Critique de film

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Tueurs nés

"Natural Born Killers"
affiche du film

Animateur de reality show, Wayne Gale, s'intéresse à un couple de tueurs en série : Mallory et Mickey Knox. Il les interview dans leur pénitencier. Mais une émeute éclate et le couple de tueurs s'enfuit en prenant le présentateur comme otage...

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Les critiques à propos de ce film

Critique de Tueurs nés - Le meurtre dans la peau
Par : Metzgerin

Basé sur une histoire de Quentin Tarantino, Tueurs Nés (Natural Born Killers en version originale) est une véritable bombe, aussi bien visuellement qu’au niveau de son histoire, celle d’un couple de serial killers totalement déjanté. Bienvenue dans le pays de Ed Gein, Henry Lee Lucas, Ed Kemper, Otis Toole et autres Albert Fish, tueurs déjantés comme seuls les Américains savent les faire (sic…) et que les amateurs de Stephane Bourgoin doivent probablement connaître sur les bout des doigts. Mais là où ces meurtriers faisaient peur, écœuraient, de par leurs physiques ou leurs fâcheuses tendances à exhiber leurs trophées morbides, Mickey et Mallory Knock, eux, fascinent. Ils sont jeunes, follement amoureux l’un de l’autre, mais surtout, ils ont la beauté du diable, ils suent le danger, le sexe, la débauche. Ils dégagent une sorte d’aura infernale qui fascine, à tel point que même leurs victimes les trouvent formidables ! Et les médias n’y sont pas pour rien, et contribuent même à faire grandir leur statut de superstar…

Le couple formé par Juliette Lewis (Une nuit en enfer) et Woody Harrelson (Larry Flint, Bienvenue à Zombieland) est particulièrement détonnant, à l’identique du livre, bien que Quentin Tarantino renie le film de sa filmographie ; les crédits du film durent ainsi être modifiés, mentionnant son implication dans la création de l’histoire originale, et non pas en tant que scénariste. En effet, Oliver Stone axa davantage son film sur les deux tueurs et le rôle écrasant des médias à travers le personnage du journaliste Wayne Gale joué par Robert Downey Jr (Iron Man, U.S. Marshals), dans une deuxième partie, la première heure étant majoritairement consacrée à la présentation de Mickey et Mallory Knock.

Le film commence sur une des scènes les plus mémorables du film dans un restaurant perdu au large d’une simili-route 66 (joliment renommée route 666 pour l’occasion…). Mickey est accoudé au bar, tandis que Mallory se met à danser lascivement. Tous se passe bien jusqu’au moment où deux hommes débarquent : l’un se pose à côté de Mickey, l’autre danse avec la belle avec une attitude sans équivoque. Elle feint d’abord l’ignorance, mais change littéralement de disque quand le jukebox décide de passer un titre de L7, et que l’autre anonyme de passage fait remarquer discrètement à Mickey qu’un sacré morceau de viande est en train de s’affairer sur la piste. Un élément perturbateur vient de s’immiscer entre les deux amants, annonciateur d’un changement de situation, où le calme s’efface au profit du massacre : Mallory se met à tabasser l’homme et y prends un pied monstre, tandis que son compagnon use du couteau et d’un gros calibre pour éliminer toutes les personnes présentes, excepté un vieux routier, qu’il a laissé grand soin à sa dulcinée de choisir… Le cadre et l’ambiance du film sont placés, à grand coups meurtriers de riffs de guitare et d’hurlements, dans une orgie de sang et d’éclats de rire malsains. La ligne directrice de Tueurs Nés est annoncée, à mi-chemin entre mythe et réalité, l’histoire morbide de deux âmes sœurs marginales et paumées dans un monde qui n’a jamais sût les accueillir, telle une version adulte et plus autodestructrice du The Doom Generation de Greg Araki.

Oliver Stone s’attache à suivre l’évolution des deux tueurs, en faisant un parallèle régulier entre l’intensité de leur histoire d’amour, mais également sa fragilité mise en branle par leurs pulsions, et le regard décalé des médias, les considérant aussi bien comme des meurtriers sans pitié que des sources de pognons, véritables rock star de l’homicide. Usant de procédés filmiques et narratifs aussi variés que les sensations provoquées par un trip sous acide (car, sincèrement, la vue de certains plans laisse sous entendre la consommation de pas mal de psychotropes, notamment celui où Mickey s’enfuit de prison à cheval, hurlant de joie malgré une tornade qui a déjà décimé quelques gardiens…) : flashs subliminaux, filtres verts quand les emmerdes arrivent, inserts d’images malsaines accélérées à l’extrême et inhérent aux troubles mentaux des deux protagonistes, témoignages télévisés… Car, à vrai dire, Tueurs Nés est un film viscéral, qu’on apprend à ressentir du bas-fond des tripes jusqu’aux cavités du cerveau : Oliver Stone met en scène la vie de deux âmes soeurs, classique sur le fond mais inhabituel sur la forme, car trop décalée et immorale pour être visionnée comme n’importe quel film. Bien que Quentin Tarantino considère True Romance et Tueurs Nés comme les deux uniques histoires d’amour qu’il ait écrites, ce dernier se démarque considérablement du film de Tony Scott : plus trash et sexuel, doté des mêmes mots tendres, mais qui sonnent autrement dans la bouche du couple Knox.

Tueurs Nés est un véritable uppercut filmique, qui ne manque jamais de provoquer de vives réactions chez ceux qui le visionnent : soit on adore le côté décalé de la réalisation et le rythme effréné du couple Knox, soit on digère mal l’accumulation de scènes malsaines et violentes. La peloche d’Oliver Stone se révélera être un véritable bonheur pour les aficionados de road movies sous acide et de bon rock seventies.


Commentaires sur le film

Un chef d’oeuvre indépassable_

5 etoiles

Une réinvention du mythe de Bonnie & Clyde élevée à hauteur d’une modernité incandescente, et dont l’attentat audiovisuel ironique pulvérise le rêve américain. Ce film est le western psychédélique absolu.

20 avril 2012 à 18:04 | Par Fred Bau

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