Critique de film

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Jurassic World

"Jurassic World"
affiche du film

L'Indominus Rex, un dinosaure génétiquement modifié, pure création de la scientifique Claire Dearing, sème la terreur dans le fameux parc d'attraction. Les espoirs de mettre fin à cette menace reptilienne se portent alors sur le dresseur de raptors Owen Grady et sa cool attitude.

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Trailer - Jurassic World (2015)
Par : Samuel Tubez

Les critiques à propos de ce film

Critique de Jurassic World - Divertissement de grande qualité
Par : Gilles Penso
Tags : Dinosaures

Malgré leurs morceaux de bravoure, les deux séquelles de Jurassic Park n’arrivaient guère à la cheville de leur illustre modèle. La franchise s’interrompit donc en 2001, faute d’idées neuves et d’engouement du public. Pourquoi la ressusciter quatorze ans plus tard ? Et comment le réalisateur Colin Trevorrow, signataire d’un film indépendant primé à Sundance, allait-il pouvoir prendre à bras le corps un projet aussi pharaonique ? Les premières images du film dissipent nos doutes en quelques secondes, le temps d’une allusion au premier film (l’éclosion d’œufs de raptors), d’un hommage aux pionniers Willis O’Brien et Ray Harryhausen (les images du film Le Monde des Animaux) et d’un gag visuel surprenant (la patte griffue d’un T-rex mais qui s’avère en réalité être celle d’un petit oiseau).

Au-delà de son jeu sur les faux semblants, cette facétie visuelle nous ramène aux écrits de Michael Crichton, qui rapprochait la morphologie des oiseaux de celle des dinosaures. A bien y réfléchir, Jurassic World serait même presque plus proche que Jurassic Park de l’univers de Crichton, reprenant fidèlement le schéma narratif de son film Mondwest : un parc d’attractions futuriste propose une immersion dans le passé à des foules de visiteurs enthousiastes, jusqu’à ce qu’une faille dans le système ne provoque une catastrophe. Dans le film, il est établi que les dinosaures ont été ressuscités depuis deux décennies et n’étonnent plus personne. Un tyrannosaure dévorant une chèvre ou de titanesques sauropodes arpentant les plaines sont désormais des spectacles banals auxquels les teenagers prêtent à peine attention. D’où l’idée de créer une nouvelle espèce de dinosaure mutante susceptible d’attirer à nouveau les foules.

Le film nous propose du coup une mise en abîme vertigineuse qui prend sa source dans le premier Jurassic Park. A l’époque, personne n’avait encore jamais vu d’images de synthèses aussi réalistes. Mais 22 ans plus tard, les tours de magie des créateurs d’effets spéciaux ne surprennent plus. C’est exactement ce que raconte Jurassic World, utilisant la résurrection des dinosaures comme métaphore idéale de la révolution numérique. En adéquation avec son propos, Colin Trevorrow ne cherche jamais à nous en mettre plein la vue. Ses dinosaures sont bien sûr extrêmement impressionnants, mais au lieu de faire jaillir des centaines de créatures aux quatre coins de l’écran, Jurassic World ménage ses effets pour mieux nous surprendre. De fait, le fameux Indominus Rex mutant ne nous est exposé que progressivement, son comportement nous effrayant beaucoup plus que sa simple morphologie.

Ce parti pris n’empêche pas la profusion de séquences d’action extrêmement spectaculaires, notamment une battue nocturne qui vire au bain de sang ou une attaque massive de ptérosaures qui fondent sur la foule avec une frénésie destructrice rappelant irrésistiblement Les Oiseaux. Cette volonté permanente de retour aux sources se manifeste aussi par l’utilisation des codes du cinéma de divertissement à l’ancienne. Les deux jeunes héros ressemblent aux enfants des productions Amblin des années 80 et les relations conflictuelles du couple incarné par Chris Pratt et Bryce Dallas Howard évoquent les chamailleries d’Harrison Ford et Kate Capshaw dans Indiana Jones et le Temple Maudit, elles-mêmes héritées du cinéma d’aventure hollywoodien des années 50. Jurassic World est donc un divertissement de très grande qualité, doublé d’un hommage énamouré au premier Jurassic Park et d’une réflexion passionnante sur l’évolution des goûts du public. Voilà de quoi redémarrer sur d’excellentes bases la saga jurassique initiée jadis par Michael Crichton et Steven Spielberg.

