Critique de film

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Zombie

"Dawn of the dead "
affiche du film
  • Année de production : 1978
  • Réalisateurs : George A. Romero
  • Scénaristes : George A. Romero
  • Acteurs : Ken Foree, David Emge, Scott H. Reiniger, Gaylen Ross
  • Musique : Goblin, Agostino Marangolo, Massimo Morante, Fabio Pignatelli,Claudio Simonetti
  • Genre : Horreur - Morts-vivants
  • Pays d'origine : USA
  • Durée : 1h57
  • Budget : 1,5 millions de Dollars
  • [
  • Bande annonce
  • ]
  • Récompenses : Nomination au prix des meilleurs maquillages (Académie des films de science-fiction, fantastique et horreur 1980) Golden Screen (1980)

Des morts-vivants assoiffés de sang ont envahi la Terre et se nourrissent de ses habitants. Un groupe de survivants se réfugie dans un centre-commercial abandonné. Alors que la vie s'organise à l'intérieur, la situation empire à l'extérieur...

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Les critiques à propos de ce film

Zombie - A mourir de plaisir !
Par : Damien Taymans
Tags : Zombies, Gore

Fort de son expérience de La nuit des morts-vivants, Romero nous propose un film entier, où la lutte opposant les humains à la mort est omniprésente. Ce film a vu sa projection interdite dans nombre de pays lors de sa sortie. D’autres l’ont interdit aux moins de 18 ans car celui-ci risquait de choquer les spectateurs. En effet, le film a choqué et il continuera certainement encore à heurter les esprits bien pensants. Ce qui frappe, c’est tout d’abord les scènes gores.

Remettons-nous une minute dans le contexte originel : dans les années 70, il est assez rare de voir de pareilles scènes et il est compréhensible que les mœurs aient été choquées.

Ensuite, bien plus dérangeant encore que le culte du gore que nous livre Romero, il y a la critique sociale que Romero nous met en pleine face. Nous ressemblons finalement assez fortement aux zombies, déambulant sans conscience tels les consommateurs que nous sommes devenus. Les zombies de Romero font exactement ce que nous passons notre temps à faire : ils viennent chercher leur nourriture (c’est-à-dire nous) au supermarché. Nous voilà réduits au rang de créatures inconscientes et sommes-nous donc logiquement détrônés de la pyramide alimentaire au profit de ces gens tout aussi inconscients que nous.

L’homme, de l’autre côté, l’humain, le vivant n’a pas plus fière allure. Armé de ses fusils, il fait plus que se défendre. Il jouit lorsqu’il tue et nous, spectateurs, fantasmons sur ces armes et nous raffolons de ces destructions massives des zombies malfaisants. Pire que cela, Romero nous l’a déjà montré dans sa fameuse Nuit des morts-vivants : l’homme, fort de ses capacités technologiques (à savoir les armes) ne fait pas que se défendre : il attaque et prend un certain plaisir à faire souffrir et à se moquer des zombies emprisonnés.

Le côté violent et gore du film ne peut malgré tout pas être passé sous silence. Enfants flingués, cervelles qui giclent, morsures béantes, machette dans la gueule, étripage en règle et sanquette à gogo, Zombie ne fait pas dans la dentelle. Le travail de Tom Savini est tout simplement grandiose -il est d’ailleurs amusant de noter qu’une partie de la famille Savini joue dans le film, Tom est un des pillards et Donna et Mike Savini interprètent deux Zombies- et ce grand maquilleur proposait à l’époque un spectacle sang et barbaque inédit allant très loin dans les sévices bien gratinés.

Magnifique explosion d’horreur. A regarder absolument !


Critique de Zombie - Romero dévore l’Amérique
Par : Chroniqueurs

Alors que George A. Romero avait secoué le monde entier en 1968 avec La nuit des morts-vivants, il est peu de dire qu’il le retournera 10 ans plus tard avec Zombie (qui s’appelait – en sous-titre – Le Crépuscule des morts-vivants).
Si Romero est aujourd’hui si réputé, s’il peut jouir d’un statut de réalisateur culte et mythique, c’est grâce à son génie et grâce à l’emploi qu’il a fait de l’horreur pour dénoncer les divers travers de la société (américaine plus particulièrement). En effet, avec La nuit des morts-vivants, il dénonçait le racisme et avec Zombie, il s’attaque au capitalisme et à la société de consommation.

Seul Romero semble avoir le pouvoir du faire du cinéma d’horreur « social ». Non seulement il dénonce et fait la morale mais en plus, il cache ses bonnes paroles sous un divertissement extrêmement soigné. Au final, Romero ne passe nullement pour un moralisateur mais pour un homme fin et humoristique qui s’amuse à pointer sous notre nez nos plus gros défauts (des défauts qu’à force nous avons acceptés).

