Le Cinéma Fantastique au bout des doigts. Cinéma Fantastique vous propose une critique jeune des films les plus vieux au plus récents traitant du fantastique dans sa globalité. Horreur, gore, fantômes ...
Sur la route de Thèbes, Hercule, Iole et Ulysse s’arrêtent à Colone. Hercule propose son arbitrage au conflit opposant les fils d'Œdipe : les deux frères sont convenus de régner alternativement un an chacun. Mais son terme échu, Etéocle refuse de s'effacer devant Polynice. Hercule convainc Etéocle de respecter l'accord conclu. Mais alors qu'il porte sa réponse à Polynice, le héros est drogué et enlevé par les soldats d’Omphale, la reine de Lydie. Il parvient à lui échapper grâce à son fidèle compagnon Ulysse...
Le triomphe des Travaux d’Hercule réalisé l’année précédente demandait une suite et la même équipe rempile donc pour cet Hercule et la reine de Lydie au scénario complexe mais, malheureusement, pas toujours très intéressant ni passionnant.
Hercule débute son aventure en affrontant Antée (le fils de Gaia et Poséidon), lequel fidèle à son habitude défie les voyageurs approchant son royaume et réclame la compagne d’Hercule pour son usage personnel. Le demi-dieu, pas franchement d’accord, finit par triompher de son adversaire en le précipitant dans l’eau, sur les conseils d’Ulysse. En effet, lié à Gaia, Anté perd toute sa puissance s’il n’est pas en contact avec la Terre. Hercule poursuit ensuite sa route avec ses compagnons. Sa mission consiste à arbitrer la querelle entre les deux fils d’Œdipe, Etéocle et Polynice, tout deux prétendants à la couronne
de Thèbes. Cependant, au cours de son aventure, Hercule boit par inadvertance une eau magique qui le rend amnésique. La reine de Lydie, Omphale, voyant immédiatement l’avantage qu’elle peut tirer de la perte de mémoire du demi-dieu le persuade qu’il est son époux. Hercule vit donc dans l’opulence mais Ulysse, se faisant passer pour son serviteur muet, tente de raviver ses souvenirs…
Si Hercule et la reine de Lydie débute de belle manière, il faut avouer qu’une fois entré dans le cœur du récit, l’action devient assez répétitive et peu passionnante. Ce long « ventre mou » est principalement occupé par les diverses tentatives d’Ulysse de rendre la mémoire à Hercule tandis qu’Omphale (jouée par la très belle Sylvia Lopez) essaie de le garder en son pouvoir. Toute cette partie ne décolle jamais et ressemble en fait à une longue parenthèse avant que le récit principal, à savoir la lutte des deux frères ennemis, ne reprennent le dessus. Malheureusement, cette parenthèse s’avère bien longuette et réduit Hercule à un personnage secondaire se pavanant auprès de sa belle. Tout cela semble laborieux et Ulysse, soi-disant muet, se voit charger d’animer le récit par de nombreuses parlottes sans guère d’intérêt même si on retrouve, à l’occasion, quelques petites touches d’humour bienvenues. Les décors et costumes, magnifiés par la photographie de Mario Bava, suffisent à peine à maintenir l’intérêt du spectateur qui se consolera davantage avec les nombreuses demoiselles en mini-jupettes (ou, au choix, avec le torse huilé du musclé Steve Reeves). Si le spectacle reste agréable à l’œil et vaguement distrayant, il faut avouer que tout cela manque de tonus et l’ennui domine le pauvre spectateur regardant sa montre en attendant, en vain, que quelque chose se passe !
Heureusement, les vingt dernières minutes se montrent nettement plus intéressantes et mouvementées. Attaque de tigres (pas très convaincants les bébêtes mais l’intention y était !), combat de char, jeunes filles précipitées du haut des remparts, lancement de mobilier à la tête des méchants (une constante du muscle opéra), grosse bataille réglant le sort des protagonistes,…tous les clichés du péplum mythologique répondent présents mais, hélas, un peu tard pour vraiment sauver le film d’un certain ennui.
Au niveau des interprètes, Steve Reeves reprend pour la seconde et
dernière fois le rôle d’Hercule. Le culturiste ne se débrouille pas trop mal mais le personnage n’est pas franchement travaillé et son inaction forcée durant une partie du récit cadre mal avec l’idée d’un demi-dieu plein d’entrain. Steve Reeves incarne, en gros, un pur héros que l’on qualifiera pourtant de niais, voire d’idiot, et dont les activités favorites consistent à sommeiller, à ripailler ou à bécoter son épouse (quand ce n’est pas la Reine de Lydie en personne). Néanmoins Hercule peut également se fâcher très fort et tout casser lorsque les méchants dépassent réellement la mesure, lançant évidemment l’un ou l’autre pan de décor à la tête des méchants. Des séquences toujours distrayantes même si elles n’échappent pas vraiment au ridicule.
Sylvia Lopez, alors âgée de 28 ans (elle décéda peu après d’une leucémie), resplendit dans le rôle de la méchante reine tandis que Sylvia Koscina se contente du rôle plus secondaire de l’épouse officielle – et délaissée - d’Hercule. La belle demoiselle chante néanmoins une jolie petite ballade à son amoureux de demi-dieu au début de métrage.
En définitive, le film de Pietro Francisci se suit sans déplaisir mais sans aucune passion, la faute à un second tiers bien trop lent pour rester intéressant. Mais, pour les nostalgiques du péplum, il existe de nombreux titres moins réussi que cet Hercule et la reine de Lydie finalement très regardable avec un peu d’indulgence, ne serait ce que pour la présence de Steve Reeves et des deux belles Sylvia.


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