Critique de film

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Maléfique

"Maleficent"
affiche du film

Maléfique est une belle jeune femme au coeur pur qui mène une vie idyllique au sein d’une paisible forêt dans un royaume où règnent le bonheur et l’harmonie. Un jour, une armée d’envahisseurs menace les frontières du pays et Maléfique, n’écoutant que son courage, s’élève en féroce protectrice de cette terre. Dans cette lutte acharnée, une personne en qui elle avait foi va la trahir, déclenchant en elle une souffrance à nulle autre pareille qui va petit à petit transformer son coeur pur en un coeur de pierre. Bien décidée à se venger, elle s’engage dans une bataille épique avec le successeur du roi, jetant une terrible malédiction sur sa fille qui vient de naître, Aurore. Mais lorsque l’enfant grandit, Maléfique se rend compte que la petite princesse détient la clé de la paix du royaume, et peut-être aussi celle de sa propre rédemption…

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Trailer - Maléfique (2014)
Par : Damien Taymans

Les critiques à propos de ce film

Critique de Maléfique - Dark Fairy Tale
Par : Samuel Tubez
Tags : Conte fantastique, Dragon

Après Alice aux pays des merveilles et Blanche-Neige et le chasseur, voici donc la version live sacrément remodelée du conte de Charles Perrault, La Belle au bois dormant. Soit un nouveau regard sur l’une des méchantes les plus marquantes des dessins animés Disney, la terrifiante sorcière Maléfique.

D’après cette relecture, Maléfique serait donc à l’origine une fée bienveillante qui, trahie par le fils du roi en lequel elle avait toute confiance et rêvait d’une idylle amoureuse, va peu à peu se transformer en sorcière au cœur de pierre. Dans sa vengeance, elle transformera la forêt du royaume en territoire hostile et lancera une malédiction sur Aurore, la fille de ce dernier, devenu roi à son tour. Emmenée à l’écart du château par les trois marraines-fées, Aurore est élevée par Maléfique jusqu’à ses quinze ans, jour où elle se piquera au fuseau d’un rouet, la faisant sombrer dans un sommeil profond d’où seul un baiser d’amour pourra la tirer…

Prenez le conte originel ainsi que la version remodelée par les frères Grimm (dont ce film s’inspire davantage), la « dark fantasy touch » également utilisée dans Blanche-Neige et le chasseur, une ou deux batailles inutiles calquées sur le Seigneur des Anneaux, mélangez bien le tout, ajoutez un peu de sucre et servez ce Maléfique bien frais avec un gros paquet de popcorn. Si cette relecture s’adresse évidemment à un public large, son « yes man » de réalisateur Robert Stromberg (chef déco et superviseur des effets visuels sur Le Labyrinthe de Pan, Alice au pays des merveilles ou encore Le Monde fantastique d’Oz, le type prédestiné à un spectacle essentiellement visuel, donc) tente d’entretenir tant bien que mal une certaine ambivalence dans le rôle de Maléfique, grande méchante disneyienne humanisée, ici parfaitement incarnée par une Angelina Jolie étonnante. Prêtant ses traits anguleux au personnage, l’actrice affiche un magnétisme troublant, entre aigreur et grâce. Possédant un ton romanesque et parsemé de tableaux à la fois féériques et obscurs qui ne sont pas sans rappeler un certain Legend de Ridley Scott, le tout servi par des effets visuels irréprochables (dont un superbe dragon), Maléfique forme un divertissement honorable, malgré les inévitables rappels à l’ordre de la bienséance made in Disney (faudrait pas non plus trop perturber nos petites têtes blondes en assumant jusqu’au bout la part des ténèbres du personnage). Le film n’est en effet pas à un défaut près, les choix narratifs n’étant pas toujours heureux (le placement de « passages obligés » issus du conte) et l’intrigue ne laissant que peu de place aux personnages secondaires, caricaturaux à souhait malgré les présences d’Elle Fanning (Twixt), Sharlto Copley (District 9) ou Sam Riley (Byzantium), le moins mal loti du lot dans la peau du...corbeau (et plus encore) ! Un ensemble inégal, donc, mais plutôt fréquentable, où surnage une Angelina Jolie qui semble véritablement s’amuser à jouer l’une des méchantes qui la fascinait durant son enfance.

Se situant entre la relecture du conte La belle au bois dormant et le spin off axé sur sa charismatique méchante, Maléfique n’est certes pas la production Disney la plus inspirée mais elle fait preuve d’une certaine efficacité, notamment dans ses effets visuels et dans l’incarnation de sa « méchante pas si méchante que cela » que nous propose son omniprésente et troublante interprète Angelina Jolie.


Critique de Maléfique - Maléfiquement vôtre
Par : Roxane de Quirini

Maléfique : n.c. Qui a une influence malfaisante.

Et là ce film remplit son contrat. Il a probablement eu une influence malfaisante sur le monde cinématographique et sur les adaptations des contes de Charles Perrault également.
Le défi qui fut lancé à Robert Stromberg avait pour seul but d’humaniser la méchante reine du conte tant de fois raconté « La Belle au Bois Dormant ». Le nom de Stromberg ne vous dit peut être rien, mais il évolue depuis quelques années dans des univers très proches de l’œuvre qu’il nous montre aujourd’hui. Chef décorateur sur des films comme Alice au Pays des Merveilles, Le Monde Fantastique d’Oz ou encore Avatar, l’influence qu’il tire de ces expériences s’avère immanquable. Les lumières organiques rappellent sans conteste certaines scènes de l’œuvre de Cameron tandis que le monde imaginaire, coloré et peuplé d’êtres magiques fait écho à ceux de Tim Burton et de Sam Raimi.

Campé par une Angelina Jolie maigre à faire peur, Maléfique trouve ici son coté humain. Loin de la reine sans cœur que nous offrait Disney en 1959, elle paraît par moment généreuse voire charitable. La méchanceté est donc transposée à un autre personnage redistribuant ainsi les cartes de ce monde manichéen dont se délecte si souvent le Studio Disney. Sharlto Copley endosse donc le rôle du vilain de façon peu convaincante et, essayant de donner de la texture à son personnage, il finit par cabotiner lamentablement. Elle Fanning vient, elle, donner un visage à la gentillesse et à la bonté incarnée, Aurore, et elle le fait de façon plutôt plate. Ni bonne, ni mauvaise, elle n’arrive pas à donner de l’ampleur à son personnage que le public aura tôt fait d’oublier, préférant la prestation d’Angelina Jolie qui, il faut bien l’avouer, reste appréciable.

Les images sont superbes si on apprécie les artifices que proposent les technologies à écran vert. Celles-ci donnent parfois une dimension encore plus lourde aux scènes kitsch dont Disney a le secret. On regrettera d’ailleurs le manque de réalisme de certaines de ces séquences, cela s’ajoutant au déroulement très prévisible de l’histoire et à un coté fleur bleue dérangeant, voire vomitif.

Au final, Maléfique n’arrive pas à trouver sa place. Par moment trop sombre pour un jeune public et à d’autres beaucoup trop enfantin pour une audience adulte. Peut-être le film ne cible-t-il que les adolescentes boutonneuses et peu avenantes qui, la larme à l’œil, rêvent encore au prince charmant ?


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