Zombie se présente alors selon deux parties distinctes (qui bien entendu se confondent totalement), le fond et la forme.
Tout d’abord la forme. Dès l’ouverture de son film, Romero installe sa caméra au beau milieu de ce qui semble être l’apocalypse. Les zombies ont envahi la planète et désormais, les derniers humains s’arment et se défendent comme ils peuvent, cédant peu à peu du terrain à la folie. C’est donc dans un cadre de paranoïa complète que Romero place son intrigue. En résulte une dimension nouvelle des choses. En effet, dans ce contexte si particulier, les choses ne semblent plus être les mêmes. Ce centre commercial, par exemple, délaissé de toutes activités humaines et entouré de ces charognes, paraît être maintenant un lieu de perdition, un lieu abandonné et sans « âme ».
A l’aide d’un minimum de moyens (le film ne bénéficie pas d’effets spéciaux extraordinaires), Romero parvient cependant à rendre parfaitement « crédible » ses zombies, à les rendre terrifiants. On remarque parfois qu’ils se sont « contentés » de maquiller les visages et les membres des acteurs en bleu pâle pour leur donner un ton cadavérique. Le résultat est parfait puisque cette « masse » de morts-vivants est stressante, oppressante au plus haut point.
Après, les effets de chair déchiquetées, arrachées, broyées, dévorées ou autre sont superbement bien réussies.

Donc, après avoir soigné son fond, c’est avec une simplicité déconcertante que Romero met en pièce les codes de la société américaine, l’American Way of Life, le capitalisme et la société de consommation. Avant que les quatre héros ne rentrent dans le centre commercial, il trouve le temps de détruire le célèbre héroïsme et patriotisme américain. Il y a ce « policier » raciste qui se prend pour Rambo et tous ces miliciens qui prennent les armes (une image que l’on peut voir dans Bowling for Colombine) pour défendre leur chère patrie. Image ridicule de ces barbues qui, avec leurs armes facilement obtenues (l’un des vices de l’Amérique, on achète un flingue comme on achète une baguette de pain), prennent plaisir à tuer.

Mais, là où la vraie critique, la vraie satire de Romero fait rage, c’est dans le centre commercial. Il y a d’un côté cette masse uniforme que sont les zombies, qui « hantent » les rayons et les allées du centre commercial (image forte de l’acheteur qui est obnubilé par tant de produits). Et de l’autre côté, se trouvent les quatre rescapés qui vont prendre possession des lieux et se construire leur petit nid. Ils vont entrer dans une passivité incroyable, se laissant aller à la fainéantise et profitant des moindres produits de « luxe » du magasin. Ils sont émerveillés devant tous ces bijoux, ces fourrures (des vraies ? le doute est largement permis), voitures, armes à profusion, etc etc…
Autrement dit, les quatre héros s’installent dans un confort et se laissent « porter » par les charmes du lieu. On entendra même dire le pilote de l’hélico dire avec colère en voyant arriver les pillards, « c’est à nous ! Nous l’avons gagné ! ». Mais qu’ont-ils gagné ? La fin du film est une bataille pour un faux luxe, un faux confort. Par exemple, à quoi sert-il de voler l’argent puisque tous les commerces sont fermés et qu’il n’y a qu’à se servir. Les zombies n’ont plus de cerveaux, mais en reste-il vraiment un chez les « vivants » ?
Les zombies n’ont au final rien à nous envier. Et c’est grâce au chaos, à cette impression d’apocalypse que Romero peut nous mettre sous le nez nos bêtises, nos conneries et notre imbécillité.

Zombie est un cauchemar et le réveil est autant douloureux que plaisant. L’aventure est des plus palpitantes mais bon dieu, « shame on you » !


Critique de Zombie - Les sommets du genre...
Par : Quentin Meignant

Voir un Romero pour un fan de films d’horreur est un peu comme visiter une exposition Van Gogh ou Da Vinci pour les amateurs de peinture, c’est un somptueux moment de découverte et de variation sur le même thème. C’est ainsi que le fameux Zombie, si cher à notre coeur peut être considéré comme la Joconde du cinéma horrifique, tant il émerveille par sa beauté graphique et ses multiples facettes.

C’est en 1978 que le réalisateur de génie décide de renouer avec les films de zombies, 10 ans après avoir marqué les esprits avec La nuit des Morts-vivants, aujourd’hui hissé au rang de film culte. Durant la période séparant ces deux films, Romero s’est essayé à des exercices périlleux mais de grande qualité avec, notamment à la clé, le magnifique Martin et La nuit des fous-vivants.

