Festival Offscreen

EVENTS - OFFSCREEN 2014

Échangisme, gay-friendliness, gorges profondes et juke-box sensoriel

Kate Moran, Julie Brémond et Niels Schneider dans "Les rencontres d'après minuit".

En ce vendredi 7 mars, le trio de films projetés en soirée était placé sous le signe de la chair joyeuse, de la sophistication formelle et de l’hédonisme. Le récent Les rencontres d’après minuit (2013) ouvrait la voie à deux œuvres essentielles du maestro Radley Metzger (présent en personne pour les présenter !), emballées en 1974 mais sensiblement différentes : Score et The Private Afternoons of Pamela Mann. Le public du Offscreen Film Festival ne s’y est pas trompé et la salle du Nova n’a pas désempli, les derniers spectateurs ne quittant les lieux qu’après 2h00…

Les rencontres d’après minuit est de la race de ces films qui divisent les spectateurs : on y adhère sans compromis ou on le rejette en bloc. Classez-moi dans la première catégorie ! Fantasmagorie queer aux doux effluves d’Euro Trash (avec les regrettés Jean Rollin et Jess Franco en figures tutélaires), l’œuvre de Yann Gonzalez peut irriter par sa prétention arty et son parisianisme de façade, mais ce serait passer à côté de l’essentiel : une ode envoûtante au mélangisme, transcendée par un beau score électro de M83 (Anthony Gonzalez, frère du réalisateur). Très stylisé, Les rencontres d’après minuit se ménage un créneau entre les expérimentations du Bis - plongeant de facto dans une artificialité assumée -, le théâtre filmé et le film d’auteur germanopratin.

Nicolas Maury, Eric Cantona et Julie Brémond dans "Les rencontres d'après minuit".

Heureusement, cette tendance ne ferme pas la porte à l’émotion et à la sensibilité. Dans un registre que l’on qualifierait presque de romanesque, Niels Schneider (vu chez le chouchou cannois Xavier Dolan) rayonne dans la peau de Matthias, superbe figure de héros tragique. On se souviendra aussi du naturel de la newcomeuse Julie Brémond - dans le rôle de La Chienne, à la dégaine de Blondie 80’s - et de la prestation inattendue d’Eric Cantona (jolie prise de risque !) : étalon au braquemart joufflu et à l’âme de poète. Mention spéciale à cette séquence hallucinée où il est jeté en cellule et offert en pâture à Madame La Commissaire (Béatrice Dalle), domina lubrique rappelant la Dyanne Thorne des Ilsa

Metzger, de la suggestion à la frontalité

Toujours fringant, en dépit de ses 85 ans (!), Radley Metzger était bien là pour introduire ce 1er double programme dédié à sa riche filmographie. Et pour ne rien gâcher, les deux films étaient entrecoupés d’une surprise : un show sensuel d’une effeuilleuse à la chute de reins délicieusement bombée.

Ravissante effeuilleuse entre les 2 Metzger.

Diffusé à 22h00, Score était la porte d’accès idéale aux œuvres d’Henry Paris (pseudo de Metzger lorsqu’il livre des péloches explicites), car il marque véritablement la transition du softcore au hardcore ; dans sa version intégrale, le film s’y résigne via des étreintes homoérotiques tout ce qu’il y a de plus frontales.

Score est en quelque sorte le point de non-retour pour le cinéaste, qui se verra forcé de suivre l’évolution des mœurs (libération sexuelle) et de l’industrie du film pour adultes, emportée par la déferlante Gorge profonde (Deep Throat, Gerard Damiano, 1972) et son succès inouï. Très plaisant, l’erotic flick de Metzger expose les chassés-croisés de deux couples : l’un, libertin, cherche à dévergonder l’autre - des nouveaux mariés en apparence coincés et aux pulsions refoulées… La supposée oie blanche du lot est d’ailleurs incarnée par la belle Lynn Lowry, qui s’érigea en diva du genre chez Romero (The Crazies), Cronenberg (Frissons), Jonathan Demme (Colère froide) et Paul Schrader (La féline).

Lynn Lowry minaude dans "Score".

Cette ouverture d’esprit et cet enthousiasme dans l’acte (pour Metzger, le processus de séduction « n’a pas à être conditionné par des histoires de genre » - dédicace à l’association Promouvoir) sont aussi ceux de son 1er film hard, le très réussi The Private Afternoons of Pamela Mann. Le scénario est on ne peut plus limpide et propice aux ébats : un mari (Alan Marlow) engage un détective pour espionner son épouse nymphomane. Dans le rôle, la sublime blonde Barbara Bourbon irradie et imprègne chaque image de sa beauté solaire. L’actrice avait été recommandée par Georgina Spelvin, qui hérite du rôle de la meilleure amie-prostituée et d’une excitante scène saphique avec sa protégée.

Au final et malgré la multiplicité des scènes de baise, la beauté de Barbara Bourbon reste intacte et préservée, presque irréelle, même après avoir subi un viol (consenti ?) perpétré par Darby Lloyd Rains (Chorus Call) et un Jamie Gillis fielleux en diable.

Barbara Bourbon et Jamie Gillis dans "The Private Afternoons of Pamela Mann".

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