Critique de film

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Dark Shadows

"Dark Shadows"
affiche du film

En 1752, Joshua et Naomi Collins quittent Liverpool, en Angleterre, pour prendre la mer avec leur jeune fils Barnabas, et commencer une nouvelle vie en Amérique. Mais même un océan ne parvient pas à les éloigner de la terrible malédiction qui s’est abattue sur leur famille. Vingt années passent et Barnabas a le monde à ses pieds, ou du moins la ville de Collinsport, dans le Maine. Riche et puissant, c’est un séducteur invétéré… jusqu’à ce qu’il commette la grave erreur de briser le cœur d’Angelique Bouchard. C’est une sorcière, dans tous les sens du terme, qui lui jette un sort bien plus maléfique que la mort : celui d’être transformé en vampire et enterré vivant. Deux siècles plus tard, Barnabas est libéré de sa tombe par inadvertance et débarque en 1972 dans un monde totalement transformé…

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Trailer - Dark Shadows (2011)
Par : Damien Taymans


Dark Shadows - Bande-Annonce / Trailer VF par Lyricis

Les critiques à propos de ce film

Critique de Dark Shadows - Sombres présages
Par : Seb Brunclair
Tags : Fantômes, Sorcellerie, Vampires, Comédie

Le marketing peut être une arme à double tranchant : utilisé avec intelligence, il peut mener le public vers le plus mauvais des films. Mais laissé entre des mains malhabiles, il peut conduire au désastre et détourner le spectateur d’œuvres pourtant pas dépourvues de qualités. Dark Shadows s’inscrit dans cette optique de promotion maladroite : depuis plusieurs semaines, les extraits dévoilés inspiraient la méfiance, exacerbée après la parution d’une bande-annonce désastreuse présentant le tout comme une bouffonnerie disco, sorte de Les Visiteurs à la sauce seventies. Il ne fallait rien de plus pour décourager, d’un côté, les fans du Dark Shadows original, soap opera populaire durant les années 60 et très cheap, mais au ton sérieux à mille lieues de l’atmosphère dépeinte dans le trailer ; et d’un autre côté, les fans de Tim Burton de la 1ère heure, déjà en général pas enthousiasmés par la tournure qu’a pris la carrière du cinéaste depuis quelques films. Alors, Dark Shadows n’aurait-il vraiment rien d’autre à proposer que des blagues vaseuses sur fond de Barry White ?

Le film raconte l’histoire de la famille Collins, immigrée aux USA durant le XVIIIe siècle. Habitant le magnifique manoir de Collinwood, ses membres possèdent une affaire fleurissante de fruits de mer, et ont le monde (enfin, leur petite ville portuaire) à leurs pieds. Le fiston, Barnabas (Johnny Depp), s’adonne volontiers à des parties de jambe en l’air avec la bonne (dans tous les sens du terme), Angélique (Eva Green), dont il finit par briser le cœur, après avoir épuisé tout le reste. Mauvaise idée : la charme demoiselle est en fait une sorcière, qui jette une malédiction sur Barnabas et sa famille. Après avoir perdu ses parents et l’amour de sa vie par la faute d’Angélique, il tente de mettre fin à ses jours mais doit affronter la vérité : il est désormais un vampire. Enterré « vivant » par une foule en colère menée par la sorcière, il ne sort de son trou que deux siècles plus tard, en 1972. De retour à Collinwood, il va se rendre compte que le monde et la réputation de sa famille ont bien changé. Avec l’aide de ses descendants, menés par Elizabeth (Michelle Pfeiffer), il va tenter de redorer le blason des Collins.

Première (bonne) surprise : non, l’ambiance n’est pas à la comédie pure et dure. L’introduction du film, posant rapidement l’histoire de Barnabas, est sombre et dénuée d’humour. Le ton du film va considérablement s’alléger dès l’arrivée du vampire dans la vie de ses descendants, la majorité de l’humour découlant du décalage entre le personnage et cette société qui le dépasse. Et cela fonctionne ! Si, pris hors contexte, ces passages tombent à plat, ils fonctionnent admirablement bien au sein du film. C’est d’ailleurs sa principale force : conjuguer avec talent une atmosphère gothique et sombre avec une bonne dose d’humour, comme au temps de Beetlejuice (toutes proportions gardées, bien entendu). Le tout étant soutenu par une bande-son typée années 70, aux morceaux bien choisis, qui se mêle parfaitement à l’ambiance du film et ravira les esgourdes.

Autre grand élément de satisfaction : le casting. Burton, fidèle à ses habitudes, ne prend pas de risque et convoque son fidèle Johnny Depp, sa femme Helena Bonham Carter et retrouve Michelle Pfeiffer 20 ans après Batman le défi. Depp, dont la prestation dans Alice au pays des Merveilles était très décevante, trouve ici un rôle qu’il maîtrise parfaitement et parvient à rendre attachant son personnage, pourtant pas follement sympathique : en plus d’être un paumé temporel, Barnabas est avant tout un vampire, et ses instincts brutaux éclatent de temps à autre dans des scènes violentes et très réussies. Il est entouré de seconds rôles impeccables, dont la sorcière campée avec grand talent par la sublime Eva Green, sans doute l’élément le plus accrocheur du casting (voire du film).