Quand il revient sur le thème des zombies, Romero jouit donc d’une notoriété et d’une réputation flatteuse censées lui ouvrir les portes des plus grands studios. Malheureusement pour lui, les sociétés de production se sont encore montrées bien avares avec une maigre enveloppe de 1,5 millions de Dollars. Certes, le budget est dix fois plus élevé que pour sa première oeuvre mais on peut affirmer que cela reste risible comparé aux sommes folles dont certains réalisateurs (bien moins talentueux) jouissent !

Malgré ce manque évident de moyens, Romero accepte le challenge et s’échine a rendre son film encore plus légendaire que La nuit des morts-vivants. Cette volonté est affichée dès l’entame du métrage qui nous plonge directement dans le grand bain.

Contrairement à ce qu’il avait fait précédemment, Romero ne nous laisse pas le temps de réagir : nous entrons dans un monde déjà plongé en plein chaos par l’invasion de milliers de zombies. Le monde entier est touché et la seule chose à faire pour ces lâches de survivants est de fuir.

Bien plus encore que dans La nuit des Morts-Vivants, Romero, véritable chroniqueur socialo-horrifique, dépeint une société américaine aux abois. Toute la structure de cette dernière est passée au crible à commencer par la vente d’armes et le racisme grandissant.

Nous assistons alors, impuissants spectateurs que nous sommes, à un déballement total de haines entre survivants. Tout la lâcheté et la médiocrité des hommes est décrite dans ses moindres détails. Tout y passe, du flic se prenant pour Rambo (version facho) aux excités de la gachette qui détruisent tout sur leur passage.

La critique sociologique ne s’arrête pas là, que du contraire ! Elle redouble même dans le centre commercial. Nous constatons que ces survivants, avant même de penser à se barricader complètement, pillent allègrement les magasins de luxe, se transformant en véritables promeneurs du dimanche ! Caviar et Whisky à volonté dans une société déjà post-apocalyptique, Romero est très fort et le prouve !

Cette dénonciation de la société de consommation, qui nous habitue aux produits de luxe et aux standards de la mode (manteau de vison, télévision dernier cri, radio,...), prend toujours plus de force au fil de l’oeuvre jusqu’à causer la perte de certains survivants ! Entre pillages de caisse (A quoi servent les billets dans ce chaos ? Vraiment trop bêtes ces humains !) et batailles rangées pour quelques biens mal acquis, Romero distille ses idées révolutionnaires à grands coups de gore !

En effet, bien au-delà de toutes ces considérations sociétaires, le film est une pure réussite ! Jamais, jusque-là, le gore n’était apparu aussi flamboyant ! Ce n’est d’ailleurs pas pour rien que cette écume sanglante se poursuivit lors de (trop) nombreuses suites non-officielles de l’oeuvre. Hormis Zombi 2, du grand maître Fulci, ces suites prouvent que Romero est le seul à savoir mettre en scène autant de tripes que de zombies !

Cette ode à l’horreur, cette symphonie du sang est tout simplement impressionnante et rien ne vient perturber les plans du réalisateur. Tout est parfait du début à la fin, tant au niveau des effets spéciaux que du maquillage. Ces derniers étaient sans doute le plus grand challenge de Romero : contrairement à ce qu’il avait fait dans La nuit des Morts-Vivants, il a ici mis le paquet et ces cadavres ambulants restent encore aujourd’hui les plus impressionnants du cinéma !

Pour le reste, Goblins (Les frissons de l’angoisse, Ténèbres, Le sang des innocents,...) signe une bande son d’une qualité incroyable. Le rock s’entremêle alors avec de douces mélodies et des effets sonores ahurissants pour former une ambiance horrifique somptueuse !

La perfection existe à n’en point douter et c’est à Romero que nous le devons ! Une oeuvre légendaire que toute personne normalement constituée DOIT avoir vue ! Bienvenue dans les sommets du genre !


Critique de Zombie - "Quand il n’y a plus de place en Enfer..."
Par : Samuel Tubez

Dix ans après sa nuit, George Romero nous propose son aube des morts-vivants. Véritable upgrade plutôt que suite directe, Zombie laisse de côté la suggestion pour verser dans le gore non dissimulé à coups de headshots spectaculaires. Mais derrière les flots d’hémoglobine surgit à nouveau la satire sociale, avec même des petites touches d’humour en bonus.

