Cinemafantastique vous propose une critique jeune des films les plus vieux au plus récents traitant du fantastique dans sa globalité. Horreur, gore, fantômes ...
Merida, experte en tir à l’arc, est fille du roi Fergus et de la reine Elinor. Bien décidée à suivre son propre chemin dans la vie, Merida défie une tradition millénaire sacrée aux yeux de trois seigneurs hauts en couleur : l’impressionnant Lord MacGuffin, Lord Macintosh, désagréable au plus haut point et l’irascible Lord Dingwall. Sans l’avoir voulu, Merida va déchaîner le chaos dans le royaume, et lorsqu’elle se tourne vers une vieille femme excentrique réputée pour sa sagesse pour trouver de l’aide, elle va voir se réaliser un vœu bien malheureux… Le danger va forcer Merida à découvrir le vrai sens du mot bravoure afin de déjouer la terrible malédiction qui se profile...
Ecosse,Xe siècle. Fille du roi Fergus et de la reine Elinor, Mérida a été éduquée dans un seul but : devenir la princesse idéale, et endosser toutes les responsabilités que cela implique. Mais l’adolescente en a assez de ces principes et préfère manier l’arc, en filant à toute allure sur son fidèle cheval. Mais voilà qu’arrive un tournoi organisé entre les fils de trois seigneurs, dont le vainqueur se verra promettre la main de la jeune fille. Hors de question pour Mérida, qui décide de se rebeller et de prendre son destin en main, au risque de bouleverser sa vie et celle de son entourage…
« Le nouveau film des studios Pixar ». Un pedigree difficile à porter, tant la plupart de leurs productions précédentes se sont imposées comme de véritables films cultes, aptes à divertir autant les marmots que leurs parents, à coup de personnages marquants et d’intrigues à double lecture. Pourtant, depuis la sortie de l’efficace mais oubliable Cars 2 en 2011, nombreux sont ceux qui se sont mis à douter de la firme à la lampe de bureau.
Rebelle part donc avec un fardeau, celui de prouver que ce coup de mou n’était qu’une simple erreur de parcours isolée. Autant être direct : sur cet aspect, le film échoue. Bien qu’exploitant un cadre intéressant et original (on ne peut pas dire que l’Ecosse soit l’environnement le plus utilisé dans les films d’animation), Rebelle peine à marquer durablement les esprits.
Pourtant, techniquement, il va sans dire que le film est magnifique. Le tout est incroyablement animé (mention spéciale à la chevelure de Mérida, qui a demandé un sacré travail) et est un régal pour les yeux, mais également pour les oreilles. La bande-son signée Patrick Doyle est remarquable et illustre parfaitement l’univers développé.
Si le problème n’est donc pas d’ordre technique (restons sérieux, on est quand même chez Pixar), il est plutôt à aller chercher au niveau du script. Des histoires de princesses, Disney nous en a servis à la pelle, et Rebelle ne sort pas vraiment du lot. On est ici en territoire connu et le tout est plutôt convenu (malgré un rebondissement intéressant intervenant à mi-parcours) et il manque un sentiment de grandeur, une vraie force épique qui mènerait le film vers les sommets.
Il faut noter que la production du film a connu des difficultés, qui ont conduit la réalisatrice Brenda Chapman à quitter le navire pendant son développement, ce qui a sans aucun doute joué un rôle dans la petite déception qu’il constitue.
Il faut tout de même rester objectif : Rebelle est un divertissement efficace qui se laisse suivre avec grand plaisir et qui sait se montrer à la fois drôle, grâce à certains personnages secondaires, et touchant, surtout dans sa description des rapports mère-fille. Pris à part, on est devant une œuvre de qualité. Mais au sein du catalogue Pixar, le film fait pâle figure et fait office de vilain petit canard, aux côtés de Cars 2. Un bon Disney, mais un Pixar terriblement moyen.
Après un Cars 2 sympathique mais moins mémorable qu’à l’accoutumée, le nouveau film des studios Pixar était définitivement attendu au tournant. Les bandes-annonces promettaient beaucoup tout en montrant peu, de quoi faire saliver tous les fans du studio.
