Festival Offscreen

EVENTS - OFFSCREEN 2014

Triple dose de Martine Beswick !

Cette année au Offscreen, Radley Metzger et Robin Hardy n’étaient pas les seuls à être à l’honneur : Dirk van Extergem et ses fidèles avaient réservé une place de choix à l’amazone Martine Beswick, qui présentait en personne trois œuvres glanées dans le catalogue de la Hammer Films. Le samedi 15 mars, un double bill lui était donc entièrement dédié, avec Slave Girls (22h00), suivi à minuit du joyau Dr Jekyll & Sister Hyde.

Martine Beswick se prosterne devant le Rhinocéros Blanc de "Slave Girls".

Réalisé par Michael Carreras (The Curse of the Mummy’s Tomb), un des tauliers de la maison Hammer, Slave Girls (Les femmes préhistoriques, 1967) est le 2ème film du genre « petites pépées en peaux de bête » tourné par la belle Martine Bestwick (le 1er étant Un million d’années avant J.C.). A l’époque, c’était un filon très juteux pour la Hammer et la Préhistoire leur fournissait l’alibi idéal pour montrer de charmantes demoiselles peu vêtues.

Slave Girls est le plaisir coupable par excellence et son scénario des plus minces (David Marchand - garde-chasse d’un coin de savane - est propulsé dans le passé, après avoir subi la menace d’une mystérieuse tribu) n’est qu’un prétexte à l’illustration très bis de rites tribaux (la danse des esclaves est un sommet de kitscherie) et à l’exacerbation d’un exotisme de pacotille (le mythe du rhinocéros blanc). Contre toute attente, le mélange de ces ingrédients forme un cocktail dense et savoureux.

Les brunes comptent pas pour des prunes !

Martine Beswick n’y est certes pas étrangère, elle qui incarne avec fougue Kari, souveraine despotique d’un groupe de guerrières brunes ayant réduit en esclavage les hommes et leurs consœurs blondes. Mais la révolte gronde, bientôt menée par Saria (la craquante Edina Ronay, vue dans Le spectre maudit et Sherlock Holmes contre Jack l’Éventreur) avec l’appui de l’étranger qui a fait irruption dans leur monde et dont elle est tombée amoureuse (Michael Latimer, transparent…).

Slave Girls se poserait presque en manifeste du girl power : une série B féministe, plaisante mais sans grand génie, exception faite de la scène de danse à la sensualité animale où Martine Beswick expose son art du déhanché, hérité de ses racines jamaïcaines et des longues soirées passées dans les boîtes de nuit londoniennes.

Ralph Bates et Martine Beswick dans "Dr Jekyll & Sister Hyde".

Dr. Jeckyll et sister Hyde (Dr Jekyll & Sister Hyde, 1971), emballé par le solide artisan Roy Ward Baker (The Vampire Lovers) est d’un tout autre éclat. Ce chef-d’œuvre tardif de la Hammer s’articule autour d’une réappropriation transgenre du roman de Robert Louis Stevenson, lié ici aux meurtres de Jack l’Éventreur et aux méfaits de Burke & Hare, les West Port murderers (au début du film, les deux compères fournissent Jekyll en cadavres frais).

Cherchant un remède à la majorité des maladies existantes, le Dr. Jekyll (le suave Ralph Bates, au générique des Horreurs de Frankenstein et de Lust for a Vampire) voit ses expérimentations le mener au bord du gouffre : sa psyché vacille et son apparence physique change irrémédiablement. Sous l’action conjuguée de substances douteuses, il laisse place à son alter ego féminin Hyde. Martine Beswick trouve là son plus beau rôle, lui conférant prestance racée, beauté ténébreuse et un potentiel sexy très appréciable (l’actrice avait accepté la nudité requise par le scénario, alors que Caroline Munro avait décliné la proposition pour la même raison).

Miss Beswick manie le couteau comme le déhanché !

Dr Jekyll & Sister Hyde s’impose avec aisance parmi les classiques de l’horreur british, fort de son gothisme flamboyant (minutie des décors et des costumes) et de son sens du décalage (les attitudes de plus en plus efféminées de Jekyll, qu’on imaginerait presque proche du coming out !).

Yabba Dabba Doo ! Des dinos, des lances et des « friskos » !

One Million Years B.C. (Un million d’années avant J.C., 1966) de Don Chaffey était pour sa part diffusé le dimanche 16 mars à 14h00, dans un cadre original : une séance Matinée à la nostalgie prégnante, où le public était accueilli par des ouvreuses en tenue d’antan (uniforme blanc et rouge), qui lui proposaient des chocolats glacés et autres douceurs.

Le film était précédé de trailers (Le choc des titans, Le voyage fantastique de Sinbad, A Bullet for the General aka El chuncho, …), d’un épisode animé des Flintstones (l’humour du duo Hanna-Barbera n’a décidément pas pris une ride !) et de spots publicitaires d’époque, parfois assez croquignolets. Un constat : ils recelaient certainement plus de poésie et de créativité que 99 % des pubs actuelles !

Raquel Watch, fantasme ambulant de "One Million Years B.C.".

Tout ce décorum et l’avant-programme amoureusement constitué par les petites mains du Offscreen ne détournant pas notre attention de l’essentiel : 48 ans après, One Million Years B.C. reste un divertissement efficace et de haute volée, toujours susceptible de plaire aux mômes (Fabrice Du Welz ne s’y était pas trompé, lui qui était présent à la séance avec ses bambins).

L’œuvre de Don Chaffey est une merveille pour les yeux, doublée d’un grand spectacle magnifié par les superbes créatures en stop motion du regretté Ray Harryhausen. C’est aussi l’écrin rêvé pour les courbes gracieuses et le joli minois de la divine Raquel Welch (une des attractions du Voyage fantastique de Richard Fleischer), tout autant que pour le tempérament incendiaire de Martine Beswick, qui sortait alors du succès du Bondien Opération Tonnerre et du tournage d’un épisode de la série Court Martial. Et puis, franchement, il faudrait être idiot pour refuser d’admirer une baston entre Welch et Beswick

Martine Beswick et Raquel Welch se crêpent le chignon !

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