Le Cinéma Fantastique au bout des doigts. Cinéma Fantastique vous propose une critique jeune des films les plus vieux au plus récents traitant du fantastique dans sa globalité. Horreur, gore, fantômes ...
A la demande d'un milliardaire, un homme part capturer un dangereux serpent qui pourrait servir à guérir d'une maladie en phase terminale.
Après deux productions relativement fortunées destinées aux grands écrans, la franchise « Anaconda » connaît, comme beaucoup, un triste destin. Ne pouvant espérer attirer les foules dans les salles mais disposant d’un noyau de fans prêt à jeter un œil sur un nouvel épisode, la saga échoue chez les fossoyeurs de mythe de SyFy qui, à l’instar de leurs séquelles pour Pumpkinhead, décident de tourner en même temps, et pour les chaînes câblées, Anaconda 3 et Anaconda IV.
L’intrigue, de son côté, ne change pas fondamentalement la donne : le milliardaire Peter Murdoch tente de développer un remède à la maladie incurable dont il souffre. Ses laboratoires de Wexel Hall Pharmaceuticals travaillent sur la fameuse « orchidée de sang », une fleur tropicale réputée pour ses vertus curatives. Les scientifiques utilisent également comme cobaye un énorme et vorace anaconda, lequel brise les vitres de son laboratoire et s’échappe pour semer la
terreur dans le voisinage. Un chasseur, Hammett, se voit alors recruté pour retrouver le serpent…
Réalisé en Roumanie avec un budget misérable, Anaconda 3 est confié à Don E. FauntLeRoy, un cinéaste californien ayant essentiellement œuvré dans la série B destiné au marché de la vidéo, souvent en compagnie de Steven Seagal (Today you die, Urban justice). Le bonhomme emballe donc Anaconda 3 et Anaconda IV à la suite l’un de l’autre, avec une science de l’économie et, malheureusement, une absence totale de personnalité. Si les deux premiers volets de la saga ressortaient essentiellement du film d’aventures, ce troisième chapitre, à l’instar de sous-produits comme Boa, Python, King Cobra ou MegaSnake, joue, pour sa part, la carte du film de monstre pur et dur et égrène tous les clichés attendus. Inutile d’espérer, par conséquent, retrouver dans cet Anaconda 3 les magnifiques paysages tropicaux puisque le film prend place dans un pays de l’Est inidentifiable où un serpent mutant, échappé d’un laboratoire, s’en va semer la terreur. Quelques lignes de dialogue se chargent d’assurer un semblant de liaison avec le précédent volet de la franchise mais l’intrigue se réduit rapidement à l’inévitable affrontement entre un aventurier et un animal monstrueux. La seule surprise viendra du quota de gore dispensé à l’écran, carrément surprenant pour une production télévisée. Les victimes s’amoncellent rapidement, croquées par la bestiole féroce dans de belles éclaboussures sanglantes et le cinéaste ne lésine pas sur les décapitations et les corps broyés, sectionnés, coupés, déchiquetés, etc. Les maquillages sanglants, plutôt corrects pour un petit budget, constituent d’ailleurs pratiquement le seul intérêt de ce piteux long-métrage, les effets visuels étant, pour leur part, d’une grande médiocrité. S’ils paraissent un poil plus acceptables que les désastreux effets des productions Asylum (comme Megashark Vs Crocosaurus par exemple), les CGI de cet Anaconda 3 ne sont, cependant, pas crédibles une seconde et annihilent immédiatement tous les frissons susceptibles d’être générés par les attaques du méchant reptile. Bref, là encore, la comparaison avec Anaconda et Anacondas à la poursuite de l’orchidée de sang s’avère largement préjudiciable au téléfilm de
Don E. FauntLeRoy.
Du côté du casting, rien de bien folichon à se mettre sous la dent : le has-been David Hasselhoff vient cachetonner dans le rôle d’un chasseur de fauves au charme viril et John Rhys-Davies confirme son incapacité à développer une carrière cohérente après Le seigneur des anneaux.
Dépourvu de l’exotisme, du budget et du casting plus « prestigieux » du premier épisode de la saga, ou même de l’aspect très bis du second volet, Anaconda 3 ne boxe pas vraiment dans la même catégorie. Le cinéaste assure par conséquent un spectacle pépère et prévisible, terriblement routinier et sans grand intérêt mais au rythme relativement soutenu. Le nombre conséquent d’attaques brutales et le niveau de gore élevé permettent toutefois aux inconditionnels des films d’agressions animales de regarder cette petite production fauchée et stupide sans trop user de l’accéléré. Bref, rien d’emballant mais les plus indulgents pourront s’en contenter à condition de ne pas espérer un film du niveau des deux précédents.
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