Critique de film

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Lovely Bones (The)

"The Lovely Bones"
affiche du film

Susie Salmon était une jeune adolescente comme tout le monde : elle avait une famille formidable, une passion irrésistible pour la photographie, un début dâ

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Les critiques à propos de ce film

Critique de Lovely bones - Far from heaven
Par : Ursula Von Trash

Tiré du Best-seller d’Alice Sebold, La nostalgie de l’ange, Lovely Bones permet à Peter Jackson de délaisser les gros singes poilus et les orcs pour plonger dans une tragédie humaine réaliste. Susie Salmon, jeune adolescente de quatorze ans, insouciante, rêvant au premier baiser qu’elle recevra et à sa future « carrière » de photographe animalier, est assassinée. Commence alors le chemin de croix de ses parents, entre deuil, effondrement et désir de vengeance. Mais Susie, morte brutalement, erre entre Vie et Mort, dans l’Entre-Deux, spectatrice du désespoir de ses proches et des pulsions toujours vivaces de son meurtrier.

Peter Jackson, dont l’imaginaire reste profondément nourri par l’adolescence, s’intéresse cette fois, non pas à des mondes peuplés de créatures fantastiques, mais au quotidien d’une famille qui bascule dans l’horreur. La seule concession au réalisme de la situation, réside dans l’Entre-Deux où Susie est coincée, métaphore de ses frayeurs d’enfant et des affres que traverse sa famille.

Les premières minutes de Lovely Bones (visibles sur le site), démontrent, s’il en était besoin, la maestria de Jackson à poser un univers en quelques plans. Tout y est. Les parents Salmon, Jack (Mark Wahlberg) et Abigail (Rachel Weisz), parfait couple de leur temps (les années 70), préoccupés par l’éducation de leur marmaille, Camus et la fornication. Susie (Saoirse Ronan), narratrice de son propre destin, ado attachante, secrètement amoureuse du beau gosse du lycée. Lindsey, la petite sœur rondouillarde un peu jalouse. Et Lynn (Susan Sarandon, exceptionnelle !), grand-mère alignant clope sur clope, toujours un whisky à la main, qui dédramatise les tracas de la famille. Et une boule à neige, métaphore d’une bulle magnifique étanche à la réalité, tout autant protection que prison. Incarnation d’une incommunicabilité d’un monde à l’autre.

Mais un jour de décembre 73, tout bascule pour les Salmon. Susie disparaît. Enlèvement ? Fugue ? Meurtre ? Personne ne sait. Personne sauf Susie. Et le spectateur. Car la volonté de Peter Jackson est d’être au côté de Susie, de raconter l’histoire par son entremise, sa sensibilité. La scène où la jeune fille est assassinée en est un exemple troublant. Etouffant, flippant, on ressent sa peur, sa panique. On court à ses côtés quand elle parvient à s’échapper et on ne comprend pas qu’il est déjà trop tard, qu’elle est déjà passée de l’autre côté. Cette force d’immersion et de projection, qui fonctionne parfaitement dans la partie réaliste du métrage, s’enlise malheureusement dans les visions surréalistes de l’Entre-Deux. Le parti pris visuel, kitsch, psyché, fait penser à un mauvais trip. Trop décalé parfois, mièvre souvent (des jeunes filles batifolant dans des champs de blé, les cheveux au vent), la sauce ne prend pas. On attend les retours à la réalité, l’enquête qui patine, le meurtrier qui prépare son prochain piège, le père qui pète les plombs, la mère qui sombre dans la dépression. Mais le décalage ne cesse de grandir comme l’impatience du public.