Pour découvrir les critiques de Gilles Penso, cliquez ici


Critique de Jurassic World - Quand les cgi dominaient le monde
Par : Samuel Tubez

Entre la suite, l’hommage appliqué et les thématiques chères à Michael Crichton, le parc jurassique rouvre ses portes avec pour ambition de nous immerger dans son Disneyland tour à tour féroce et merveilleux où la préhistoire renaît sous le regard de milliers de visiteurs médusés.

Depuis qu’une corporation a racheté la société de John Hammond, le parc d’attraction Jurassic World est enfin fonctionnel, l’île d’Isla Nublar accueillant plus de vingt mille visiteurs par jour. Ils viennent donner à manger à des bébés dinos, admirer le show aquatique de l’impressionnant mosasaure ou encore faire un tour en gyrosphère au milieu des apatosaures, stégosaures et autres tricératops. Non content d’impressionner les touristes avec cette faune déjà incroyable, les dirigeants du parc ont créé dans leur labo une nouvelle espèce hybride capable de procurer le grand frisson aux plus téméraires : l’indominus rex. Jusqu’ici tenu à l’écart du public, cette machine à tuer va s’échapper et semer la pagaille dans le parc d’attraction…

Un propriétaire milliardaire dépassé par son empire (Irrfan Khan), une scientifique tiraillée entre son devoir et sa conscience (Bryce Dallas Howard), un dresseur de raptors aux valeurs nobles (Chris Pratt, très cool), deux gamins visiteurs privilégiés (Ty Simpkins et Nick Robinson) qui vont se perdre dans le parc tandis qu’une terrible bête sème le chaos à Dinoland, voilà en substance le programme de Jurassic World. Autant de succédanés de personnages et de situations déjà présents dans le premier film que nous livrait Spielberg en 1993. De l’hommage à tout va et du fan service parfois séduisant qui se transforme hélas bien trop souvent en repompage éhonté, certaines scènes étant des copies quasi conforme des moments les plus marquants de l’original. Au milieu de tout ça, le réalisateur Colin Trevorrow et ses scénaristes tentent de nous refaire le coup de la cellule familiale en pleine reconversion tout en essayant de nous faire avaler la seule véritable idée originale du film qui consiste à dresser les raptors, ce qui inspire par ailleurs un méchant scientifique joué par Vincent D’onofrio dont les motivations sont aussi débiles que sa présence dans le récit est tout à fait inutile. Le concept du contrôle des créatures n’est pourtant pas si ridicule, désirant faire de l’humain une part entière du monstre qu’il a (re)créé (Owen devenant littéralement au cours du récit le mâle alpha des raptors) ou inversement d’humaniser les animaux, mais l’idée est tellement traitée par-dessus la jambe qu’elle finit par être tout à fait risible.
Ainsi, rien n’est véritablement exploité et tout s’enchaîne sans le moindre souci de cohérence au cœur d’un montage fait d’allers-retours parfois aléatoires comprenant même un jump-cut pour le moins abusif. Ainsi, ne soyez pas surpris de voir nos héros brusquement passer du jour à la nuit au terme de la première séquence réellement jouissive du film (l’attaque des ptérosaures fondant sur la foule). On est à ce moment à un peu plus de la moitié du film et l’impression d’assister à une série de scènes où chaque dino a son moment de gloire en dépit de toute vraissemblance s’est définitivement installée. Jurassic World ne serait-il dès lors qu’une grosse série B de luxe lorgnant vers des nanars type Mega Shark vs Giga T-Rex (ce titre est purement fictif, quoique...), privilégiant ainsi le spectacle, quitte à faire preuve d’agressivité et de violence ? L’affrontement titanesque final qui conclut le film où chaque espèce « badass » revendique sa place dans la chaîne alimentaire nous le fait penser, même si au final nous sommes bien dans un PG-13 et que, bien qu’il y ait de l’humain croqué et même un peu d’hémoglobine, l’ensemble demeure très inoffensif...et parfaitement prévisible, ce qui annihile toute tension potentielle mais aussi l’effet « wow » tant revendiqué par les dirigeants du parc.

Hésitant entre le blockbuster calibré et le film de genre féroce, Jurassic World tente de contenter tout le monde en placardant une bonne couche de fan service aux nostalgiques du premier opus. Rien de véritablement honteux mais rien de marquant ni d’original à l’heure où les cgi ont remplacé l’émerveillement et le frisson, dominant désormais de manière écrasante l’industrie des blockbusters.


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