Le Cinéma Fantastique au bout des doigts. Cinéma Fantastique vous propose une critique jeune des films les plus vieux au plus récents traitant du fantastique dans sa globalité. Horreur, gore, fantômes ...
Un écrivain américain, Paul Curtis, accompagné de sa femme et de ses filles, vient prendre possession du manoir qu'il a loué pour l'été dans la campagne anglaise. Dans un pavillon voisin loge la propriétaire des lieux, l'énigmatique Mme Aylwood. A peine arrivé dans ce manoir isolé, Yan, l'aînée des Curtis, se sent troublée par l'atmosphère de la demeure. Elle sent que quelqu'un l'épie. Elise, la cadette, n'est plus tout à fait la même non plus. Dans un état d'hypnose, elle inscrit sur une vitre le nom du petit chien qu'elle vient d'avoir : Narek, qui, inversé, donne Karen, le prénom de la fille de Mme Aylwood, disparue dans des circonstances étranges trente ans auparavant
Un compositeur américain emménage avec sa petite famille dans un vieux manoir anglais, situé en bordure de forêt et loué à une vieille excentrique, Miss Aylwood. Jan, la plus âgée des filles, est rapidement sujette à une série de phénomènes inexpliqués : et que je ne me vois plus dans le miroir, et que je vois à la place une jeune fille aux yeux bandés, et que je tombe dans l’eau après avoir vu un cercle. Intriguée par ces étranges événements, Jan mène l’enquête et exhume un mystère non-élucidé...
Les yeux de la forêt est une oeuvre unique puisqu’il s’agit du seul film estampillé horreur du catalogue Walt Disney. La mise en scène est
signée John Hough, ancien maestro du genre horrifique pour s’être fait remarquer avec Twins of evil pour le compte de la Hammer et le classique du genre "maison hantée" The Legend of hell house, reconverti en yes-man de l’écurie aux grandes oreilles (La montagne ensorcelée et Les Visiteurs d’un autre monde). Visiblement, le baby-sitting pelliculé de Tia et Tony a suffi à entamer les ambitions du réalisateur qui signe ici une oeuvre désincarnée et maladroite qui se contente d’enfiler les indices menant inexorablement à une conclusion pseudo-fantastique. Tiré du roman éponyme de Florence Engel Randall, Les yeux de la forêt reproduit avec minutie la trame du roman original, revoyant sa composition fantastique à la baisse afin de ne pas heurter les plus jeunes.
Quelques tourbillons de feuilles mortes balayées par de timides bourrasques suffisent à susciter l’inquiétude dans cette production trop sage que pour intéresser les adultes et trop "explicite" que pour séduire les petits. Devant l’inanité de l’intrigue qui progresse au fil des indices rencontrés (waw, un triangle ! waw, des anneaux de lumière !
waw, NERAK à l’envers ça fait KAREN !!!), Hough en rajoute des tonnes et assène ponctuellement quelques plans subjectifs émanant de la forêt auxquels il rajoute des stratagèmes sonores, le tout destiné à soutenir une angoisse proprement inexistante. Du coup, les mimiques d’une Bette Davis défraichie et les sursauts de Lynn-Holly Johnson (qui tournera l’année suivante entre Roger Moore et Carole Bouquet dans le James Bond Rien que pour vos yeux) tombent littéralement à plat, à l’image de l’ensemble.
Présenté devant la critique amputé de son final, le film a été conspué et sa sortie repoussée d’un an par les pontes des studios Disney. Au point que l’ensemble retourne sur l’établi et qu’un nouveau dénouement soit tourné après qu’une troisième fin, versant dans la science-fiction à travers une exploration d’une autre dimension, a été jugée insatisfaisante.
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