Si Zombie a pu voir le jour, c’est grâce à nouveau à de nombreux proches de Romero et de généreux bailleurs de fonds mais aussi et surtout grâce à Dario Argento, son frère Claudio ainsi que Alfredo Cuomo qui décident de produire le film et ainsi obtenir les droits de son exploitation dans les pays non anglophones. Une fois les problèmes financiers résolus, Romero et son équipe entament le tournage, qui sera majoritairement effectué dans un véritable centre commercial (le prologue ainsi que la scène dans l’armurerie seront tournés en studio tandis que l’intervention des Forces Spéciales, elle, sera shootée dans un immeuble abandonné). Prêtant ses galeries uniquement durant la nuit, la grande surface devient alors le terrain de jeu de Romero, de son équipe et de leurs zombies. Toujours très zen, le réalisateur y met en scène un casting d’illustres inconnus qui feront des merveilles devant ses caméras. Gaylen Ross, David Emge, Scott Reiniger et Ken Foree forment ainsi un quatuor dont l’alchimie est absolument parfaite. Leur prestation est tellement en osmose et de qualité qu’ils s’avèrent être les personnages les plus cultes et appréciés de tous les films de zombies du maître (et peut être même de tous les films de zombies existants !). Malheureusement pour eux, la suite de leurs carrières ne sera guère florissante, si ce n’est celle de Ken Foree, qu’on retrouvera, des années plus tard, dans d’honnêtes (voire d’excellentes) séries B : Knightriders, From Beyond, Le Dentiste, Massacre à la tronçonneuse 3, The Devil’s rejects ou bien même le Dawn of the Dead de Snyder.

Un des autres apports d’importance de cette entreprise est celui du talentueux Tom Savini. N’étant pas intervenu sur La Nuit des morts-vivants car il se trouvait au Vietnam en tant que photographe de guerre au moment du tournage, le maquilleur revient à la charge plus motivé que jamais pour le deuxième opus. Il enquille ainsi les postes en assurant non seulement les maquillages, mais également en supervisant les cascades et en jouant la comédie en interprétant l’un des Hell’s Angels qui envahissent le centre commercial. Prolifique et inventif, il a la complète confiance de George Romero qui le laisse même intervenir sur le scénario pour mieux y intégrer ses effets sanguinolents. Le résultat est sans nul autre pareil : Zombie offre le spectacle ultime en terme de headshots saisissants et de démembrements en tous genre.
Nanti d’une équipe hors norme, Romero peut filmer son divertissement gore sans oublier d’y insérer du contenu. On le sait, le fantastique et l’horreur peuvent admirablement servir de parabole à l’expression de la critique sociale. Zombie est incontournable en la matière. S’attaquant principalement à la société de consommation, il brosse également avec brio la fin d’une civilisation, démontre le désarroi des autorités et montre toute la panique et le chaos qui peuvent régner en cas de crise. Non content de cela, le maître insère même une bonne dose d’humour dans son métrage, chose osée pour l’époque. Les tartes à la crème dans la face des zombies, le test sanguin,… la plupart de ces gags s’avèreront tellement audacieux qu’il seront même évincés de la version européenne par Dario Argento.

Car Zombie a plus d’un visage : trois versions du film existent et sont désormais disponibles en dvd depuis un moment. La version la plus complète dont Romero est le plus satisfait est le director’s cut d’une durée de 2h19. Hormis l’ajout de scènes gores et humoristiques, c’est la version qui prend le plus son temps et qui donne une épaisseur inédite aux personnages. Un must à découvrir absolument ! Les deux autres versions, plus célèbres, sont les montages américains et européens. La version américaine, d’une durée de 2h06, trouve un bel équilibre entre le fond et la forme tout en faisant une utilisation moindre de la musique des Goblin. Le cut européen, supervisé par Argento, est quant à lui le plus court (1h57) et le plus expéditif.

La musique tonitruante de son groupe, Les Goblin donc, rythme le film tout du long. Plus d’intensité et plus d’action : l’accent est mis sur le spectacle et l’efficacité. C’est la version qu’on a toutes et tous vu plus d’une fois et que l’on qualifie sans sourciller de chef d’œuvre. Mais avec les deux autres versions, ça nous fait trois masterpieces ! Si ce n’est pas du culte en or massif tout ça, je veux bien me faire bouffer les tripes sur-le-champ !


Oeuvres liées :

Zombie 2, l'enfer des zombies (1979)
Zombie 3 (1988)
Zombie 4 After Death (1989)

Commentaires sur le film

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5 etoiles

coups de coeurCoup de coeur !

Le meilleur film d’horreur jamais réalisé. Il y a tout : de l’action, de l’horreur et de la réflexion. C’est vachement bien vu. BRAVO !

22 août 2009 à 16:08 | Par Philippe

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