Cinemafantastique vous propose une critique jeune des films les plus vieux au plus récents traitant du fantastique dans sa globalité. Horreur, gore, fantômes ...
Le jeune Joshua part une semaine en vacances avec sa famille dans une petite bourgade, répondant au doux nom de Nilbog. Malheureusement pour lui, cette ville est en fait peuplée de trolls qui se réjouissent de la venue de chair fraîche. Mais Joshua peut compter sur un allié inattendu pour se sortir de là: le fantôme de son grand-père...
Par Sébastien Brunclair
Il y a des films qui vous hantent des années durant, par l’ingéniosité de leur mise en scène, l’intelligence de leur scénario ou le jeu puissant de leurs interprètes. A l’opposé, il y a des « œuvres » qui frappent par le n’importe quoi de leurs idées, la médiocrité de leur réalisation, de leur bande-son et de leur jeu d’acteurs mais qui restent inévitablement accrochées à vous, avec ou sans votre consentement. Troll 2 fait incontestablement partie de cette deuxième catégorie.
Signé par le réalisateur italien Claudio Fragasso (qui se planque ici sous le pseudonyme de Drake Floyd), Troll 2 suit les aventures de Joshua, un jeune garçon qui aime écouter les histoires de son
grand-père Seth à propos des Gobelins, des créatures végétariennes (ressemblant étrangement à des nains vêtus de sacs à patates) qui transforment leurs proies en plantes avant de les dévorer. Ah oui, juste pour le détail, le grand-père en question est mort, et Joshua est le seul à le voir, ce qui n’inquiète pas ses parents outre-mesure (« tu sais chéri, c’est normal d’avoir des amis imaginaires à son âge »). Le garçonnet et sa petite famille vont procéder à un échange de maisons pour les vacances et s’installent donc dans la petite ville de Nilbog(…), dont les habitants ont l’air étrangement heureux de leur arrivée…
En lisant le synopsis, vous n’avez vu aucune mention de troll et vous vous demandez si c’est un simple oubli ? Et bien non : Troll 2 n’en contient aucun. Le film devait à l’origine s’appeler « Goblins », mais les producteurs ont voulu surfer sur le succès de Troll, sympathique série B sortie 4 ans auparavant. Et cette absurdité donne tout de suite le ton : tout dans ce film est à la fois foiré et jouissif. Les acteurs réussissent à être à la fois très(trop ?) investis dans leurs rôles et incroyablement mauvais. Ceci peut s’expliquer par l’amateurisme d’un grand nombre d’entre eux : par exemple, George Hardy, qui campe le père de famille, est dentiste de profession, et ça sera sa seule apparition au cinéma. Mais des acteurs nullissimes ont besoin d’un script à la hauteur de leur incompétence pour pouvoir briller, et c’est là que Troll 2 part vraiment en vrille : le film est un mélange improbable d’idées hallucinantes sorties d’un cerveau probablement bien dérangé. C’est ainsi peut-être le seul film de l’histoire où des monstres végétariens sont repoussés à coups de sandwich au jambon, et où le héros sauve sa famille en arrêtant le temps afin d’uriner sur un gâteau empoisonné. Citons encore, en vrac, une scène d’un érotisme invraisemblable à base d’épis de maïs, un personnage transformé en plante humaine entretenue par une sorcière, ou encore une séance d’aérobic d’une grâce et d’un charme tout relatifs. 
Tous ses défauts le rendent inclassable et unique, et lui valent régulièrement le titre de « pire film ». Un mini-phénomène a pris place aux USA, donnant lieu à des projections en présence de l’équipe du film, et même un documentaire justement appelé « Best Worst Movie », réalisé par…Michael Stephenson, l’interprète de Joshua (c’est d’ailleurs rassurant de voir qu’il a pu grandir de façon normale après avoir joué dans une telle hallucination).
Au final, Troll 2 ne se regarde pas, mais se vit, et de préférence à plusieurs. L’incompétence de la réalisation, du jeu d’acteur et le fourmillement d’idées ahurissantes en font un film objectivement très mauvais, mais en même temps terriblement attachant. Soyez juste prévenus : vous ne verrez plus jamais les végétariens de la même façon…
http://www.youtube.com/watch?v=HyophYBP_w4
Une réplique incroyable du film !