Alors oui, on pourrait encore une fois reprocher à Burton de se reposer sur ses acquis (son casting d’habitués, sa bande-son signée Danny Elfman, ses tics visuels,…) et de se contenter une fois de plus d’adapter une œuvre existante. Oui, le film a parfois tendance à s’éparpiller dans différentes directions en favorisant certains éléments au détriment d’autres (comme une histoire d’amour maladroitement amenée) et à prolonger inutilement certains dialogues. Mais il serait malhonnête de ne pas reconnaître que le script, signé par le très en vogue Seth Grahame-Smith, a visiblement inspiré le réalisateur, qui livre ici un bon divertissement, à la fois drôle et sombre, qui ne figurera pas dans le top 5 de ses œuvres les plus réussies, mais qui rassure quelque peu sur sa carrière après la déception que fut Alice au pays des Merveilles.

Précédé par une campagne marketing désastreuse reflétant mal son véritable contenu, Dark Shadows est une bonne surprise, apte à rassurer les fans de Burton lassés par ses précédentes livraisons auto-caricaturales. Et ça, c’est déjà un grand pas en avant.


Critique de Dark Shadows - Part of the family
Par : Samuel Tubez

2012 est l’année Tim Burton. Avec une fabuleuse expo à la Cinémathèque Française et deux films à sortir dans les salles (Dark Shadows et Frankenweenie, prévu en octobre), le binoclard à la coupe de cheveux plus que douteuse fait plus que jamais l’actualité grâce à son style, il faut bien l’avouer, toujours aussi inimitable.

Dark Shadows, adaptation d’une série très populaire en Amérique dans les 60’s-70’s, met en scène la famille Collins, et plus particulièrement Barnabas Collins, descendant d’une riche famille de pionniers et d’hommes d’affaire, qui a été victime d’une malédiction puisqu’il fut transformé en vampire par une sorcière qui le convoitait. Deux siècle plus tard, il se libère de ses chaînes et revient dans son manoir où il fait la connaissance de sa descendance, engendrant un indéniable choc des cultures et des générations, mais provoquant aussi une ultime confrontation avec celle qui l’a jadis enterré vivant.

Un vampire, une sorcière, des fantômes (et bien d’autres surprises), voilà les ingrédients dont dispose Tim Burton pour nous concocter une nouvelle potion funeste dont seul lui a le secret. Loin de la lourde comédie auto-parodique que laissait présager l’immonde bande-annonce, Dark Shadows propose une comédie fantastique sombre et gothique, entre Beetlejuice, Edward aux mains d’argent et Sweeney Todd (avec un zeste d’Addams Family en rab’). Le divertissement est donc un peu plus subtil qu’il n’y paraît, possédant bien évidemment en son sein la fabuleuse esthétique gothique de l’artiste (le manoir, décor principal du film, est sublime) et un ton qui n’est pas qu’à la gaudriole. Dark Shadows est avant tout l’histoire d’une vengeance et d’un amour éperdu (les ombres d’Edward et de Sweeney Todd sont omniprésentes) vécus par un vampire séculaire qui n’hésite pas à l’occasion de se repaître de sang frais, le tout sur fond de chronique familiale, légère, il est vrai, mais qui comporte toutefois de petits portraits parfois pas piqués de hannetons (le père, un véritable lâche, qui n’hésite pas à abandonner son fils). Seul véritable gros point faible, on sent tout du long qu’il s’agit de l’adaptation d’un soap car le film est terriblement bavard et comporte finalement peu d’action et de gags (quasi tous présents dans le trailer). Bien heureusement, les dialogues sont assez relevés (un visionnement en v.o. est recommandé, sous prétexte de passer à côté de certaines « subtilités ») et, surtout, le casting est au diapason. Bien sûr, il y a les habitués de l’univers Burton qui sont en terrain connu avec, entre autres, un Johnny Depp qui cette fois n’en fait pas de trop dans le rôle très distingué du vampire Barnabas (sorte de clone presque parfait de Bela Lugosi), une Helena Bonham Carter qui, sans trop d’effort, demeure impeccable, puis il y a aussi le plaisir de retrouver Michelle Pfeiffer devant la caméra du réalisateur qui en fit la Catwoman la plus sexy jamais vue sur grand écran, ou encore l’inévitable caméo de l’éternel Christopher Lee. Quelques nouveaux-venus complètent le tableau comme l’excellent Jackie Earle Haley dans les guenilles du domestique (l’ombre de Riff Raff plane), la mignonne Chloe Moretz en mode flower power, et, surtout, la sublime Eva Green qui trouve ici l’un de ses meilleurs rôles, ce qui nous vaut d’ailleurs une superbe confrontation finale où Tim Burton laisse davantage éclater sa folie. Les fans de son univers devraient donc passer un bon moment, les détracteurs, quant à eux, pourront sans crainte continuer de bloquer sur les tics d’un cinéaste qu’ils jugeront fade et en panne d’inspiration. Tant pis pour eux, nous, on continue de prendre du plaisir !

