L'agent spécial Strahm est mort, et le détective Hoffman s'impose alors comme le légataire incontesté de l'héritage de Jigsaw. Cependant, tandis que le FBI se rapproche de plus en plus dangereusement de lui, Hoffman est obligé de commencer un nouveau jeu qui révélera enfin quel est le véritable grand dessein derrière les machinations de Jigsaw...
Attendu comme une énième boucherie par les adeptes du jeu de mots facile, ce sixième volet de la saga Saw fait rapidement honneur à sa réputation, affichant dès le pré-générique une ferveur carnassière absente de l’épisode précédent, étonnamment soft. Un double gras s’éventre pour faire pencher en sa faveur une balance qui va déclencher un mécanisme mortel, tandis que sa concurrente sacrifie sur l’autel de la survie son bras gauche. L’entrée en matière donne le « la » d’une oeuvre qui s’avère en fin de compte incapable de persévérer dans cette gamme.
Nouvel abus d’un montage épileptique façonné au départ par un James Wan soucieux de colmater les brèches d’un budget peu élevé pour Kevin Greutert, familier de la formule pour avoir officié comme monteur sur l’ensemble de la franchise. Côté narration, la trame s’affranchit des dérivations absconses de l’opus de Hackl pour une forme plus traditionnelle mais s’empêtre à nouveau dans une pluie de flash-backs qui recyclent d’anciennes images et lorgnent sur certains détails jusque-là invisibles, histoire d’épaissir un univers de plus en plus embrouillé. Les scénaristes Patrick Melton et Marcus Dunstan, en charge pour la troisième fois, échafaudent une nouvelle vengeance, tournée cette fois à l’encontre d’une entreprise d’assurances-maladies qui capitalisent sur le dos de leurs clients qui cotisent dans le vide. Les employés de la boîte en prennent donc pour leur grade (de la secrétaire au balayeur) au fil de la course à la rédemption de leur boss, auteur d’une équation infaillible qui, appliquée à la lettre, fait irrémédiablement pencher la balance en faveur de l’assureur sitôt que les risques sont trop élevés.
Le processus se calque sur celui mis en place dans Saw 4 et, dans
une moindre mesure, dans le très bon troisième épisode : la victime évolue, à la manière de jeux vidéo, de pièce en pièce et joue au démiurge en sacrifiant certaines connaissances au détriment d’autres. A ceci près que l’inventivité des pièges fait ici cruellement défaut : coups de fusil, étau qui compresse le thorax, autant d’exécutions dignes du plus nullâtre des épisodes des Experts-Miami. Sorte d’Horatio Caine ankylosé, l’inspecteur Hoffman, sergent insipide servant la cause de Jigsaw, décédé depuis le troisième métrage en même temps que l’intérêt de la saga, joue un bien peu convaincant maître des cérémonies et rivalise de bêtise pour mettre en place une machination mal huilée. Devant cette nuée d’ectoplasmes gesticulant au sein d’un mécanisme convenu, le spectateur se lasse et attend impatiemment l’habituel twist final, dernière marque de fabrique de la poule aux oeufs d’or de Lionsgate : une attente d’autant plus difficile que les plus malins auront tôt fait de dénouer l’énigme.
La franchise continue sa quête de l’étalage de tripailles avec la même propension voyeuriste. Du thriller de Wan aux torture porns décérébrés et tape-à-l’oeil, le fossé se creuse depuis quelques années et les choses ne vont pas en s’améliorant…
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