Tentant de récidiver avec Lovely Bones le pari de Créatures célestes (plongée dans le monde imaginaire de deux ados marginales), Jackson s’essaie de nouveau à l’œuvre bicéphale, fable sur l’Au-delà et chronique d’une famille à la dérive. Mais à force de grand écart, on lâche le fil de la réalité sans parvenir à raccrocher le wagon onirique. Reste un film fermé sur lui-même, où les deux mondes de Susie échouent à communiquer, laissant en plan le spectateur alors même qu’il aurait dû rester au centre du dispositif narratif. On se sent seul, un peu comme dans une boule à neige…


Critique de Lovely bones - Un ange trépasse
Par : Samuel Tubez

Après ses mastodontes qui ont marqué à jamais les rétines des spectateurs, Peter Jackson renoue avec un cinéma plus intimiste et du coup forcément moins friqué. Sans aucun doute, l’ombre du magnifique Créatures célestes plane sur ce Lovely bones qui est pourtant loin de faire l’unanimité...

Susie Salmon (comme le poisson) est une adolescente de 14 ans avec plein de rêves en tête qui est sur le point de connaître sa première grande histoire d’amour. Hélas, la jeune fille va tomber sur George Harvey, pernicieux voisin qui a décidé de l’assassiner et de dissimuler son corps. Arrachée au monde des vivants, Susie va pourtant continuer à voir les membres de sa famille poursuivre leur existence et va également surveiller son meurtrier ainsi que la progression de l’enquête liée à sa propre disparition…

Hormis son budget modeste et son aspect dramatique, Lovely bones se rapproche également de Créatures célestes par son côté « fait divers » et ses préoccupations appartenant au monde adolescent. Il est dès lors normal que certaines images de l’entre-deux mondes arborent un côté enfantin, naïf, kitsch diront certains, puisqu’elles sont le reflet de l’imaginaire d’une jeune fille habitée par nombre de chimères (rappelons par ailleurs que l’action se déroule dans les années 70, époque lointaine de nos considérations contemporaines). Malgré des effets numériques parfois inégaux, ces séquences paradisiaques s’avèrent donc tout à fait propices et belles, tout simplement. Mais ce serait amputer le film de manière éhontée que de s’arrêter à ce seul aspect. Car Lovely bones possède une dimension drastiquement sombre, qui en fait à la fois un drame émouvant doublé d’un thriller implacable. Il faut voir la manière dont Peter Jackson nous tient en haleine lors de ses séquences tendues, portées de main de maître, il est vrai, par un Stanley Tucci inquiétant à souhait. Face à lui, la petite Saoirse Ronan (Reviens-moi, La cité de l’ombre) se révèle dans son tout premier grand rôle (comme une certaine Kate Winslet à l’époque de Créatures célestes, tiens tiens…). Le reste du casting n’est pas moins efficace avec Mark Wahlberg et Rachel Weisz impeccables en parents affligés et Susan Sarandon dans le rôle un peu plus cocasse de la grand-mère délurée. Outre le fait qu’il adapte un bouquin considéré comme inadaptable (plus encore que Le Seigneur des anneaux), Lovely bones opte pour un mélange de genre ahurissant, passant du mélodrame au fantastique, de la chronique familiale au thriller, de l’histoire d’amour avortée au film de serial killer, le tout saupoudré d’une pincée d’humour au milieu pour détendre un peu l’atmosphère. Et l’ensemble fonctionne parfaitement ! Vous l’aurez peut être compris, Lovely bones est un film de parfait équilibriste, et donc sacrément risqué pour Peter Jackson, qui acquiert au fil des projets de plus en plus de poids (à l’inverse de sa silhouette) et de maturité. Son Tintin est d’ores et déjà attendu avec beaucoup de fébrilité en attendant, peut être un jour, un éventuel retour aux sources horrifiques, comme Sam Raimi avec Drag me to Hell. Ah que ce serait fun, ça !

Projet on ne peut plus risqué et casse-gueule, Lovely bones est sans aucun doute un nouvel exploit à mettre au crédit de Peter Jackson. Entre mélodrame, thriller et fantastique poétique, le réalisateur maîtrise une fois de plus la situation en nous balançant une œuvre unique en son genre que l’on n’est pas prêt d’oublier. Définitivement un grand parmi les grands, ce Peter !