Si Dark Shadows n’est éminemment pas un grand Tim Burton, loin de là, il n’en demeure pas moins un bon divertissement sombre et plus subtil qu’il n’y paraît, qui devrait rassurer les fans qui auraient déchanté devant Alice et qui nous réconforte en attendant la sortie de la version animée de son Frankenweenie qui pourrait bien enchanter, à sa façon, notre prochain Halloween.


Critique de Dark shadows - L’ombre des âmes
Par : Chroniqueurs

Par Samuël Bouchoms

Après un Alice in Wonderland assez décevant, Tim Burton revient avec son acteur fétiche Johnny Depp pour un Dark Shadows qui marquait un retour vers un univers plus burtonien que jamais. Cela est-il pour autant un gage de réussite ?

Dès les premières secondes, c’est l’esthétisme particulier qui frappe. Reconnaissable entre mille, le style Burton, tout en environnements sombres desquels émergent des couleurs saturées flatte les mirettes. Le travail sur les décors est évident, de même que sur la réalisation, mêlant beauté obscure et fluidité remarquable. Remarquables comme les interprètes dont les principaux apportent une consistance bienvenue à leur personnage. Johnny Depp en tête, évidemment, incarnant un vampire charnel au cœur brisé, mais Eva Green aussi, son nemesis, sorte de nympho sadique tout en sensualité bestiale. Mentions également à Michelle Pfeiffer (impeccable) et Helena Bonham Carter. Tous sont bien aidés par des dialogues biens construits, des répliques fines dont beaucoup font mouche (Barnabas et son style très 19e siècle).

Outre son esthétisme certain et ses acteurs, Dark Shadows peut s’appuyer sur son humour, noir comme il est de coutume. Une succession de situations cocasses, de répliques piquantes et acerbes attend le spectateur tout au long du film, jouant essentiellement sur le choc des époques issu du décalage entre Barnabas et son nouvel environnement. Et cela fonctionne plutôt bien, rictus, sourires et quelques éclats de rire parsèmeront la séance. Le tout malgré un romantisme tragique assez prégnant (Burtonse lâche complètement ici). La musique d’Elfman se veut efficace sans être particulièrement inspirée. Tout le contraire du choix de la bande son délicieusement 70’s et en parfait désaccord (comprendre contraste) avec le personnage principal. Ici encore, les thèmes sombres sont privilégiés, Alice Cooper, Black Sabbath, etc.

Ainsi décrit, Dark Shadows a tout d’un bon film. Ce serait omettre le principal : le scénario. Force est de constater sa quasi-absence, peinant à combler l’heure trente qui sépare la folle introduction du final totalement dément. Certes, le centre est la romance, la noire nostalgie d’un être perdu, l’amour éternel au travers de la réincarnation des âmes. Toutefois, cela manque cruellement de pêche à défaut de verve. L’histoire fait du surplace plus qu’à son tour, à tel point que le récit semble être construit sur le décalage des époques, l’humour et les dialogues. Or cela tiendrait sur 30-40 min, mais pas sur 2h. Les longueurs scénaristiques, mises en exergue par un récit linéaire, ne sont ainsi que partiellement comblées, même, et c’est un comble, durant le final où les excès de démences amollissent le rythme d’une confrontation dont l’issue est aussi scénaristiquement mal amenée que décevante.

Et au final, c’est bien la déception qui domine. Dark Shadows est à l’image du personnage d’Eva Green, une belle coquille vide. Tim Burton livre un film esthétiquement irréprochable (quoique quelques effets sont assez moches), bien interprété et parsemé d’humour grinçant mais dont le vide scénaristique n’est guère comblé par la folie d’un romantisme noir qu’il insuffle à son récit. Bref, Burton commence sérieusement à tourner en rond…


Commentaires sur le film

1 etoiles

daube Daube !

Du grand n’importe quoi. Je suis lassée par Tim Burton et ses films sans queue ni tête.
A part les répliques de J.Depp, inutile de voir ce film.

26 novembre 2012 à 18:11 | Par Absy
Rétro et kitsch

4 etoiles

Tim Burton fait à nouveau dans la comédie fantastique. Encore une histoire assez folle et agréable à suivre même si il y a des défauts. Le récit ne va pas toujours au bout de certaines idées, mais ce film possède plusieurs scènes cool et rigolotes. Le casting est de bonne tenue (Eva Green est très sexy), et niveau décors c’est un vrai plaisir pour les yeux.

28 décembre 2012 à 13:12 | Par AnarchYgor

3 etoiles

Ce qu’il y a d’extraordinaire avec Burton, c’est qu’il arrive encore à enchanter et faire rire, même là où il ne surprend plus. Combien peuvent en dire autant ?

18 septembre 2013 à 16:09 | Par Fred Bau

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