Le Cinéma Fantastique au bout des doigts. Cinéma Fantastique vous propose une critique jeune des films les plus vieux au plus récents traitant du fantastique dans sa globalité. Horreur, gore, fantômes ...
Une mère et ses deux enfants viennent prendre possession d'une ancienne morgue située en bordure d'un vieux cimetière réputé hanté. Ils vont rapidement se rendre compte que le Mal est tout proche d'émerger à nouveau...
Si un film de Tobe Hooper, eu égard à la marque indélébile que l’homme a laissé au genre avec Massacre à la tronçonneuse, est toujours un film qui mérite qu’on s’y penche, il n’est cependant pas un gage de réussite. Avec Mortuary, la tentative de mélanger atmosphère anxiogène, comédie noire et horreur passe plutôt mal, et prouve une fois encore (ce n’est pas faute de ne pas être demandeur de ce genre de démonstration) que même avec quelques bonnes idées de départ, la ligne d’arrivée d’un film convaincant n’est jamais gagnée.
La première demi-heure du métrage a pourtant quelque chose de
génial. En particulier dans le sens de l’ironie savoureuse avec lequel Hooper
plante ses personnages et son décor malsain, tout en nous laissant espérer assister à (craindre) une vraie descente au coeur d’un cauchemar
mêlant morgue, cimetière, légende urbaine, champignon contagieux et zombies. Mais très vite hélas, le ton ironique du début laisse place à une
satyre sociale qui cède trop abondamment à la tentation de l’énormité caricaturale. L’effet comique, lourdement appuyé, s’articule maladroitement,
avortant l’angoisse, sans laquelle, on le sait, l’horreur perd presque toujours son efficacité pour tomber à plat. Le film quant à lui, s’il se revendique
très clairement de la série B contestataire, est par trop décousu, même dans ce qui semble bel et bien être de la déconstruction intentionnelle
(cf le nombre de raccords volontairement pas raccords de la scène où, avec une horloge figée sur le mur, la mère et son fournisseur de cadavres
parlent près d’un cerceuil, et qui résume à elle seule toute l’esthétique bancale de Mortuary), pour que l’on daigne accorder à ce métrage un caractère
satyrique et auto-parodique réellement pertinent.
Il semble qu’avec Mortuary, Tobe Hooper ait voulu verser dans la parodie horrifique, tout en lorgnant aussi du côté de l’auto-parodie. Mais, quand bien même l’auteur de ces lignes daigne lui accorder l’intention de jouer de la grossièreté pour nous offrir une farce subtile, la farce reste des plus grossière, tandis que la ligne narrative globale du film ressemble surtout à une suite de vieilles ficelles et de sketches plus ou moins bien réussis, le tout étant fort mal enchaîné. En somme, trop de second degré tuant la peur comme le troisième degré sans lequel ce genre de film est indéfendable, on peine à rire sans être effrayé. C’est triste, d’autant plus que ce cinéaste fait parti de ceux qui savent porter un regard critique sur l’Amérique.
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