émouvante de Furor Absurdüs (et inattendue pour les Pasque qui se sont questionnés avant de la monter dans la version définitive), est introduite par un énième message audio de Jean-Jacques, annonçant le décès de Botte (le fameux viking), où l’on assiste à l’habillage de l’acteur. Rendant au cinéma sa magie d’évocation et l’immortalité qu’il confère à ceux qui y consacrent leur vie, les Pasque touchent alors au but, émouvoir sans pathos, impliquer même ceux qui ignorent Rousseau.

Furor Absurdüs évite le piège de la biographie révérencieuse (les origines, le blabla hagiographique impersonnel) pour l’exercice périlleux (mais réussi) de l’immersion en milieu inconnu. Comment présenter Jean-Jacques Rousseau si ce n’est en le plongeant dans son univers et en l’observant évoluer. Hâbleur, parano, émouvant, passionné, kamikaze, drôle, l’homme est mis à nu sans se départir de sa vieille cagoule, son cinéma présenté aux novices (dont j’étais) avec empathie et distance. Un documentaire où l’humain imprègne plus la pellicule que le factuel, des saynètes entre farce et tragi-comédie, un petit précis de Rousseau illustré en somme.


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