Critique de film

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[REC] 2

"[REC] 2"
affiche du film

Les autorités viennent de perdre le contact avec les occupants de l'immeuble mis en quarantaine. Personne ne sait vraiment ce qui se passe à l'intérieur. Dehors, le chaos règne...La brigade d'intervention spéciale, équipée de plusieurs caméras et envoyée sur place pour analyser la situation, va devoir affronter une menace bien réelle.

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Les critiques à propos de ce film

Critique de Rec 2 - Mes chers voisins
Par : Ursula Von Trash

Après avoir effrayé des millions de spectateurs avec Rec, Jaume Balaguero et Paco Plaza remettent le couvert pour la suite des aventures de l’immeuble barcelonais en quarantaine.

Suite immédiate, Rec 2 démarre alors que tout lien a été rompu avec les pompiers coincés dans l’immeuble. Devant cette situation, les autorités envoient un commando de quatre hommes genre GIGN, épaulé d’un représentant de la mairie. Sans modifier le principe narratif de la caméra subjective (celle d’un journaliste dans le premier opus), Balaguero et Plaza démultiplient le dispositif visuel en intégrant une mini caméra sur chaque casque, d’où quatre points de vue distincts, plus un militaire filmant l’intervention. Le montage orchestre des plans larges (des couloirs déserts, la cage d’escaliers, les combles du grenier…) et des corps à corps (séquence d’attaque filmée au casque), immergeant le spectateur dans une nuit horrifique.

Car l’une des réussites (et sans doute la plus grande difficulté de tournage), c’est la lumière. L’immeuble, totalement plongé dans le noir, apparaît à travers les faisceaux lumineux des caméras embarquées. Les deux réals, grâce à une véritable chorégraphie de déplacement et d’éclairage, parviennent à cadrer une action, la rendre lisible sans se départir du réalisme nocturne qu’ils se sont assignés. Pour illuminer certaines séquences, un hélicoptère doté d’un projecteur survole ponctuellement le bâtiment. Ce choix de lumière crue, blafarde permet une inspection brève mais générale d’un espace, pour mieux replonger dans les ténèbres quelques secondes plus tard. Du coup, lorsqu’un recoin s’éclaire largement, désamorçant un peu la tension, un vacarme de moteur déchire le silence, empêchant de débusquer un bruit suspect. Ouïe ou vue ? La traque s’avère salement ardue. Les infectés sont partout, affamés. Ames sensibles s’abstenir ! Le niveau de violence des agressions monte d’un cran. Plus sanglant, plus frontal, Rec2 se permet même de modifier les attentes du public. On y va croyant avoir à faire avec des zombies, mais le film bascule (par la révélation de l’identité d’un des protagonistes) vers une autre explication, plus… « religieuse ».

Alors qu’on commence à s’habituer au rythme des changements de points de vue, un nouveau groupe pénètre, caméscope au poing. Trois ados, un pompier et le locataire qui a enfin (trop tard) acheté les médicaments pour sa fille (cf. le premier Rec) se retrouvent coincés eux aussi dans l’immeuble infernal. On suit les flics au grenier, puis les gamins, terrifiés au deuxième étage, les flics redescendant fissa, doigts sur la gâchette, les ados, flippés courant dans les étages…Ca hurle, ça pleure, ça saigne !

Une suite qui réutilise une mécanique en la diversifiant, qui change son pitch en cours de route en restant cohérente, qui surprend sans décevoir, Rec2 est une belle claque, une bonne peur, un très bon film. Le meilleur cadeau de Noël, cette année.


Critique de REC 2 - FPS bourrin en diable
Par : Quentin Meignant
Tags : Diable et démons, Type documentaire, Found footage

Après le succès international de REC (à la base petite bande destinée au festival qui se transforma, dans certains pays, en véritable raz-de-marée, allant jusqu’à provoquer un remake américain instantané), Filmax, la célèbre société de production espagnole, décida assez rapidement de mettre sur pieds une séquelle. Cette dernière fut confiée à Jaume Balaguero et Paco Plaza, les deux géniaux réalisateurs du premier volet, avec pour mission d’au moins égaler l’impact de l’œuvre originale. Les cinéastes ibères prirent donc la décision de ne pas changer grand chose au canevas de base et de faire se dérouler REC 2 dans le sillage immédiat de son glorieux grand frère. Le métrage prend donc place dans le même immeuble que REC, seulement quelques minutes après que les autorités eurent perdu le contact avec les derniers survivants de l’intérieur. Personne ne sachant ce qu’il se passe, une brigade d’intervention spéciale, équipée de plusieurs caméras, est envoyée sur place pour
analyser la situation, va devoir affronter une menace bien réelle...