Rebelle prend donc pour cadre l’Ecosse clanique, terre de beauté et de folklore, pour raconter un conte de fée au sens classique du terme. Tellement classique d’ailleurs, que l’on ne peut s’empêcher de voir plus l’influence de Disney qu’habituellement dans les autres productions du studio à la lampe. Car Rebelle est une histoire de princesse dans la grande tradition disneyenne, et ressemble souvent à un mélange de Mulan (pour le côté princesse rebelle et guerrière qui refuse son destin) et de Frère des Ours (pour l’histoire du sort transformant l’un des personnages en ours). Il est dès lors difficile de ne pas ressentir une pointe de déception devant ce léger manque d’originalité, surtout connaissant les standards élevés de Pixar.
Cependant, Rebelle est très loin d’être un mauvais film, et chacun pourra y trouver son bonheur. Tout d’abord, visuellement, c’est une nouvelle fois une réussite magistrale, qui écrase sans souci la
concurrence (il suffit de voir la bande annonce assez moche de Rise of the Guardians pour s’en convaincre). L’animation est d’une fluidité sans faille, l’Ecosse mythique et sauvage est plus vraie que nature (mis à part que le temps est bien trop beau pour être crédible, parole d’expatrié !) et le film fourmille de détails rendant le tout vivant et attachant. La réalisation n’est pas en reste, la camera virevoltant autour des personnages lors des passages épiques, ou utilisant avec maestria les jeux d’ombre et de lumière lors de scènes plus horrifiques. C’est d’ailleurs l’une des surprises du film, qui malgré son statut de conte de fée, possède une noirceur peu commune.
Contrairement à Frère des Ours, qui peinait à exploiter son pitch du guerrier transformé en ours (on humanisait les ours plutôt que de véritablement s’intéresser aux conséquences sur la psyché d’une telle transformation), Rebelle ose aller au bout de son concept et étudie avec une certaine profondeur les suites dramatiques d’un tel bouleversement. Ainsi, quelques-unes des scènes les plus mémorables du film, tout autant émouvantes que cruelles et terrifiantes, montrent la mère de Merida, changée en ours suite à un sort, perdre peu à peu son humanité et devenir un véritable plantigrade. Ces brusques ruptures de ton (on passe souvent du rire au frisson) possèdent une telle puissance émotionnelle qu’on pardonnera sans souci quelques autres facilités scénaristiques (le coup du « à partir de maintenant, plus de mariages arrangés, ce sera l’amour qui présidera », assez peu crédible il faut l’avouer). L’humour est aussi bien présent dans le film, notamment au travers des frères de Merida, des triplés farceurs toujours en quête de nouvelles bêtises.
Rebelle, en pendant féminin du Monde de Nemo, décrit aussi une magnifique relation mère-fille, s’attachant à parler des difficultés de communication entre générations. Notamment grâce à un doublage formidable (le film est à voir impérativement en VO pour apprécier l’excellent accent écossais des acteurs), les réalisateurs Brenda Chapman (Prince d’Egypte) et Mark Andrews mettent en scène une relation crédible et émouvante (difficile de ne pas laisser échapper quelques larmes lors du très beau final) posant de nombreuses questions sur le poids des traditions ou le passage à l’âge adulte (venant avec le fait de prendre ses responsabilités).
Au final, même si on a souvent plus l’impression de visionner un très bon Disney qu’un Pixar d’anthologie, Rebelle arrive tout de même à tirer son épingle du jeu et a proposer différents niveaux de lecture qui pourront passionner petits et grands. C’est certes un Pixar mineur, mais cela reste à cent coudées au-dessus de ce que la concurrence est capable de proposer cet été (franchement, qui a envie de se taper un 3e Madagascar ou un 4e Age de Glace ?). A noter aussi qu’en guise de mise en bouche, Pixar propose comme a son habitude un court-métrage original avant le film. Cette année, il s’agit de La Luna, un récit muet de quelques minutes, d’une beauté et d’une poésie incroyables. A ne pas manquer.
Depuis que Disney "sous-traite" avec Pixar la qualité des films est bien supérieur. Visuellement époustouflant et le scénario est vraiment très agréable à suivre. Il y a quelques franche rigolade et pas trop de ficelles Disney.