Critique de film

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Mother's Day

"Mother's Day"
affiche du film

La famille dérangée (voir Mother's Day 1980) revient dans la maison où elle vécut il y a plusieurs années afin de terroriser les nouveaux habitants et leurs invités.

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Les critiques à propos de ce film

Critique de Mother’s Day - La fin ne justifie pas les moyens
Par : Quentin Meignant
Tags : Survival, BIFFF 2011

Remake d’un classique de la Troma réalisé par Charles Kaufman en 1980, Mother’s Day a été présenté comme premier film de la Fantastic Night du 29ème BIFFF. Censé chauffer la foule, le métrage de Darren Lynn Bousman était précédé d’une réputation mi-figue mi-raisin conférée par des critiques outre-Atlantique qui attendaient sans doute plus de cette relecture. Pourtant, l’industrie cinématographique américaine a déjà prouvé à maintes reprises ses limites en matière de resucées en tout genre. Tel un bon artefacts, le Mother’s Day version 2010 reprend quasi mot pour mot le pitch de son aîné : Les crapuleux membres d’une famille retournent dans la maison où ils ont grandis afin de terroriser les nouveaux habitants... et de retrouver un bien très précieux.

Remaker un classique de la Troma n’a rien d’évident et, dès les premiers instants, Bousman semble cerner le nœud du problème : il faudra s’échiner à ne pas employer les mêmes codes que Charles Kaufman. Il s’y emploie dès lors avec un certain brio, faisant table rase de l’humour présent dans l’œuvre originelle pour donner lieu à un ensemble qui, pris au premier degré, s’avère extrêmement violent. C’est sans doute là la plus belle réussite de ce métrage qui, sous couvert de la relecture, innove ostensiblement, tout en s’imprégnant d’une ambiance claustrophobique assez efficace.

Parfois proche des œuvres d’Haneke au niveau du sadisme, notamment grâce au jeu très posé et parfaitement maîtrisé de la génial Rebecca de Mornay, Mother’s Day perd néanmoins de sa crédibilité dans sa seconde partie. En effet, alors que Bousman était parvenu à dresser un impressionnant tableau de la violence glaciale subie par les héros de sa bande, la rébellion de ces derniers l’amène à quitter la position attentiste mise en place pour tenter d’augmenter le rythme de son ensemble. Vaine tentative : le cinéaste ne parvient plus à maîtriser sa mise en scène, sa caméra virevoltant de manière inutile envers les divers protagonistes. Extrêmement répétitif, le final laisse donc le spectateur face à un amalgame de situations dantesques mais sans aucun dosage au niveau de la tension.

Après avoir pris les commandes de ce remake avec un énorme brio, développant à ce titre une ambiance réellement efficace, Bousman se laisse donc aller dans la seconde partie du métrage, livrant un ensemble tout juste acceptable. Alors que Mother’s Day s’avère brillant durant une heure, le cinéaste parvient à en faire un produit formaté tout juste bon à abreuver un public pas très regardant…


Critique de Mother’s Day - Un virage pour Bousman
Par : Geoffrey Marmonier

Trois frères braqueurs de banque décident de se réfugier chez leur mère après un coup qui a mal tourné. Manque de chance, celle-ci s’est faite expulser de sa maison quelques mois auparavant, et les nouveaux propriétaires sont en train de fêter leur pendaison de crémaillère avec quelques amis. Les trois frangins prennent les occupants en otage en attendant que leur mère vienne les aider à régler la situation…

Très honnêtement, sur tous les films projetés lors du festival, Mother’s Day est probablement un de ceux sur lesquels j’aurais le moins parié. Difficile en effet d’être enthousiasmé par un énième remake, surtout réalisé par Darren Lynn Bousman, réalisateur ayant commis Saw 2, 3, 4 et le quasi-unanimement conspué Repo ! The Genetic Opera. Même les déclarations enthousiastes du réalisateur selon lesquelles Mother’s Day serait son meilleur travail à ce jour ne mettaient pas vraiment en confiance. Du coup la surprise fut de taille à la projection du film, puisque celui-ci est en effet le meilleur long-métrage de Bousman, mais en plus c’est un excellent film !

La première chose qui frappe pour qui connait le travail du réalisateur, c’est de voir le changement de style de celui-ci. Finis les filtres colorés moches, finis le montage à la hache illisible (mis à part peut-être pour l’affrontement final). Mother’s Day est un film posé, plutôt bien réalisé et sans effets tape à l’œil. La scène d’ouverture est même visuellement très réussie et rappelle dans une moindre mesure le travail de John Carpenter, avec sa montée graduelle du suspense jusqu’à l’explosion de violence.

Mais l’atout principal de Mother’s Day c’est son excellent scénario et ses personnages fouillés. Si les suites de Saw agaçaient par le manque de profondeur et le côté têtes à claques interchangeables des personnages, Mother’s Day est au contraire totalement focalisé sur ceux-ci. Les personnages sont le moteur de l’action et du suspense, et Bousman prend son temps pour les poser plutôt que de se ruer dans le gore et la violence. La première partie du film est donc très psychologique, avec une montée de la tension à mesure que l’on s’aperçoit de l’emprise que la mère de cette étrange famille a sur sa progéniture. Au centre du film, Rebecca de Mornay, qui avait quelque peu disparu des écrans radar depuis son rôle dans Identity, revient sur le devant de la scène d’une manière fracassante dans un rôle rappelant forcément celui, mythique, qu’elle incarnait dans La Main sur le Berceau. Avec son apparente douceur cachant une volonté de contrôle maladive, elle effraie sérieusement. Face à elle le casting « jeune » ne démérite pas, avec entre autres têtes connues Shawn Ashmore (décidément !) et Deborah Ann Woll (Jessica dans True Blood).

Le grand intérêt du film c’est aussi de prendre la forme d’un petit jeu de massacre entre amis, où la situation de crise révélera les caractères de chacun. Loin de tout manichéisme, Mother’s Day propose ainsi des « méchants » finalement pas si mauvais que ça, et surtout des « gentils » avec énormément de choses à cacher. La prise d’otage mettra rapidement à l’épreuve l’amitié et la loyauté du petit groupe, surtout quand « Mother » décidera de punir certains d’entre eux ou de les faire s’affronter. Sans tomber dans les effets gores inutiles ou les éclats grandiloquents (mis à part dans le final forcément bourrin où les deux camps finissent par s’affronter), Mother’s Day rappelle dans ses meilleurs moments des films tels que La dernière Maison sur la Gauche (et son remake) ou La Plage pour son exploration de la bassesse humaine.

C’est un quasi sans faute pour Bousman, malgré quelques scories plutôt négligeables, et du coup on attend avec déjà plus d’intérêt la suite de sa carrière après ce virage radical.


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