Critique de Lovely bones - More Lovely than bones
Par : Fred Bau

D’un côté, le royaume des morts. De l’autre, le monde des vivants. Du côté du monde des vivants, une petite bourgade, avec une attachante famille middle-class des 70’s. Voilà pour le Lovely. Dans le voisinage vit un tueur pédophile, aussi déterminé que minutieux et discret. L’os ? Non, encore le Lovely. Plus vraiment du monde des vivants, mais pas vraiment encore du côté du royaume des morts, une charmante adolescente du nom de Suzie (narratrice attitrée de toute l’histoire) ouvre le bal en voix off, en nous disant qu’elle a 14 ans, et qu’elle s’est faîte assassinée. L’os ? Non, toujours le Lovely... Et l’os ?

L’os, c’est le moteur narratif du film, basé sur l’alternance de trois registres : le thriller, la comédie dramatique, et le fantastique. L’enjeu était pour le moins hardi, et il faut reconnaître que Peter Jackson mouille la chemise. S’astreignant dès les premières secondes à l’exercice de style qui consiste à adopter le point de vue d’une adolescente, le réal accorde dans un premier temps le même soin à toutes les dimensions de ce film ambitieux. La tension du thriller, avec un Stanley Tucci sommital, est redoutablement efficace. La détresse familiale suscite l’empathie. Les limbes, où erre l’âme déchirée de Suzie, résonnent de tous les échos de son meurtre, et de ses conséquences (cf la scène du naufrage des bateaux-bouteilles, qui demeure la plus belle trouvaille dramatico-fantastique du film).

Mais à mesure que les enjeux narratifs se resserrent, The Lovely Bones élude ses propres nodosités. Le thriller est amputé d’une véritable enquête policière, alors que celle que mène le père de Suzie est court-circuitée par l’intervention brutale d’un jeune étalon qui l’expédie à l’hôpital. La comédie dramatique évacue la dépression de la mère loin du domicile familial, dans un champ de cueillette de fruits, tandis que la grand-mère prend le relais, en multipliant les apparitions "clownesques". Autant de manipulations habiles des mécanismes narratifs, qui n’en demeurent pas moins des diversions. Autant de subterfuges qui ne pouvaient se justifier que par le fait que le propos du film se situait ailleurs.

Encore fallait-il que l’adoption du point de vue de Suzie apporte cette justification. Or, les errances fantastiques de cette âme de 14 ans tendent à nous faire perdre le fil conducteur. Progressivement, la voix off déraille, et échoue à lier ensemble le répertoire du film, qui perd autant en force qu’en cohésion. Plus désastreux encore : l’alternance des registres agit comme un anxiolytique qui contamine l’élément le mieux maîtrisé : le thriller. La scène du baiser et du coffre-fort, d’une lenteur allergène, est à ce titre symptomatique de tout le film. Entendrez-vous le sursaut de Hitchcock dans son caveau ?

The Lovely Bones alterne le sucré et le salé, et laisse sur l’impression de s’être pris une douche écossaise. La faute au manque de poivre ?

Commentaires sur le film

5 etoiles

25 mars 2010 à 11:03
Demi-mesure

2 etoiles

Tout à fait sur la même longueur d’onde qu’Ursula et Fred. A force de dilution des enjeux narratifs, ce "Lovely Bones" perd en consistance, autant qu’en impact et unité formelle. Les séquences se déroulant dans l’autre monde, bouillie infâme de CGI à tonalité "gnan-gnan" (à ce titre, les SFX numériques du "Parnassus" de Gilliam, bien que maladroits, s’avèrent paradoxalement moins "tocs" et repoussants) ne soutiennent pas la comparaison avec celles caractérisant le monde réel, démontrant une parfaite maîtrise de la tension et du suspense. S’y illustrent un Stanley Tucci des grands jours (glaçant en tueur pédophile), la beauté fragile de Rachel Weisz et une Susan Sarandon truculente en grand-mère "borderline". Mi figue, mi raison donc... Très loin de la qualité générale du magnifique "Créatures célestes"...

30 juillet 2011 à 13:07 | Par Vivadavidlynch

2 etoiles

C’est génial ce système de confrontations d’avis ! Du coup, on voit que le film a divisé votre équipe !

30 juillet 2011 à 19:07 | Par kyleofthepast

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