D’emblée doté de plus de personnages à vocation plus active (le nombre de sauveteurs ayant été gonflé), REC 2 débute en faisant étalage des différents changements de style mis en place par les deux cinéastes. Ainsi, Balaguero et Plaza présentent une équipée musclée par l’entremise de plusieurs caméra, chaque personnage étant désormais muni du précieux objet. Cette variation acquiert dès lors une importance capitale dès les premiers moments d’action à l’intérieur de l’immeuble, le montage faisant des merveilles là où la simple caméra du premier volet virevoltait seule. C’est désormais à plusieurs point de vue, plus horrifiques les uns que les autres qu’il faut faire face, les réals instillant d’ailleurs à l’œuvre un esprit jeu vidéo encore plus accru que dans REC . En effet, le traitement même de l’action évoque les techniques et le style des meilleurs FPS (jeux à la première personne) tels que Resident Evil.

Employant la shaky cam aussi souvent que possible, Balaguero et Plaza donnent lieu à un gigantesque cauchemar visuel, ne laissant guère le temps aux spectateurs de souffler. S’il est certain que cet ensemble pétri d’action demeure d’excellente facture, le suremploi de certaines techniques et le manque de temps morts ne laissent évidemment que fort peu le temps aux cinéastes de développer une ambiance aussi anxiogène que dans le métrage précédent. Néanmoins poignante, l’action se déroule sans autre forme de procès, altérée çà et là par les révélations bibliques du personnage principal. Car c’est sans doute là que Balaguero et Plaza ne sont pas parvenus à montrer l’étendue de leur maîtrise : alors que le premier volet faisait simplement état d’une forme de rage, REC 2, lui, s’enfonce dans un mysticisme bien espagnol, trouvant des justifications à tour de bras aux mystérieux événements de l’immeuble. Ce discours un rien trop intello pour une bande d’une telle ampleur trouve malgré tout toute sa plénitude dans un final incroyable et imagé (en forme de critique des médias), qui laisserait augurer un possible REC 3.

Balaguero et Plaza ont su reprendre les ingrédients qui ont fait le succès de REC, tout en y ajoutant une pincée d’action supplémentaire et en agrémentant l’ensemble d’un montage particulièrement tranchant. Dès lors, si REC 2 peine à égaler le chef-d’œuvre qu’était son prédécesseur, il en assure une continuation plus qu’appréciable, prouvant une nouvelle fois que le cinéma ibérique sait se réinventer.


Critique de Rec 2 - Trouillomètre à zéro
Par : Damien Taymans

Des œuvres d’un tandem ibérique des plus talentueux, Rec a connu un véritable succès sur la scène internationale, spécialement en festivals où il s’est offert une moisson de récompenses extrêmement fructueuse. En marge de la critique, le métrage suscite un engouement sans pareil de la part des spectateurs. Certains aficionados l’épluchent plan par plan et échafaudent des théories pour justifier des choix que les réalisateurs avaient volontairement maintenus dans le flou. Devant l’insistance de cette multitude de fans, Paco Plaza et Jaume Balaguero ont remis leur concept sur le travail et ont analysé à la loupe leur film dans le but de lui fournir une suite. Chaque nouveau visionnage apporte son lot de nouveaux détails, chaque analyse engendre de nouvelles théories. Les cinéastes développent ainsi la piste de la possession démoniaque, à telle enseigne que Rec, deuxième du nom, se métamorphose rapidement en une sorte d’avatar documentarisé de L’Exorciste.

A ceci près que la pellicule de Balaguero et Plaza capitalise essentiellement sur ses constants rebondissements, ces fameux effets de trouille parfaitement achalandés dans le premier opus et qui, s’ils se montrent diablement efficaces lors de la première partie de l’œuvre, finissent par lasser lors de la seconde, sitôt que s’ajoutent à cette dynamique déjà échevelée des éléments complémentaires. Un trio de jeunes, montés sur le toit d’un immeuble pour faire décoller une poupée gonflable à l’aide de fusées, s’engouffre à la suite d’un pompier dans les égouts de la ville pour pénétrer l’immeuble placé dans une drastique quarantaine. Leur incursion implique un éclatement narratif dommageable (une nouvelle caméra vient alors épaissir encore un peu ce capharnaüm pseudo-documentaire) autant qu’elle ruine le procédé poursuivi jusqu’alors par le tandem qui avait appliqué à la séquelle de Rec le procédé d’Aliens – Le retour en introduisant au cœur de l’effroi une bande de gars surentraînés et armés jusqu’aux dents, genre SWAT, chargés de démêler à la gâchette cette inextricable affaire.

Plus nerveux et plus rythmé que son prédécesseur, Rec 2 n’en est pas pour autant plus efficace, Balaguero et Plaza sacrifiant l’horreur au profit de l’action survitaminée et anéantissant toute potentialité dans leurs montagnes russes frénétiques à l’excès. Toutefois, les cinéastes ont le mérite d’avoir su soutenir la complexité de leur nouveau rejeton, ne se perdant jamais dans la multiplicité des points de vue qu’imposent les nombreuses caméras en présence et jouant une nouvelle fois avec ingéniosité d’une lumière diffuse pour faire ressortir des détails capitaux (en ce sens, l’infra-rouge est ici exploité à la perfection, faisant jaillir des éléments invisibles dans ce dédale).


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